CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
le 03 août 2009




SETLIST

n/a

AFFILIÉ

Heaven Shall Burn
Cabaret Sauvage
(18 décembre 2014)

01 août 2009 - Wacken Open Air


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La scène metal allemande est réputée pour ses batteurs. On pense bien sûr à Christoph Schneider, batteur de Rammstein, connu pour son aspect carré et précis, martelant ses fûts tel un rouleau compresseur intransigeant, ou encore Stefan Arnold, batteur de Grave Digger, cité au panthéon des faiseurs de breaks les plus légendaires (plus communément appelés « caisse claire ad lib »). En ce dernier jour du Wacken Open Air 2009, les Eternels ajoutent un énième batteur allemand d'exception à leur catalogue : Matthias Voigt, le batteur allemand qui a l'air d'avoir envie de faire caca sur scène.

C'est ce qu'on peut penser à voir la tête que tire le musicien bedonnant, bien installé derrière ses fûts, soufflant entre chaque coup, la bouche entrouverte et le regard vague. Il faut avouer que sa tâche est plus que physique : passée l'introduction instrumentale sur bandes, les blast beats sont lâchés. Ceux-ci sont accompagnés de riffs entre hardcore et death mélodique, d'une basse bien méchante et lourde, ainsi que du chant de Marcus Bischoff, oscillant entre hurlements de porc et cris plus posés mais néanmoins toujours énergiques. Et de l'énergie, Heaven Shall Burn en a à revendre. Les titres s'enchaînent les uns après les autres sans laisser le moindre répit aux oreilles de la foule et le groupe s'agite dans tous les sens. Bischoff est déchaîné et circule d'un point à un autre de la scène à vitesse variable, marchant, courant, sautant, et il est difficile de ne pas avoir mal pour lui lorsqu'il beugle tant ses hurlements laissent à penser qu'il se ruine les cordes vocales.

Et pourtant il n'en est rien. Bischoff s'adresse assez souvent au public chaud bouillant, expliquant vaguement le plaisir qu'éprouve le groupe de rejouer au pays dans de telles conditions, blaguant de temps à autre (Allemand oblige, une partie des gens passe à côté de l'aspect humoristique de ces interludes). Tout sourire et beau gosse qu'il est, le chanteur repart ensuite de plus belle dans la violence vocale, soutenu par les autres membres du groupe, parmi lesquels Alexander Dietz, véritable souffre-douleur du chanteur, lequel lui colle de temps à autres des taloches ou encore lui tend le micro, pour le retirer alors que Dietz s'apprête à chanter. Pas la peine de dire que le niveau est là : pas de pain à déplorer, un son de qualité, une attitude scénique oscillant entre violence pure, plaisir de jouer et méchanceté bête et méchante (surtout envers Dietz), Heaven Shall Burn crée durant son set une bulle de plaisir sournois et bourrin à souhait.

Car si la folie règne sur scène, elle n'est pas réellement comparable à celle qui se déroule dans le public. Dès le second morceau, Bischoff demande un circle-pit, requête à laquelle accède une bonne partie de la fosse. Visiblement satisfait, notre teuton en chemise rouge demande peu de temps après un autre circle-pit, cette fois autour d'une des deux tours d'éclairage et de projection qui se trouvent en face des scènes principales. Et l'assistance d'opérer dans la joie, la bonne humeur et le feu aux fesses. Les titres s'enchaînent comme les mouvements de masse qu'exprime la foule, qui, vue des écrans géants situés de part et d'autre de la scène, finit peu à peu à ressembler à un parc d'attraction déglingué vu du ciel, parsemé de différents manèges biscornus et autres grands huits définitivement interdits aux personnes de petite taille. Et ça ne s'arrête que lorsque le groupe joue son dernier titre, où Bischoff se permet un slam dans les fans… avant de recommencer avec un morceau de rappel.


Durant une heure, Heaven Shall Burn aura martelé les oreilles, tandis que les gens s'occupaient du reste entre eux. Le genre de groupe à aller voir rien que pour l'attitude scénique proche de l'hystérie durant les titres et calme et enjouée durant les speechs. C'est du lourd, c'est physique et la courte durée des titres fait passer la pilule sans aucun problème. La seule crainte à avoir est que le groupe ne se mette à faire des titres prog. En attendant, Heaven Shall Burn est la preuve vivante qu'il ne faut pas sous-estimer la puissance du hardcore allemand.


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