CHRONIQUE PAR ...

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Sebrouxx
le 26 septembre 2009




SETLIST

Daddy, Brother, Lover, Little Boy
Take Cover
Green-Tinted Sixties Mind
Alive And Kickin’
Next Time Around
Hold Your Head Up
Just Take My Heart
Temperamental
It’s for You
Pat Torpey Drum Solo
Price You Gotta Pay
Stay Together
Wild World
Take a Walk
Paul Solo
Paul & Billy Solo / Double Human Capo
The Whole World Is Gonna Know
Rock and Roll Over
Billy Solo
Addicted to That Rush
Highway to Hell (Paul Gilbert au chant)

Rappel 1 :
To Be With You
Colorado Bulldog

Rappel 2 :
Shy Boy
Baba O’Riley

AFFILIÉ

Mr Big
Hellfest (Clisson)
(19 juin 2011)

16 septembre 2009 - Paris - Bataclan


Mr_Big_Paris_-_Bataclan_20090916

Je ne saurai résister à citer texto le dossier de presse accompagnant cette nouvelle venue de Mr. Big dans nos contrées, après quinze ans d’absence, pour une seule et unique date française, à Paris bien sûr. « En France personne n’a oublié leur show avec White Lion au Palais des Sports de Paris le 28 mai 1991, leur prestation sans faille en première partie d’Aerosmith à Bercy le 8 novembre 1993, ou encore et surtout leur nuit « sold Out » à la Cigale, le 25 avril 1994, la dernière fois qu’ils ont foulé les planches d’une scène français. C’était il y a tout juste 15 ans.» Si avec tout cela, le groupe ne sent pas attendu au tournant…

D’un autre côté, la pression est moindre. Monsieur Gros n’a en effet rien à vendre de nouveau si ce n’est de deux titres, "Next Time Around" et "Hold Your Head Up", déjà offerts à leurs fans japonais et disponiblse dans le prochain album live (encore ?!) du groupe. A titre indicatif, ce dernier sortira dans nos bacs dès le 16 octobre et les quelques fans qui pensaient le dégoter en avance au stand marchandising en ce mercredi vont déchanter. Pour ne pas dire partir « la big entre les jambes ». Une fois passée la déception commerciale, et pour se remettre en jambes, le processus fut le suivant : un tour au bar du Bataclan, puis un mouvement vers le duo qui anime la première partie de cette soirée qui va s’avérer excellente. La doublette en question (qui est en principe un trio) se nomme Alive INC et se compose d’un guitariste rythmique acoustique et d’un chanteur lead guitariste électrique. Les trois morceaux écoutés (merci à la RATP pour le retard) sont sans conteste de solides compositions, péchues offrant leurs longs soli typés shred histoire de faire patienter les fans de Paul Gilbert. Ce dernier a dû apprécier.

Et ce dernier - tout sauf prima donna de la fast guitar - ne se fait pas désirer bien longtemps dès l’entrée sur scène du groupe. Casque audio vissé sur les oreilles, il débarque fissa sur scène assénant le riff de "Daddy, Brother, Lover, Little Boy" et ses diaboliques harmoniques. Et ce avec le même sourire enjoué que lors de sa dernière visite parisienne, en novembre dernier, au Trabendo. Sourire qui ne le quittera pas tout au long des deux heures de la soirée. Au-delà des habituels râleurs qui estiment que Gilbert n’est revenu dans Big que pour le fric, le regarder jouer avec ces anciens copains de gloire tend à prouver, primo, que le plaisir s'avère bel et bien non simulé et, secundo, qu’il est partagé par l’ensemble du groupe. Billy Sheenan, bassiste et autre « grosse » attraction du groupe, arbore la même smile Colgate et la même envie de déconner. Pat Torpey idem. Et pas mieux pour Eric Martin, le membre du groupe qui affiche le plus le poids des années (ou de la fatigue du jour, qui sait ?) sans pour autant connaître de retard à l’allumage. Sa voix est intacte, aussi figée dans les nineties que le look qu’il arbore (entre Brian Johnson et Toni Mitchelli.)

Pourquoi autant de détails et si peu de musique? Deux raisons. La première, répétons-le une dernière fois, est la joie éminemment communicative offerte par le groupe qui s’offre sans compter. À ce niveau-là, la performance flirte même avec le collector (un bon point pour le prochain dossier de presse lors de la future venue du groupe). Et la seconde, c’est que la setlist d’un concert de Mr. Big, elle est connue depuis des lustres au regard du nombre conséquent d’albums live que comprend la discographie du groupe. Mais surtout au regard de son ratio albums studio/albums live (6 contre bientôt 8 avec la sortie prochaine du Back To Budokan suscité). D’autant plus que - retour de Paul Gilbert au bercail oblige - le groupe fait totalement l’impasse sur la période Richie Kotzen. C’est bien dommage tant celui-ci n’avait pas démérité en son temps. De plus un peu de variétés ne nuit, en principe, jamais (il aurait été sympa pour le clin d’œil d’entendre Gilbert reprendre "Electrified" ou "Superfantastic"). Mais puisque tout ce petit monde est content de refaire la tournée (mondiale) des grands ducs, inutile de trop se prendre la tête avec une setlist composée essentiellement de titres de Lean Into It et de Bump Ahead. Tous les hits vont y passer de l’ultra-efficace "The Whole World Is Gonna Know" au Tous-en-chœur "To Be With You", en passant par "Wild World" et "Take Cover".

Si ces classiques suscitent l'enthousiasme dès leurs premières mesures, il n'en va de même pour les interludes instrumentaux offerts par tous les membres de la formation. Nulle animosité du public n'est à déplorer pendant le show. Seulement ici et là, il vous sera sûrement possible de lire longs instrumentaux, voire même très et trop longs (pour ne pas employer d’autres adjectifs plus vulgaires) instrumentaux. Déjà autant ne pas se voiler la face, Gilbert et Sheehan sont les leaders de Mr Big, profitent de cette position et en jouent même agréablement lors de leur bataille d’instruments double-manche, à laquelle viennent participer Torpey, puis Martin. L’instrumental est ici dynamique et le visuel permet au néophyte d’y prendre un certain plaisir. Ce n’a pas toujours dû être le cas lors de leur prise de pouvoir solo, particulièrement longue pour le bassiste, redoutable technicien (le Pastorius du Metal me disait ma voisine de droite). Gilbert (bavard également), lui, semble plus vite rassasié et cherche à introduire un peu d’humour dans ses déluges de notes, à l’image d’un Ron Thal. Il se met même au micro (et assure bien) le temps d’un "Highway to Hell" improvisé (alors que les connaisseurs attendaient plutôt "Smoke on the Water" ou le "Baba O’Riley" des Who). Ils auront droit à ce dernier lors du second rappel. Sachant que le troisième ne se fit pas pour des questions horaires.


Un Bataclan rempli maximum aux 2/3 de sa capacité. Un son nickel. De l'engagement. Des moments de bravoure collective et des exploits individuels (certes, parfois longuets, okay). Pas mal pour une reprise un mercredi soir. Mr Big ou comment se pas rester chez soi devant sa télé tout en se tapant une bonne soirée (et une autre conception) de la Ligue des Champions. Chapeau, messieurs et attendant d'en savoir plus de façon officielle sur le prochain album studio.


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