CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 30 juin 2009




SETLIST

On Your Knees
Inside The Electric Circus
Hate To Love Me
L.O.V.E. Machine
Wild Child
Take Me Up
Chainsaw Charlie
The Idol
I Wanna Be Somebody
Blind In Texas

AFFILIÉ

W.A.S.P.
Paris - Bataclan
(05 novembre 2012)

19 juin 2009 - Hellfest


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WASP et la France, c'est une histoire un peu compliquée. Après 7 ans d'absence, le groupe revient en France en 2004 pour y trouver une Elysée Montmartre à moitié vide. Même topo en 2007, avec un concert assez médiocre donné… le jour du deuxième tour de l'élection présidentielle. Résultat, lorsque WASP entame une tournée européenne de deux mois basée sur leur chef d'œuvre The Crimson Idol (besoin de se renflouer ?), celle-ci s'attarde en Allemagne (9 dates) et en Angleterre (7 dates), passe même par la Hongrie, la Lettonie ou l'Estonie… mais pas par la France. Monde de merde…

Malgré ces relations tumultueuses, cela n'empêche pas WASP de compter un paquet d'aficionados en ce vendredi. Voici le premier groupe officiant sur les mainstages réclamé à corps et à cris par ses fans avant même leur entrée en scène. Il faut dire que Blackie et ses sbires ne semblent pas pressés de monter sur scène… ce qui ne sera pas sans occasionner quelques soucis plus tard. WASP attaque tambour battant en enchaînant coup sur coup "On Your Knees" et "Inside The Electric Circus". Sacrée entrée en matière n'est-ce pas ? Tout est quand même loin d'être parfait : le son est un peu approximatif avec une guitare lead quasi-absente (rendant encore un peu plus ridicules les poses de Doug Blair), et Blackie met un peu de temps à trouver la bonne carburation au niveau de sa voix. Rien de catastrophique néanmoins, et tout finit par rentrer dans l'ordre. Avant cela, il aura fallu surmonter le trou d'air survenu au milieu du show avec l'interprétation de "Hate To Love Me". C'est plutôt sympa d'entendre autre chose que des titres des années 80, mais ce morceau issu de Unholy Terror s'avère tout de même assez lourdingue. Mais bon, un petit coup de collier avec les hits "L.O.V.E. Machine" et "Wild Child", et on reprend le rythme de croisière !

Au fil des minutes, on peut s'apercevoir de deux choses surprenantes : d'abord, c'est que pour un vieux de 53 balais (et Dieu sait qu'il les fait largement avec son visage marqué et tout bouffi), Blackie Lawless a encore la patate. En témoignent ces étranges cavalcades en pas chassés dans lesquelles il se lance de temps à autre. Ensuite, c'est que pour un leader despotique, il laisse tout de même beaucoup de place à ses petits camarades pour qu'ils puissent s'exprimer. Pour le fidèle bassiste Mike Duda (13 ans d'ancienneté déjà), c'est au niveau du chant. Il ne se contente pas seulement des chœurs, il se charge aussi de certaines parties en lead avec la bénédiction de Lawless. Quant à Doug Blair, il se retrouve carrément seul sur le devant de la scène pendant le long solo final d'un "The Idol" joué en intégralité, pendant que Lawless et Duda se cachent derrière la batterie. Au début du show, on se plaignait de ne pas l'entendre ; à la fin, on se lamentait du contraire, du fait de sa manie de coller du shred là où Chris Holmes faisait parler le feeling rock n' roll. Indéniablement, son prédécesseur Darrell Roberts avait un jeu largement plus adapté. Heureusement, Blair s'est au moins appliqué à ne pas saboter le joyau "Chainsaw Charlie" !

Tout allait bien, mais malheureusement, il aura fallu que Blackie mette un point d'honneur à honorer sa réputation de tête de con en dépassant allègrement le temps de jeu qui lui était imparti. En effet, il faut savoir les 45 minutes allouées à WASP sont déjà atteintes au moment où résonnent les dernières notes de "The Idol", ce qui sonne comme une fin étrange. Lawless annonce alors "I Wanna Be Somebody", qui apparaît déjà plus logique comme conclusion. Après avoir pris encore deux bonnes minutes juste pour la lancer (vas-y que je cabotine avec ma serviette avant de la balancer dans le public !), le morceau dure forcément assez longtemps vu la traditionnelle participation des fans sur ce refrain irrésistible. A côté, les mecs de Down s'impatientent, leur public commence à se manifester en gueulant… Réaction de Blackie ? «Chuuuut»… et bam, "Blind In Texas dans la tronche ! Pour tout vous dire, à ce moment, j'ai même cru qu'un groupe devant jouer par la suite avait annulé, et que les autres allaient avoir du rab' ! Mais non, il semblerait juste que Lawless n'ait pas supporté d'être limité à 45 minutes. Du coup, l'organisation sera contrainte de faire commencer Down en même temps que la fin de WASP, dans la cacophonie la plus complète…


Conclusion assez amère avec cette fin en eau de boudin. Tout avait bien commencé avec la prestation solide et enthousiasmante d'un groupe encore en bonne forme, surtout son leader malgré son âge canonique ; mais il aura fallu que son égo surdimensionné prenne le dessus et foute la merde. Comprenons-nous bien : pour le fan, deux morceaux en plus, et pas les plus mauvais, c'est un petit plaisir égoïste ; mais vis-à-vis de l'organisation du Hellfest, un tel dépassement est un gros manque de respect, un véritable crachat à la gueule,. Mais on imagine que Blackie et son melon n'en ont cure…


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