CHRONIQUE PAR ...

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Dexxie
le 06 août 2009




SETLIST

Vampire Sun
Soul Sacrifice
North Berwick Witch Trials
Cosmic Funeral
Night of the Seagulls
Melancholy Emperor
Corpsecycle
Ride
Hopkins

AFFILIÉ

Cathedral
Hellfest (Clisson)
(21 juin 2009)

01 août 2009 - Wacken Open Air


Cathedral_Wacken_Open_Air_20090801

14h15, 3ème et dernier jour de festival pour ce Wacken 2009. Une petite foule, pas grand chose, est rassemblée devant la Black Stage (soit une des scènes principales). Le Soleil de midi semble désormais se faire plus discret à mesure que l'heure avance, comme pour accueillir le groupe. De leur robe de nuages noirs les cieux se couvrent, les sombres jours arrivent, les enfers s'ouvrent, la terre s'agite et de squelettiques doigts se frayent un passage vers la surface. Déjà, les musiciens sont sur scène, les sorcières sont là et la cérémonie a commencé : il ne manque plus que... le Maître.

Le grand Lee Dorrian arrive sur scène alors que ses comparses ont commencé leur set. Il chante au début de manière très approximative, ce qui est comme chacun le sait sa marque de fabrique, même si cette manière de faire peut au début paraître déconcertante à l'oreille non-avertie. On appréciera toutefois dès le début son style très relax et son charisme. En jeans et shirt noirs, ainsi que son headbang en ralenti, à la manière d'un métaleux plus très vivant... d'un métaleux... pas encore tout à fait mort... le tout avec une saveur d'arrière-plan très rock 'n roll, ce qui n'est pas sans nous rappeler un certain Ozzy, aussi bien dans l'attitude que musicalement, une comparaison à ne toutefois pas prendre pour argent comptant. Ce frontman jouit d'un charisme exceptionnel, et offre au public des mimiques en adéquation avec l'ambiance créée par la musique tout de même assez particulière qui nous est servie ici.

Les riffs lourds ne parviennent au début pas à contaminer le public. La foule se défend, résiste, les gens semblent réticents, le virus ne les atteint pas. Mais les troubadours zombies n'ont pas joué leur dernier atout, et la communication entre Dorrian et la foule s'instaure progressivement, ne laissant d'autre choix aux pauvres bougres peuplant le sol de paille du festival funèbre que de se laisser aller vers une autre vie plus proche de la mort. L'interaction entre le chanteur et les auditeurs est des plus efficaces. En effet, celui-ci effectue diverses mimiques le distinguant aisément des autres frontmen, comme celle du zombie, yeux blancs, bras en avant, le micro dans la bouche avec le son qui va avec pendant le titre "Night of the Seagulls" ou encore, à titre de final, à la fin de l'excellent "Hopkins", la mimique de la sorcière pendue. Tout ceci contribue non-seulement à attirer l'attention des sceptiques, mais également à assombrir l'atmosphère, et il fallait y arriver, dans un lieu aussi festif...

Le chant en lui-même va lui aussi dans cette direction, puisque Lee cherche visiblement à chanter de manière plus grave et plus rauque au fil du set, faisant ainsi évoluer l'ambiance qu'il a lui-même posée au fur et à mesure que la contamination s'effectue. Citons le titre "Corpsecycle", ironiquement ensoleillé, créant un effet des plus sympathiques, comme pour se moquer des pauvres mortels désormais acquis à la cause de ces envoyés du diable peuplant la scène, de ces suppôts du Malin, de ces ambassadeurs du mal. Il aura suffi de dix titres et d'une heure de concert pour que les sceptiques finissent par abreuver abondamment de cornes du diable les quatre obscurs servants de Lucifer nous ayant soumis à la tentation de la douce caresse de riffs Sabbathiens.


Une gestuelle simple mais charismatique et originale, une musique étant en droit de s'attribuer les mêmes qualificatifs, bref, un bon concert par un groupe qui sort du lot. Il n'y avait que Cathedral pour transformer une salle des fêtes en carnaval macabre. Ah, au fait, à la fin du set, le Soleil est revenu.


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