CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
le 20 novembre 2009




SETLIST

Bawdy Festival
Intro
Bawdy Mother Fucker
Freakside
D.O.A.K.
Crossroad
Shake Ta Boulimie
Back in Da Wood
Get Clowned
Clown Soldier
Boogalion'Mafia
Where Is My Ball

AFFILIÉ

14 novembre 2009 - Paris - Scène Bastille


Bawdy_Festival_-_Memories_Of_A_Dead_Man_Paris_-_Scene_Bastille_20091114

Le premier album des Memories Of A Dead Man Beyond The Legend (chronique ici) ayant été très apprécié par l'équipe, nous n'allions pas laisser passer l'occasion de les voir en live dans une salle de dimensions respectables comme la Scène Bastille. Le billet d'entrée étant de plus très bon marché (10€ en pré-vente), on pouvait espérer un public fourni...

Impossible de réellement évaluer le set de Alive Inc. étant donné que ces derniers jouent leurs deux dernières chansons au moment où votre serviteur débarque. Ce qui attire plus le regard c'est la présence des fans de la tête d'affiche Bawdy Festival : alors que la salle est quasiment vide en ce début de soirée, les membres de la Clown Army se font déjà remarquer grâce à leur maquillage facial à la Insane Clown Posse. Et les fans en question ne sont pas sectaires : même s'ils n'atteindront pas le degré de folie du concert suivant, ils se postent face à la scène dès l'arrivée des Memories Of A Dead Man qui bénéficieront donc d'un public bien plus fourni que Alive Inc. Et ces derniers savent poser l'ambiance : dès le premier titre l'incroyable présence du frontman Pierre (faire 2m de haut sur 2m de large, ça aide) et les lights superbes créent un effet d'immersion immédiat. Le public est littéralement aspiré dans le monde des musiciens, monde fait de souffrance comme de lumière.

On constate un peu étonné que le groupe ne joue qu'avec un guitariste ce soir (où est Will ?), mais cette réduction de line-up ne les handicape pas outre mesure. Le postcore des Memories étant basé avant tout sur les atmosphères et les contrastes (Hacride n'est parfois pas loin), l'effet immersif est énorme. Les hurlements aigus de Pierre, mixés au même niveau que les autres instruments, servent de toile de fond à une musique torturée faite de blocs de violence alternée avec des blocs de calme, le tout étant extrêmement bien agencé. Dommage par contre que les interventions de chant clair de Julien soient mixées trop en arrière pour le coup... mais là encore, l'intensité de la musique est telle que ce problème n'en est pas vraiment un. Difficile de retirer un seul moment de ce concert tant l'impression de mur et de voyage est forte : on se laisse emporter, puis les lumières finissent par se rallumer et on constate qu'on n'a pas touché terre. Impressionnant.

La foule est compacte, les visages sont maquillés, l'attente est fébrile... on constate à ce moment précis à quel point Bawdy Festival a réussi à se construire une sacrée fan-base en peu de temps. Puis l'intro arrive et dès le premier titre "Bawdy Mother Fucker" l'impression donnée par leur EP Back In Da Wood (chronique ici) se confirme : ce n'était peut-être pas révolutionnaire sur disque à l'époque, mais sur scène c'est de la bombe nucléaire. Malgré une basse un peu trop en avant par rapport à la guitare le son est globalement très bon, et le néo-clown-core du groupe fait immédiatement mouche : c'est de l'efficacité en barre, une musique entièrement basée sur un groove instantané et dévastateur. L'écrasante influence d'ICP se retrouve surtout dans les interventions de N-DMC aux claviers, qui habille les riffs de Bungy Bingo Fucka des fameux sons de fête foraine bien connus des amateurs. Une surprise par contre : le chant n'a plus rien à voir avec la démo ! Teddy DKC a totalement délaissé ses hurlements core aigus et se place dans un registre core/thrash grave et râpeux plus proche de Lofofora que de Black Bomb A. Pourquoi pas après tout ?

L'autre grosse nouveauté c'est la présence de textes en français, qui s'avèrent d'ailleurs beaucoup plus fédérateurs pour les fans présents que les anciennes paroles en anglais. "Shake Ta Boulimie" obtient ainsi un beau succès... et ce changement de langue permet également au groupe de jouer à fond sur leur côté théâtral. Tous les musiciens passent par la case du petit speech de mise en scène à la Monsieur Loyal, ce qui se révèle souvent amusant... à l'exception de l'intervention sur bande "Clown Army" qui donne dans la démagogie pure et dure. « Vous êtes un outcast rejeté par la société donc soyez notre fan » ? Mouais... Mais réduire l'entité Bawdy Festival à cette faute de goût serait abusif : le fait est que les "Clown Soldiers" du public sont à fond dedans et qu'ils ont raison, car le groupe envoie du lourd. N-DMC quitte ses claviers sur plusieurs titres, lançant un sample avant de s'emparer d'un deuxième micro et de venir épauler Teddy dans son rôle de frontman, et ça beute. Le groupe s'offre même un basculement totalement réussi dans le hip-hop avec "Boogalion'Mafia", compo hyper groovy qui donne au show une couleur supplémentaire. Le final sur "Where Is My Ball" ayant explosé la tronche de tout le monde, on rentre chez soi content.


Une excellente soirée donc, qui aura rassemblé deux groupes totalement opposés musicalement pour deux moments aussi intenses que différents. Memories of a Dead Man ayant déjà passé l'étape de l'album officiel, on souhaitera surtout à Bawdy Festival de continuer à grandir et de réussir un jour à capturer sur disque la folie de leurs prestations live. Yeah !



Crédits photo : Cosmic Camel Pics

Galerie photo Memories of a Dead Man
Galerie photo Bawdy Festival


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