CHRONIQUE PAR ...

16
Kroboy
le 17 octobre 2009




SETLIST

Silver Bride
Sampo
Towards and Against
The Castaway
The Smoke
Majestic Beast
Alone
Silent Waters
Against Widows / Cares / On Rich and Poor
From the Heaven of My Heart
The Sky Is Mine
Black Winter Day

Rappels :

Sign from the North Side
House of Sleep
My Kantele

AFFILIÉ

Amorphis
Wacken
(03 août 2007)
Toulouse - Zénith
(26 novembre 2015)
Lyon - Ninkasi Kao
(17 novembre 2011)

14 octobre 2009 - Paris - La Locomotive


Amorphis_Paris_-_La_Locomotive_20091014

Il faudrait fouiller dans les archives, mais il faut sans doute remonter à loin pour retrouver un passage d'Amorphis en tête d'affiche en France. Récemment, hormis un court passage en première partie de la tournée Hypocrisy / Soilwork en 2006 (vous imaginez le temps de jeu alloué aux Finlandais…), on ne peut pas dire que le groupe se soit montré très actif dans nos contrées. Mais dans la foulée d'un Skyforger (chronique ici unanimement acclamé, Amorphis s'est enfin décidé à venir transformer l'essai avec deux dates à Rennes et Paris.

Ah, Paris, la Ville Lumière, la ville des amoureux… la ville des p****n d'embouteillages ouais ! Le métro c'est bien, mais quand on vient de la cambrousse, c'est un véritable chemin de croix pour arriver jusqu'à l'entrée de la Locomotive. Pas de bol, car pour une fois, la salle parisienne a dérogé à sa fâcheuse habitude de faire commencer les concerts bien après l'ouverture des portes (cf. le dernier passage en date de Chimaira), poussant même le zèle jusqu'à faire démarrer le set d'Amoral avec 20 minutes d'avance sur l'horaire prévu. Dommage, car votre serviteur aurait bien aimé voir la prestation de cet ex-groupe de death reconverti dans le heavy et désormais mené par Ari Koivunen, le Steeve Estatof finlandais (mon estimé collègue Dupinguez vous en parlera bien mieux ici). Point de Before The Dawn non plus, dont le death mélodique semble avoir fait mouche d'après quelques avis recueillis ci et là. Mais bon, l'essentiel était d'arriver à temps pour Amorphis, et ce fut heureusement le cas puisque le concert était sur le point de commencer au moment où votre serviteur débarque enfin dans une petite Loco blindée pour l'occasion.

Là, c'est la sempiternelle vision du verre à moitié plein ou à moitié vide. Le côté vide, c'est de voir qu'un groupe de la qualité d'Amorphis ne rameute pas plus de 300 personnes et se retrouve à jouer au sous-sol sur une scène minuscule, avec à peine assez de place pour accueillir les six musiciens. Dans de telles conditions, il ne fallait pas espérer voir les Finlandais faire le show et bouger aux quatre coins de la scène, même si cela n'avait rien de très préjudiciable au final puisque ce n'est pas franchement leur style. Le côté plein, c'est de se dire que quitte à jouer devant une affluence aussi réduite, autant jouer devant une salle pleine dans une ambiance intimiste que dans un Elysée Montmartre à moitié vide avec le rideau pour cacher la misère. Surtout que le son était très correct, tout juste un peu brouillon lors des passages à la double pédale qui sont de toute façon assez rares dans un concert d'Amorphis, et surtout pas trop fort : c'est agréable de voir un concert au son parfaitement supportable même sans les bouchons auditifs devenus quasi-indispensables. Tant mieux, puisque ceux de votre serviteur étaient restés bien sagement rangés à la maison !

Fort logiquement, le début du show est principalement axé sur le dernier album en date, l'excellent Skyforger, dont une bonne moitié sera interprétée au final. Rapidement, Tomi Joutsen confirme qu'il est aussi à l'aise sur scène qu'en studio, et que l'alternance du chant clair et du growl ne lui pose aucun problème. Tous les regards convergent vers lui, avec son étrange moustache rétro, son inhabituel micro qui lui cache une partie du visage, sa drôle de façon de se dandiner sur les passages mélodiques et ses monstrueuses dreadlocks qu'il agite sur les passages énervés. Il faut dire que ses collègues ne font pas grand-chose pour lui voler la vedette, entre un Esa Holopainen concentré mais un peu absent, un Tomi Koivusaari nonchalant, un Santeri Kallio parqué en fond de scène et un Niclas Etelävuori cherchant un peu sa place. Côté public, la réaction est enthousiaste : peu de manifestations pendant les morceaux (vous me direz, la musique d'Amorphis est peu propice aux circle pits et les refrains sont un peu plus subtils que chez Grave Digger), mais les applaudissements se font chaleureux sitôt les morceaux finis, ce qui semble ravir le groupe.

Le plus étonnant chez Amorphis, c'est que contrairement à 99% des groupes, la majorité du public semble préférer les nouveaux morceaux aux anciens. Après un "The Castaway" passé un peu inaperçu, c'est ensuite l'énorme medley tiré d'Elegy qui ne suscite pas un enthousiasme débridé. Parce qu'incontestablement, cette idée géniale d'enchaîner le début de "Against Widows", le brek de "Cares" et la fin de "On Rich and Poor" aurait mérité un tout autre traitement ! Alors qu'en revanche, les « oh oh oh » sont de sortie pour accompagner la mélodie de "From the Heaven of My Heart", pourtant aussi mièvre en live que sur album. Dans la foulée, "The Sky Is Mine" se montre bien plus convaincante, avec un gros boulot de Tomi Joutsen qui se charge lui-même de la mélodie principale et des chœurs féminins sur le pré-refrain. C'est déjà la dernière ligne droite, et la fin du show est consacrée aux gros classiques : "Black Winter Day" d'abord, sans doute le titre le plus représentatif des débuts d'Amorphis ; puis après une très courte pause faisant office de rappel, "House of Sleep" avant laquelle Joutsen sollicite tous les chanteurs de la salle, puis une version impériale de "My Kantele".


C'est sur une improbable version folk / musette de "House of Sleep" par Eläkeläiset que le public est invité à quitter la salle, fort d'une certitude : sans être extrêmement spectaculaires, les prestations live d'Amorphis, pleines de sérénité et de classe, sont largement à la hauteur de leurs exploits en studio. Tout juste pourra-t-on regretter la durée du show : 1h25, c'est honorable, mais avec 9 albums studio au compteur, on aurait bien repris un petit quart d'heure de rab, histoire d'entendre "Better Unborn" ou une autre surprise du calibre de "Sign from the North Side", un extrait du tout premier album exhumé en rappel. Alors à tous ceux qui ne se sont toujours pas penchés sur le cas d'Amorphis : non mais sans déconner, vous attendez quoi ?


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5