CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 26 juin 2009




SETLIST

N/A

AFFILIÉ

20 juin 2009 - Hellfest


Gama_Bomb_Hellfest_20090620

Vendredi soir, réunion de travail pour l'équipe des Éternels :
«-Bon alors, programme de demain : Gama Bomb… Kroboy, tu t'y colles, c'est du thrash ça…
-Euh… C'est-à-dire que… Bon, écoute CCC, je connais ce groupe et en fait ça me botte pas des masses…
-Je m'en fous ! C'est du thrash, t'es le spécialiste thrash, tu prends !
-Ouais mais en plus c'est à 11h30, en plein pendant l'apéro…
-TU T'EN CHARGES, UN POINT C'EST TOUT !
»
Ben oui, on n'a jamais dit que chroniqueur, c'était marrant tous les jours…


Donc bon, ce n'est pas avec un grand enthousiasme que j'abandonne mes voisins de camping en pleine dégustation de jus de houblon pour me diriger vers le site. Même pas la peine d'enfiler la tenue de combat, les tongs et le maillot du Stade Rennais suffiront, de toute façon dès la fin du set c'est retour à la tente pour déguster le menu gastronomique cahouètes / binouze. Je l'avoue, j'ai raté les 5 premières minutes, que j'ai seulement entendues sur la route. Mais rien de bien grave, car Gama Bomb en live, c'est comme Gama Bomb sur CD : du thrash / crossover extrêmement répétitif, sans le petit côté fun (malgré des paroles en général bien débiles) qui permet à un Municipal Waste de se distinguer. Sur un set thrash « classique », avec des titres un minimum construits, c'est sympa de de défouler avec des morceaux type "Hammer Slammer" ou "Hell Trucker", des décharges ultra-nerveuses d'à peine 2 minutes au compteur ; mais quand tous les morceaux sont basés sur le même modèle, cela n'a plus aucun impact, et en plus la lassitude arrive rapidement. Je pourrai m'étendre un peu sur les titres interprétés, mais à quoi bon quand ceux-ci sont quasiment tous identiques ?

Gama Bomb part donc avec un handicap assez lourd, que seule une présence scénique de tout premier plan pourrait permettre de compenser. Dans ce domaine, les Irlandais sont précédés d'une réputation assez flatteuse, eux qui passent leur vie sur les routes. Et pourtant, là aussi, le verdict est franchement mitigé. Le plus grand (le seul ?) atout du groupe, le soliste Domo Dixon, reste dans sa bulle et a un mal fou à lever la tête et décrocher les yeux de son instrument. Le reste du groupe ne lésine pas sur le headbanging, mais le jeu de scène n'a rien de particulier par rapport à un groupe de metal lambda. Le frontman Phil Byrne, Irlandais bon teint (c'est-à-dire blanc comme un linge, comme s'il n'avait jamais vu le soleil de sa vie) remplit correctement son rôle en se montrant assez mobile. Alors certes, il y a bien un peu d'ambiance dans la fosse, notamment avec ce mosher endiablé qui a sorti le drapeau irlandais, mais de là à déclarer « en sept années d'existence, c'est le meilleur show que nous ayons donné »… Typiquement le genre de speech pipeau qui vous fait perdre toute crédibilité. Et si c'est vrai, alors il y a de quoi s'inquiéter pour Gama Bomb !


Ce set de Gama Bomb est un peu le symbole de la tendance actuelle, qui a vu des tas de nouveaux groupes se faire signer même en étant dépourvu de talent en terme de composition. Même si à l'avenir, les Irlandais progressaient de façon spectaculaire, on les voit mal se faire une place au soleil avec un registre aussi limité. Bref, si un jour Gama Bomb est programmé au Hellfest ne serait-ce qu'à 14h30, on pourra déjà considérer ça comme un petit miracle. Et dire que j'ai écourté l'apéro pour ce concert…


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