CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 27 juin 2009




SETLIST

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Papa Roach
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19 juin 2009 - Hellfest


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Dans la catégorie « petite surprise » de cette édition 2009, la présence de Papa Roach aussi haut sur l'affiche du vendredi. En effet, Papa Roach fait partie de ces groupes que les metalleux, les vrais, adorent détester : trop lookés, trop opportunistes, trop djeunz, trop rap, trop tout… Des falses quoi. Tout était donc réuni pour assister à un lynchage public, mais c'était oublier un peu vite que Papa Roach adore ce genre de challenge, à l'image de sa prestation au Graspop 2007, unanimement saluée par la presse.

Il faut dire que Papa Roach dispose d'un atout de choix avec son chanteur Jacoby Shaddix. Alors lui, je peux vous garantir qu'il sait la vendre sa came ! Le petit bonhomme ne tient pas en place et n'attend pas que le public vienne à lui : c'est lui qui va le chercher, et par la peau du cul s'il le faut ! Bon, il ne faut pas se formaliser sur les multiples « Motherfuckers » adressés au public, comme le fera aussi Motley Crüe quelques heures plus tard. Au passage, quelle étrange habitude : vous imaginez un groupe francophone qui passerait son temps à dire « ça va les enculés ?», « Vous déchirez bande d'enculés !» et autres joyeusetés ? Mais à part ça, c'est toujours agréable de voir un mec se défoncer de la sorte sur scène, apportant une vraie plus-value au show.

Papa Roach attaque les hostilités par un de ses tout meilleurs titres, "Between Angels and Insects". D'ailleurs, on se félicitera au passage de voir que Shaddix a arrêté de rapper depuis, parce que son flow n'avait tout de même rien de bien fameux. Mais par contre, quel refrain ! La suite n'est qu'une collection de hits nu metal hyper catchy, avec des recettes tirant parfois vers l'emo ("To Be Loved"). Il paraît qu'avec son dernier album, Papa Roach a laissé tomber ce style pour se mettre au glam ; bon, faut pas pousser non plus, à l'écoute d'un titre comme "Hollywood Whore" (Papa Roach est un groupe très engagé…), la différence est loin d'être flagrante. À la limite, sur "Lifeline" qui présente un petit côté hard rock 80 relifté pas dégueulasse.

Et l'ambiance dans le public alors ? Et bien… plutôt pas mal ma foi ! Comme tous les groupes programmés cette année, Papa Roach a sa petite cohorte de fidèles qui squattent les premiers rangs. De plus, contrairement à certains qui ont joué devant une audience dispersée, surtout à cette heure (19h00, soit le dernier créneau pour bouffer avant le défilé des têtes d'affiche), il y a un certain nombre de curieux aux abords de la scène. Des curieux qui, dans l'ensemble, semblent trouver le spectacle à leur goût. Il n'est pas rare de voir de voir des metalheads venus là pour hasard et se laisser prendre par le rythme entraînant d'un titre comme "Getting Away With Murder". Néanmoins, le plus gros succès reste "Infest", ZE tube de Papa Roach, repris en chœur par les connaisseurs.


Ce concert n'aura pas changé la donne, et Papa Roach restera un groupe que les trues se sentiront obligés de mépriser. Mais lorsqu'on s'affranchit des préjugés, rien n'empêche de prendre un certain plaisir avec ces rythmiques pêchues, ces refrains catchy, et cerise sur le gâteau, un groupe qui sait y faire sur scène. Une bonne petite surprise, qui confirme une nouvelle fois le flair de l'organisation.


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