CHRONIQUE PAR ...

39
Pietro
le 22 novembre 2009




SETLIST

Cloud Connected
Embody the Invisible
Pinball Map
Delight and Angers
Disconnected
Square Nothing
Trigger
The Hive
Only for the Weak
Drifter
Clayman
Come Clarity
Leeches
Alias
The Mirror's Truth
The Quiet Place
Take This Life
My Sweet Shadow

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19 novembre 2009 - Milan - Live Club


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Depuis la sortie de A Sense Of Purpose (chronique ici), en 2008, on peut dire qu’In Flames a littéralement passé sa vie sur la route. Les Suédois sont encore en tournée en cette fin 2009 pour promouvoir leur dernier album, réalisant quelques dates en tête d’affiche avant le Taste Of Chaos Tour qu’ils réaliseront en compagnie de Killswitch Engage.

La date de ce soir a lieu à Milan, ou plutôt à quelques kilomètres de la capitale Lombarde. Le Live Club n’est pas facile à trouver (merci le GPS !), mais c’est une salle qui vaut le détour, à la fois boite de nuit et salle de concert. Grande, aérée, hyper moderne, acoustique excellente, scène confortable pour le groupe, éclairages imposants, ainsi que tout le confort dont on peut rêver : bar, écrans géants, jardin extérieur pour les fumeurs, salon avec fauteuils et canapés, restaurant qui surplombe le tout et surtout une fosse immense propice à une vraie ambiance de concert. Le rêve absolu et une nouvelle preuve du nombre impressionnant de salles de concert dont dispose la ville de l’AC Milan et de l’Inter. Sur ces dates la première partie est assurée par les Suisses de Sybreed qui finissent de balancer leur death industriel moderne et aseptisé lorsque votre serviteur investit les lieux. Premier indice : le son est déja très bon. Il sera encore meilleur dès qu’In Flames prend possession de la scène au son d’un "Cloud Connected" qui déclenche déjà la folie du public Milanais.

Comme on pouvait s’y attendre, Jesper Strömblad manque à l’appel. Le guitariste, compositeur, leader et fondateur du groupe lutte encore avec ses démons et a quitté la tournée en février pour entrer en clinique de désintoxication alcoolique. A l’heure actuelle il n’a toujours pas retrouvé sa place et laisse son remplaçant « officiel » Niclas Engelin terminer la tournée. Le guitariste d’Engel est en effet un habitué de ce rôle d’intermittent chez In Flames, ayant déjà remplacé Strömblad sur une partie de la tournée Come Clarity et ayant même fait brièvement partie du groupe après la sortie de Whoracle, avant que Björn Gelotte ne délaisse ses fûts pour la six-cordes. Même si la pilule peut dans un premier temps sembler dure à avaler, la gêne provoquée par l’absence de Strömblad est plus symbolique que réellement musicale. En effet vu le répertoire joué ce soir, l’intégralité des solos sera interprétée par Gelotte. Engelin remplit donc parfaitement son rôle de deuxième guitariste et est même parfaitement à l’aise. Une partie du public ne s’est sans doute même pas rendu compte de la supercherie, surtout qu’Anders Friden n’aura pas un mot pour Strömblad de tout le concert.

Logiquement la set list fait plus que la part belle aux derniers albums du groupe. Seulement deux titres joués seront antérieurs à l’album Clayman, opus de transition dans la carrière des Suédois : "Embody the Invisible" extrait de Colony joué très tôt dans le set et surtout un splendide "The Hive" tiré du chef d’œuvre Whoracle qui mettra votre serviteur en transe… mais fera pourtant baisser l’ambiance d’un cran ! En effet la grosse majorité du public présent est très jeune, ados boutonneux de la génération Facebook-MSN, et connaît surtout les derniers albums du groupe. Par contre lorsqu’ils connaissent ils le font savoir, pogotant joyeusement et chantant presque toutes les paroles. Le public Italien prouve encore sa qualité ce soir (Dark Tranquillity n’a pas enregistré son DVD live ici par hasard). Même en étant plutôt un fan des débuts du groupe et des pierres angulaires du melodeath que sont Jester Race, Whoracle et Colony, il faut reconnaître que la musique actuelle du groupe est totalement taillée pour la scène. Des morceaux directs et efficaces, puissants, rapides et mélodiques à la fois, joués par un groupe d’une précision redoutable et servis par un son parfait : la formule est irrésistible.

L’album Clayman sera particulièrement à l’honneur, avec le tube "Pinball Map" qui fait un véritable carton, un sublime "Square Nothing" rehaussé d’une splendide introduction rallongée (peut être le meilleur moment du show), ce "Only for the Weak" qui transforme toujours les spectateurs en pois sauteurs… et le title track qui représentera un drôle de moment de gêne. Anders Friden demande au public si quelqu’un connaît les paroles de "Clayman", comme il le fait de temps en temps. Un spectateur du premier rang affirme les connaître et monte sur scène, aidé par un Friden qui insiste, sentant venir le mauvais coup: « tu les connais vraiment ou à peu près ?». Ne répondant même pas, le vantard chanceux s’empare du micro et fait le malin. Friden quitte la scène, le morceau démarre et… le bougre ne sort pas un seul mot, complètement perdu et pétrifié malgré l’aide que tente de lui apporter Björn Gelotte. Le groupe joue donc le titre en instrumental sous les huées du public qui en veut à ce guignol qui n’a pas su saisir sa chance. Nombreux auraient aimé être à sa place et auraient assuré… L’idiot de la soirée quittera la salle immédiatement, de peur d’être la risée de tous jusqu’à la fin du concert.

Friden revient sur scène pour finir le morceau et apparaît plus blasé que jamais. S’il avait semblé plutôt enthousiaste et content d’être là en début de concert, son attitude se détériore vers la fin. Nonchalant et semblant parfois tituber, l’homme donne l’impression de ne pas réellement être là, même si son chant est absolument irréprochable (sauf sur le refrain de "Drifter" qu’il massacre). Il sera même franchement de mauvaise humeur lorsqu’il annonce qu’il ne reste plus que deux titres à jouer et que logiquement le public râle : « vous devriez être contents, on pourrait vous dire fuck et partir dès maintenant »… Heureusement Gelotte et l’imposant bassiste (pléonasme ?) Peter Iwers font le show et occupent les quatre coins de la scène. Le jeu de guitare du premier est absolument sublime, propre, mélodique et gavé de feeling. La grande classe. Les morceaux du dernier album, moins nombreux qu’en début de tournée, passent remarquablement le test de la scène et font déjà figure de classiques du groupe, "Alias" et "The Mirror's Truth" en tête. Reroute To Remain n’est pas en reste, notamment "Trigger" dont le refrain chanté par le public file littéralement des frissons. Come Clarity et Soundtrack To Your Escape ne sont pas loin, le premier grâce à un title track qui sera le seul moment de calme, un "Leeches" et un "Take This Life" violents et tubesques ; le second avec seulement deux représentants mais qui ont l’honneur de clore le concert.


Pas besoin de rappel, tout le monde est déjà à genoux et le groupe peut repartir la tête haute (pour un bon moment apparemment, la préparation d’un nouvel album étant au programme dans un futur proche). Même amputé de son leader, le In Flames actuel est une véritable bête de scène, une machine de guerre implacable sur les planches. Anders Friden pourrait prendre des leçons de charisme et d’implication de la part de Mikael Stanne, mais cela n’empêche pas son groupe de délivrer des concerts pas loin de la perfection. Chapeau !

PS: Le groupe a organisé un meet and greet (ou plutôt un meet and greed...) au pied de son bus après le concert. Qu’il soit réservé aux seuls membres du fan club passe encore, mais que ceux-ci aient à débourser 25 euros supplémentaires pour avoir le « privilège » de rencontrer le groupe quelques minutes est assez choquant et pas très rock n’ roll dans l’esprit…


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