CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
le 25 octobre 2009




SETLIST

Phenomenon
My Enemy
To Walk Among Them
A World of Lies
Perturbed
Act of God
On the Threshold of Death

AFFILIÉ

Hacride
Maurepas - Café de la Plage
(25 janvier 2007)
Paris - Le Divan Du Monde
(03 novembre 2013)
Paris - Nouveau Casino
(25 avril 2009)
Hellfest (Clisson)
(21 juin 2009)

23 octobre 2009 - Paris - Gibus


Hacride_Paris_-_Gibus_20091023

Hacride en concert, vous l'aurez deviné, est, chez les Éternels, quelque chose que l'on ne rate pour rien aux monde. Et quelle que soit la salle où le groupe se produit, on est sûr de passer un pur moment de quiphe. Ce vendredi soir, ce n'est pas moins de quatre groupes qui se succèdent au Gibus, les Poitevins en tête d'affiche, précédés par les parisiens de T.A.N.K, les très gores Como Muertos et Jarell (live report ici). Pour un prix avoisinant les 10€ et une salle comportant un bar, la soirée est plus que prometteuse.

Sauf que voilà, on a beau être un vendredi soir, les portes ont beau ouvrir vers 19h, le Gibus est loin de faire salle comble, ce qui est à n'y rien comprendre, vu la conjecture (pour une fois que celle-ci est plus que favorable). Qu'importe, Hacride a déjà prouvé que le nombre de personnes présentes durant ses concerts importe peu, le groupe se donnant à fond quelles que soient les circonstances. Une fois passée l'intro sur bandes de "Phenomenon", ouverture habituelle des sets depuis la sortie de Lazarus (chronique ici), le groupe balance la sauce avec "My Enemy" et la pêche qu'on lui connaît. Franck Hueso aux manettes oblige, le son est de qualité, avec ou sans bouchons, même si le chant est un peu en retrait au début de ce titre. Pour le reste, guitare comme basse sont audibles, tandis que les samples sont bien intégrés au mix global. Quant à la batterie, elle n'est carrément pas amplifiée, ce qui permet au son de jouir de l'atmosphère acoustique et naturelle de l'album et de la salle. Un détail saute d'ailleurs aux yeux : Olivier Laffond est aux abonnés absents et se retrouve remplacé par un individu arborant un t-shirt OM MANI.

Et que ce soit dans Hacride ou OM MANI, Mike (car c'est bien lui) s'en sort avec une superbe déconcertante, tandis que Benoist Daneville et Adrien Grousset s'en donnent à cœur joie, headbanguant au rythme des polyrythmies de fûts. Cependant, tout soudés et au même plan les membres du groupes soient-ils, il en est un qui se retrouve inévitablement au premier plan. Il s'agit évidemment de Samuel Bourreau, chanteur de son état. L'homme est impressionnant, vocalement parlant tout d'abord, n'hésitant pas à varier ses lignes de chant hurlé, mais aussi par sa présence scénique, jouant de son regard méchant tout au long du set, agrémentant parfois le public de sourires ou de clins d'œil complices. Un public peu nombreux, comme dit précédemment, et visiblement pas toujours réactif, si l'on excepte le groupe de joyeux excités qui bousculent plus qu'ils ne pogotent, ce qui peut en partie couper l'envie de trop s'approcher de la scène. Car pour ce qui est de l'ambiance, le groupe n'est pas à blâmer, tant celui-ci se donne à fond, tout au long de l'heure et quart que durera le set.

Une durée de passage, évidemment plus satisfaisante que celle dont il avait disposé durant le Hellfest, lui permettant de jouer une petite partie des titres de Lazarus, à commencer par l'« épique » "To Walk Among Them", le violent "Act of God" - ainsi qu'une petite incursion par Amoeba avec son opener "Perturbed" - ou encore "A World of Lies" et son final aux paroles addictives (« Don't let me get insane »). En parlant de final, les Poitevins concluent le concert avec le monumental "On the Threshold of Death" et son riff démonte-vertèbres. Ce morceau est définitivement le meilleur titre possible pour conclure une soirée, tant il est éprouvant physiquement pour le public qui se lâche (avec une violence décidément mal contenue pour les sanguins pré-cités), mais aussi pour les musiciens eux-mêmes, qui se déchaîne dans cette déferlante jouissive et cathartique. Et c'est un public et un groupe visiblement exténués mais ravis qui s'échangent regards et poignées de main tandis que la salle se vide peu à peu et que les vertèbres se rappellent à la mémoire de beaucoup.


Un groupe de tueurs en tête d'affiche, un prix plus qu'abordable, une salle somme toute intimiste, un son sans accrocs... décidément le public parisien est une énigme, tant il boude des concerts de haut niveau. Tant pis pour eux, oui, tant pis pour vous, vous avez raté un moment de musique intense et jouissif. Comme l'a autrefois dit mon vénéré rédacteur en chef Cosmic Camel Clash, « Nous y étions. Et pas vous. Ah ah ah !»




Crédit photo : Korrigan







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