CHRONIQUE PAR ...

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Pietro
le 10 juillet 2009




SETLIST

Intro: Ecstasy of Gold
Blackened
Creeping Death
Fuel
Harvester of Sorrow
Fade to Black
Broken, Beat and Scarred
Cyanide
Sad but True
One
All Nightmare Long
Solo Kirk Hammett
The Day That Never Comes
Master of Puppets
Dyers Eve
Solo Kirk Hammett
Nothing Else Matters
Enter Sandman

Rappels :
Stone Cold Crazy
Motorbreath
Seek and Destroy

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07 juillet 2009 - Arenes de Nimes


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Concert historique ce soir pour Metallica qui envahit les magnifiques arènes romaines de Nîmes au cours de la partie estivale du World Magnetic Tour 2009. Il s’agit de la quatrième date du groupe en France en moins d’un an, après le concert d’Arras l’été dernier alors que le nouvel album n’était pas encore sorti, et les deux dates à Bercy en avril.

À lieu exceptionnel, événement exceptionnel : le concert de ce soir est filmé pour une sortie DVD qui bizarrement ne devrait concerner que la France, les concerts de Mexico ayant été choisis pour le DVD « mondial ». Rapport de cause à effet ou pas, les premières parties prévues pour l’occasion, Lamb of God et Mastodon (et pourtant bien inscrites sur les billets) sont exceptionnellement remplacées par deux groupes français qui ne feront que cette date. Lorsque votre serviteur pénètre dans les lieux et se fraie un chemin à travers les tribunes déjà bondées, My Own Private Alaska est sur scène. Le moins que l’on puisse dire c’est que le groupe n’est pas à sa place. Sa musique si intimiste et introspective, constituée uniquement d’un pianiste, un batteur et un chanteur hurleur (assis et de profil !) se vit au casque ou dans une petite salle obscure, et est complètement décalée sur cette scène immense, en plein air et en plein soleil. Du coup l’immense majorité du public, écrasé par la chaleur et pas très ouvert d’esprit sur ce coup-là, au mieux ignore le groupe Toulousain ou au pire le siffle. Seule la reprise du "Where Did You Sleep Last Night" popularisée par Nirvana déclenchera de timides réactions.

« Putain les frissons !» C’est sur ces mots que Mass Hysteria monte sur scène, et on les comprend. Les arènes sont à présent totalement remplies et depuis la scène cela doit en effet être très impressionnant. Alors que le début du concert se montre légèrement horripilant, notamment à cause des poses très néo metal des musiciens et du discours qui peut paraître très démago de la part de Mouss, l’incroyable se passe. Le groupe réussit en quelques morceaux à retourner la situation et à remporter l’adhésion générale, même celle de votre serviteur alors que cela était loin d’être gagné ! Le néo metal très dansant du groupe emporte tout sur son passage, bien aidé par un Mouss à l’attitude si positive qu’on finit par adhérer à son discours fraternel qui semble sincère. Le groupe est survolté par la situation et délivre ainsi une prestation jouissive et irréprochable. Une belle claque inattendue saluée par un public reconnaissant qui réalisera un beau braveheart à la demande du chanteur.

Mais le meilleur reste à venir. La nuit commence à tomber lorsque retentit la fameuse intro des concerts de Metallica depuis très longtemps : "The Ecstasy of Gold" d’Ennio Morricone. Les frissons qui s’emparent alors de chaque spectateur sont palpables, rarement une introduction de concert aura été aussi poignante. L’attente est grande et est récompensée lorsque les silhouettes des quatre gladiateurs apparaissent dans l’encadrement de l’immense couloir qui mène à la scène. A la surprise générale c’est par un tonitruant "Blackened" que débutent les hostilités, en lieu et place du diptyque "That Was Just Your Life" / "The End of the Line". "Creeping Death" déboule tout de suite après, apportant déjà un coup fatal aux sceptiques : ce concert sera grand, il ne peut en être autrement. Entendre tout le public des arènes hurler le fameux « Die ! Die !» dans ce cadre magique est un moment intemporel et inoubliable, tant pour les spectateurs que pour le groupe qui n’en revient pas. Quel début de concert !

Ce n’est qu’à ce moment-là que l’on réalise que la scène est certes centrale mais est située au fond de la fosse, sans public derrière elle sauf en tribunes. Ces places vendues comme étant à visibilité réduite seront paradoxalement particulièrement gâtées par le groupe qui jouera souvent face à elles. Après un "Fuel" un peu convenu Metallica nous offre un terrible "Harvester of Sorrow" (rarement joué récemment) et un sublime "Fade to Black", nouveau très grand moment repris par tout le monde. Mais le groupe est aussi là pour défendre son nouvel album, même si c’est moins vrai qu’à Bercy. Quatre morceaux en seront ainsi joués (avec parfois des intros enregistrées). Une nouvelle occasion de constater la qualité de ces titres, notamment du refrain de "All Nightmare Long" proprement jouissif pour se défouler ou de ce sublime "The Day That Never Comes" destiné à devenir un classique. Entre temps les classiques du groupe pleuvent, comme ce "Sad but True" surpuissant ou ce "One" toujours aussi grandiose en live. Quelques mesures de La Marseillaise introduisent le classique parmi les classiques "Master of Puppets" (bien entendu joué en entier). Le son qui était jusque là étonnamment bon pour un concert en plein air commence à devenir légèrement brouillon, certainement en raison du vent qui se lève.

Il en faudrait plus pour ternir l’enthousiasme commun du groupe et du public, gâté par l’interprétation de "Dyers Eve" (même si ce n’est plus tellement une surprise). Après un premier solo totalement inutile d’un Kirk Hammett pas totalement irréprochable techniquement (tout comme son compère de batteur…), celui-ci remet ça en jouant des arpèges qui se transforment tout à coup en cette intro si connue de "Nothing Else Matters". Hammett laisse la place à Hetfield qui interprète la moitié du titre seul sur scène, bien aidé par un public qui donne de la voix. Jaymz, débordant de charisme, termine le solo à genoux et laisse sa guitare partir en larsen… avant d’entamer le riff d’"Enter Sandman". Ce tube met un premier terme au set du groupe qui se retire alors. Bien entendu le rappel ne se fait pas attendre avec un hommage rendu à Queen par l’intermédiaire de l’excellent "Stone Cold Crazy". Le groupe termine son concert en s’attaquant enfin à son premier album jusque là ignoré en en jouant "Motörbreath" et bien entendu "Seek and Destroy", avec un lâcher de ballons final qui donne des airs de fête à la fin de ce concert aux allures de triomphe romain.


Le groupe restera longuement sur scène pour saluer et remercier ce public exceptionnel qui lui aura réservé l’accueil qu’il méritait, chaque membre prenant le temps de dire un petit mot de remerciement au micro. Résultat des courses : une setlist finalement plus classique que lors des concerts en salle (malgré un Master of Puppets sous-représenté), un set aux allures de best of, un groupe survolté visiblement très fier de jouer là, quelques pains dont Kirk Hammett et Lars Ulrich ont le secret, un Trujillo très efficace, un Hetfield portant le groupe à bout de bras, et surtout, surtout… un vainqueur incontesté : ces arènes majestueuses construites au 1er siècle de notre ère mais dont l’acoustique et la visibilité sont meilleures que dans le plus moderne des stades actuels ! Tel Jules César, Metallica est venu, a vu, et a vaincu. Vivement le DVD !


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