CHRONIQUE PAR ...

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Ronnie
le 30 septembre 2009




SETLIST

N/A

AFFILIÉ

06 août 2009 - Bad Berka


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Les Eternels sont à l'heure des festivals cette année, votre chroniqueur effectuant son troisième pour sa part. Et quel festival ! D'abord, car il est à taille humaine avec un peu plus de 10 000 personnes par jour. Ce dernier est doté d'une seule scène et le tout est axé sur le Black et accessoirement le Death. Il y avait donc rarement plus de monde qu'au niveau de la régie de son, ce qui permet d'être toujours relativement près. Mais aussi au niveau du cadre. Le camping est collé au site, lui-même en pente descendante vers la scène, peu importe où vous vous trouvez ... vous voyez toujours bien, avec cette impression de surplomber, aucune tête au milieu pour vous déranger pendant les concerts. De plus il y avait une navette pour se rendre au centre-ville, qui assurait les aller-retour plusieurs fois par jour. Une sorte de bus à tendance hippie avec du Metal en fond sonore, l'art d'allier le pratique et le convivial !

Le camping se remplit assez vite, mais aucun bouchon n'est à signaler. De plus il y a quand même pas mal de français comparativement à la taille d'un Wacken par exemple, principalement des Lorrains et des Alsaciens (Ce sont eux les moins loin de Bad Berka).


JOUR 1 :


Le premier jour est le plus soft, car il ne commence qu'à 20h et il n'y a que cinq concerts. Mais surtout Marduk fête les 10 ans du mythique Panzer Division Marduk. 23 heure les choses sérieuses commencent, avec Deströyer 666, du black teinté de thrash, sobrement appelé war metal. Et ce fut bel et bien la guerre, un set impeccable: une masse humaine importante, un son assez bon (ce qui fut le cas pour tous les groupes de toute façon même si le volume était très inégal entre eux) à cela s'ajoute de la pyro bref autant dire que c'était bien plus transcendant qu'au Hellfest. A minuit 15 entrent en scène les tant attendu Marduk, le site est blindé, Panzer Division Marduk sera joué dans son intégralité. Avec le titre éponyme en ouverture qui fait mal...très mal. Tous les tempos des Suédois seront revus à la hausse. Cette partie terminée, changement de backdrop et retour vers quelques morceaux pour combler les une heure de set. Au final la torture aura duré 1h30. Pourquoi une torture ? Tout simplement, car ce concert fut annoncé comme un concert anniversaire, avec des guests un show special etc ... et à part quelques pyros nous n'avons rien eu d'autre ... pourtant les rumeurs, surtout de Legion comme guest, étaient plus que fondées. Après cette désillusion le reste sembla bien mou, un peu plus de la moitié du public a déserté les lieux (sur la fin, ça ressemblait plus à un concert de milieu de journée tellement l'enceinte était clairsemée). Bon ça se confirme Marduk et le live ça fait deux, même si Mortuus est un personnage vraiment énigmatique, sombre et malsain, un charisme à faire pâlir un Kvarforth.

Dès le premier jour, nous pouvons affirmer que le Party San est de loin le festival avec la meilleure ambiance de camping, déjà de part sa taille qui permet de le traverser en même pas 10 minutes et surtout, les blackeux sont loin de la réputation que l'on peut en penser.

La tente restera ouverte pour les after shows jusqu'à quatre heure du matin passant des classiques de Metallica, Slayer et autre Amon Amarth (oui pour les Allemands, ils ont ce statut de groupe culte).


JOUR 2 :


Le lendemain levé et constatation: le temps est encore parfait, du soleil, un tout petit peu de vent pour rafraîchir le tout et quelques nuages par-ci par là pour profiter de quelques secondes d'ombre. Et surtout la joie d'avoir une douche où on peut régler la température et la pression alors que nous sommes en festival. Bonne idée donc en ce qui concerne les sanitaires, un pass eau à six euros pour ... des vraies douches et des vraies toilettes (pas les «ToiToi») dans des sortes de bungalows. Bref super initiative pour un festival qui de part sa taille peut se permettre ce genre de service. En ce qui concerne les toilettes normales...autant dire qu'il y avait quatre points sur le camping... ça fait peu.

Un petit déj et quelques rencontres fortuites, il est déjà 15h, l'heure de Inhume, du bon grind avec deux chanteurs pour commencer la journée, ça fait du bien, surtout quand c'est aussi bien exécuté. Un groupe et un public visiblement satisfaits réciproquement, un vrai moment où tout le monde s'est fait plaisir. Enchaînent les islandais de Solstafir et là ... la claque, du moins bien au-delà des attentes, même si certains ont dû trouver ça mou, une sorte de doom progressif très atmosphérique avec surtout un Lemmy like à la guitare et ça ... ça réchauffe le cœur.

Le temps de revenir pour la dernière minute de Den Saakaldte, un autre groupe avec Niklas de Shining et même si musicalement ce n'est pas transcendant, le monsieur quant à lui paraît très calme, se réserve t-il pour le lendemain? Au moment de ressortir du site, des notes familières résonnent, c'est du Swallow The Sun, "Descending Winter" pour être précis, mais n'est-ce pas Evocation qui devait jouer ? Visiblement un changement de dernière minute, Mikko, le chanteur, le confirmera durant le set. Du coup pas grand monde puisque le public doom n'était pas au courant de ce changement, mais petit à petit ça s'est re-rempli. Premier concert avec Kai Hahto (Wintersun ...) à la batterie et ça change, il est très bon et le concert c'est vrai en pleine journée à moins d'impact mais c'était tout de même très réussi. Beaucoup de monde est arrivé en ce deuxième jour, le nombre de festivalier étant supérieur à ce qui fut prévu, le camping a bénéficié d'un agrandissement afin de palier au surplus, autant dire que sur de l'herbe haute et des commodités à perpette il ne faisait pas bon arriver en retard.

Dans un tout autre registre Hate Eternal avec l'imposant Erik Rutan, sont passés tel un rouleau compresseur, avec une décharge de blast impressionnante et un son pas mauvais pour la réputation du groupe. Une très bonne surprise, mais loin de ce qui fût, pour moi, le concert du festival, celui de leur compatriotes de Misery Index. Un son extra, un public à bloc, de la pyro et surtout un niveau technique très élevé. Si vous n'êtes pas fan sur album, mais que vous aimez quand même le death, c'est une expérience à tenter en live. Cette journée ce referme avec les super star du black, j'ai nommé Satyricon et c'est vrai que niveau organisation et son, c'est encore un cran au-dessus du reste, mais avec un Satyr pas très en voix et sur les nerfs, le show perd en impact. Ayant balancé avec rage le pied de clavier resté vacant pendant que les techniciens s'affolaient pour comprendre pourquoi il ne fonctionnait pas, il a ensuite lancé un sympathique « Gildas quand je parle, tu ne joues pas ». Les hits y passent avec professionnalisme, un Mother North de rigueur pour clôturer le tout et le minimum syndical est fait. Ce n'est pas comme si c'était la première fois que ressortait ce sentiment à l'égard des Norvégiens.

Une seconde journée chargée, mais satisfaisante, un camping sur-blindé, mais encore largement vivable, il est temps d'aller récupérer, car le dimanche il y a encore du monde à voir.


JOUR 3:


Lever matinal avec encore un taux d'alcoolémie relativement fort, comme souvent en festival. Le temps est le même que durant les 2 jours précédents, c'est parfait. En ce qui concerne la nourriture sur le site, il n'y avait rien que l'on pouvait qualifier de normal, impossible de trouver un sandwich, vous aviez le choix entre des crêpes, de la bouffe thaïlandaise, et autres pitances végétariennes. Heureusement qu'il y avait quand même les fameuses wurst chères aux Allemands.

Direction le site où résonne un «I, I Saw Hell», un refrain destiné à devenir mythique de la part de Hellsaw, groupe d'ouverture semble t-il très apprécié des teutons au vu du site très bien rempli pour le premier groupe de la journée. Changement radical avec le death core progressif et technique des Américains de Beneath The Massacre. Death core signifie ici, du vrai death avec beaucoup de saccades et autres mosh-part pas metal pour emos. Bref c'est sacrément efficace et techniquement ils sont monstrueux (punaise quelle basse), un petit circle-pit pour finir et se dire que c'était un moment intense et tant pis pour les absents !

Ayant croisé le frontman de Shining dans le camping, déjà bien entamé par l'alcool (entre autre je suppose), nous pouvions nous attendre à du lourd. Il n'en fut rien, même pas de t-shirt enlevé, seulement une insulte envers un metalhead qui s'est fait traiter de black metal mongoloid (la bête adore dire ça) et une pèle à son bassiste. Dans tout ça musicalement ça donnait quoi? Ben la déception avec Marduk. Nous n'allons pas dire que nous nous sommes em***dés pour autant, on dira juste que ça n'a jamais décollé et les gros problèmes de jack de guitare n'ont fait qu'aggraver ce sentiment d'incomplet. La nuit tombe et une fine pluie s'invite à la fête, mais on s'en fout Brujeria arrive et ... c'est incontestablement le groupe qui aura le plus attiré durant ces trois jours. Le All Stars Band n'a pas déçu et ce fut sacrément convivial comme concert. Surtout retenez leur message «Marijuana si si si, con tabacco, no no no».

Rien à voir, mais un des groupes le plus décrié du black monte sur scène en avant dernier (dernier pour ma part). Oui pour certain Dark Funeral c'est du cirque, mais là ... ils ne sont pas venus pour rigoler, un gros show, un son très propre (ils ont compris : moins puissant = plus clair), un groupe bien motivé et surtout une bonne set-list. Au final un set qui soulage le public de Dark Fufu, car c'est quitte ou double avec eux. Le porc sera égorgé et on l'entendit du camping ... Ah ok, c'est Six Feet Under ... seul concert sur ce territoire de l'année et ça semble suffire.


Un Party San 2009 qui a tenu ses attentes sur tous les points, seul point noir, le manque de toilettes sur le camping et les nombreux dépassements horaire mais bon ... quand un festival est aussi parfait et à taille autant humaine ... on a le droit de se plaindre sur ce que l'on trouve. Vivement l'édition 2010, 15 ans ça se fête avec dignité.


Quelques photos ici ...


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