CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
le 27 octobre 2007




SETLIST

N/A

AFFILIÉ

29 août 2007 - Paris - La Cigale


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Le concert de Prohom ayant lieu le lendemain de celui de No One Is Innocent au même endroit, on peut en profiter pour comparer les publics. Première constatation : il y a beaucoup moins de monde et les balcons ne sont pas occupés. Deuxième constatation : le public fait très propre sur lui et sa moyenne d'âge est mine de rien assez élevée... pas de lycéens dans la foule mais une belle brochette de quasi-trentenaires enjoués (dont votre serviteur, soit dit en passant). Le public réservera d'ailleurs un bel accueil à Céline Ollivier, auteur-compositeur-interprète de chanson française qui joue et chante seule sur scène. Bel aplomb.

Prohom débarque sur scène avec le meilleur titre de son dernier album Allers-retours : le titre d'électro envoûtant "Autour de Lucie" monte doucement en puissance et permet au public de se plonger à son rythme dans l'ambiance du concert. C'est bien pensé, et quand le vocaliste prend la parole l'atmosphère est posée... et elle le restera. Il faut dire que Prohom est un sacré personnage : il ne se prend pas du tout au sérieux et assume complètement son côté pipelette et décalé. Sans ses discours interminables (mais rigolos) entre chaque titre le concert aurait pu facilement durer une demi-heure de moins ! Les nouveaux musiciens qui l'accompagnent sont carrés et font preuve d'une bonne présence sur scène, et le son excellent rend justice aux compos. Le line-up est tout sauf figé : selon les titres on retrouvera le batteur à la guitare, le chanteur aux claviers... seul le bassiste ne changera pas d'instrument, mais il assurera par contre des choeurs tip top tout le concert durant.

Prohom annonce très vite qu'il va jouer ses anciens titres comme sur album, et c'est évidemment un gros mensonge. Ca commence avec un "De face" très tubesque dont le refrain est joué avec autant d'énergie que le reste au lieu d'être un moment calme, et ça continue avec un "Le miroir et moi" carrément magistral. Cette chanson du premier album est à l'origine totalement électro, et et jouée ce soir d'une manière organique (guitare sèche incluse) qui ne dénature en rien son côté hypnotique et introspectif. Par contre ça se gâte juste après avec "Ca oublie d'aimer", complètement massacré par une interprétation directe et péchue mais qui ne garde rien du titre original... même la ligne de chant est bidouillée, et les deux accords qui servent de base au morceau ont quant à eux disparu. Ca picote un peu, mais ce sera la seule déception d'un show qui met la foule en joie tant la communication entre le frontman et son public est décomplexée. Prohom blague, annonce les rappels à l'avance, fait le clown... c'est du bonheur.

Parmi les moments forts de la soirée, on comptera pas mal d'extraits du dernier album qui se révèlent bien meilleurs en live. "Chez les fous" lance la soirée sur les chapeaux de roue, dégageant une énergie peu commune. "La fille du train" voit Prohom faire monter une jeune fille sur scène pour s'asseoir en face de lui sur une chaise et l'invite à mimer le personnage de la chanson pour un moment plus que savoureux. "K.O. par insomnie" confirme son statut de très grand titre aux ambiances malsaines et oppressantes, et même "Le meilleur" perd son côté gnagnan et devient une chanson rock convaincante une fois le cap de la scène passé. Il n'y aura que "Grossier" pour rester toujours aussi pauvre : c'est bien beau de balancer un riff ultra bête et de coller des gros mots par-dessus, mais ça ne suffit pas à faire une chanson, même si la facilité du tout fait taper du pied. Le show se terminera en beauté sur "En forme", son texte minimaliste et son refrain que le public reprend d'autant plus que Prohom fait passer le micro de main en main.


Un concert en forme de soirée entre amis, voilà ce que Prohom a offert au public parisien ce soir. Difficile de faire plus intime que ce show où chaque membre du public à eu l'impression de faire partie du groupe et de discuter librement avec son chanteur. Bien sûr il y aura toujours des gens pour trouver que tout cela n'est pas très pro, mais on peut affirmer sans trop s'avancer que Prohom n'en a rien à foutre, et que ses fans non plus. Difficile de donner tort à tout ce beau monde.


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