CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
le 07 août 2009




SETLIST

N/A

AFFILIÉ

01 août 2009 - Wacken Open Air


GWAR_Wacken_Open_Air_20090801

Le set de Saxon est sur le point de se clore tandis qu'une bonne masse de gens s'amoncelle devant la Black Stage. La pénombre ne laisse pas voir grand chose sinon un kit de batterie, tandis que l'écran géant montre un compte à rebours morbide et cartoon à la fois, bloqué sur 2:00, accompagné de la mention « 'till death ». Le groupe anglais finit enfin de délivrer son heavy alors que la pendule comique se met en marche... Dans deux minutes, GWAR va faire son show au Wacken. Je ne sais pas si vous aimez les dinosaures, mais vous avez intérêt.

Et ça commence plutôt mal niveau ambiance, étant donné que des publicités font leur apparition sur les écrans géants tandis que le décompte se fait, avec en prime, leurs musiques en décalage total avec l'univers du groupe. Elles sont finalement coupées tandis qu'un individu à la tête étrange débarque sur la scène : c'est Steve Wilkos, célèbre présentateur américain, qui annonce le concert, critiquant l'attitude dépravée des sympathiques extraterrestres, alcoolisme et pornographie zoophile en tête. S'ensuit un message d'information du vrai Steve Wilkos sur l'écran géant central, traitant de la violence conjugale dont les femmes sont victimes. Lui, Steve Wilkos est là pour les écouter et les aider. Manque de chance pour Steve, Oderus Urungus et sa bande débarquent vite fait bien fait histoire de lui apprendre qu'on n'empiète pas sur les plates-bandes de GWAR. Et tandis que le groupe interprète son premier titre, Oderus gratifie le public de la première décapitation gratuite de la soirée, sur la personne du pauvre Steve. Le sang gicle de partout, le corps décapité court un peu partout sur scène. Consternation chez certains dans l'assistance, visages de marbre mais surtout, beaucoup d'éclats de rires.

Car GWAR sur scène, c'est avant tout du spectacle, auquel vient se greffer une musique rondement menée. Mais revenons-en au spectacle : mettre sa misère à un célèbre présentateur TV n'est visiblement pas suffisant. Oderus Urungus annonce le titre "Crack in the Egg" avec la sentence suivante : « Bring me the dead human baby !». La chose est vite faite alors qu'arrive un des esclaves du groupe, un bébé en plastique recouvert de matières évoquant rapidement de l'hémoglobine et probablement quelques restes de placentas. La musique reprend de plus belle tandis que le chef des monstres mutile l'enfant qui finit coupé en deux, chaque partie de son petit corps chétif (en caoutchouc) se retrouvant planté sur chacune des cornes qui ornent l'armure d'Oderus. D'autres événements font leur apparition, comme un combat de catch opposant deux équipés présenté par le très groovy Sleazy Martini : Oderus et un de ses vieux potes VS Hillary Clinton et Barack Obama. L'actuel président des États-Unis d'Amérique s'en sort plutôt mal et finit décapité dans un torrent de sang sous les acclamations du public, retournant dans les loges en titubant, faisant un « high five » pour lui laisser la place.

La pauvre n'aura guère plus de chance, finissant dans un premier temps amputée des mains, puis voyant ses seins sectionnés alors qu'elle semblait pourtant bien s'en sortir au départ. On voit même un semblant de fœtus pendouiller depuis son ventre béant tandis que la secrétaire d'État américaine s'enfuit, humiliée, son sang ayant rejoint celui de ses prédécesseurs dans leur lutte contre GWAR, c'est-à-dire en partie sur la scène et en partie sur les membres du groupe. Mais voilà que débarquent les frères Destructo sur l'écran géant, concourant pour le titre du porteur de la ceinture du Championnat Intergalactique de Catch, titre que possède le charismatique Oderus Urungus. Le défi est relevé : jamais le leader de GWAR ne laissera quiconque s'emparer de sa ceinture. Pourquoi cela ? Tout simplement parce « sans sa ceinture, son pantalon tombera par terre !» annonce Beefcake The Mighty, le bassiste. Destructo & Co débarquent alors et le combat fait rage, mettant nos héros dans une triste posture. Arrive alors Gor-Gor, le dinosaure défoncé au crack durant le titre éponyme. La bête fait deux bons mètres de haut, massacre les méchants et provoque éclats de rire tandis qu'Oderus tapote le front du monstre, se feignant d'un « Gor-Gor is my friend !»

On l'a donc compris, GWAR joue la carte du spectacle à fond, les costumes n'étant pas portés uniquement pour faire joli. Au contraire, chaque membre du groupe incarne son personnage avec un degré inhérent à l'importance de chacun. Oderus Urungus et Beefcake The Mighty sont probablement les plus impliqués, les autres, notamment le batteur Jizmak Da Gusha étant un peu plus en retrait, focalisés sur leurs instruments. Ah tiens, des instruments ! Avec toute cette débauche de faux sang et autres substances collantes, de pyrotechnies et autres dinosaures, on en viendrait presque à oublier que GWAR est avant tout un groupe de musique. Et musicalement, rien n'est à déplorer. Primo, tout est carré au possible et le son est très bon, le chant étant le seul point faible : dès que Dave Brockie beugle, on l'entend parfaitement, dès qu'il chante, il semble peiner. Secundo, les compositions choisies collent parfaitement à l'esprit du festival et surtout à la trame de l'histoire jouée ce soir (un petit "Surf of Syn" ou le superbe "Tormentor" s'ils n'auraient pas été de trop, n'auraient rien eu à voir avec le tout). GWAR font les cons, mais ils le font bien. Avec un dinosaure de deux mètres de haut sur la scène !


Le set, parfait dans sa drôlerie bête et méchante et sa musique rudement bien effectuée s'achève sous les litres de semence que le désormais célèbre pénis d'Oderus Urungus dégorge sur un public ravi et assoifé. Tous les événements qui se sont déroulés ce soir n'ont pu être comptés et pour cause, il se passe constamment quelque chose sur scène. Si vous voulez en savoir plus, il ne reste qu'une chose à retenir : GWAR sur scène est l'assurance d'un très bon moment, un show rondement mené à ne rater sous aucun prétexte. Sauf si la vue du faux sang vous fait tourner de l'œil, que les mises à mort factices et le second (sinon plus) degré n'ont aucun effet sur vous. Auquel cas, la ville de Charlotte, Caroline du Nord, vous attend les bras ouverts (cliquez ici pour savoir pourquoi).


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