CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 24 juin 2009




SETLIST

Curse the Gods
Bestial Invasion
Devolution
Mad Butcher
Life Without Sense
Thrash 'till Death
The Butcher Strikes Back
Nailed to the Cross
Total Disaster

AFFILIÉ

Destruction
Wacken
(04 août 2007)
Summer Breeze (Dinkelsbühl)
(16 août 2008)
Hellfest (Clisson)
(18 juin 2011)
Paris - La Maroquinerie
(02 octobre 2016)

21 juin 2009 - Hellfest


Destruction_Hellfest_20090621

Destruction au Hellfest, c'était une occasion à ne pas rater. Non pas que les thrashers allemands soient des légendes absolument incontournables, mais disons que vu leurs déboires de la tournée Inventor Of Evil (3 dates programmées en France, toutes annulées), les chances de les voir se produire de ce côté du Rhin se sont sérieusement amenuisées (un peu comme Sodom en fin de compte). D'ailleurs, les fans auront remarqué que le Devolution Tour, qui célébrait par la même occasion les 25 ans du groupe, a soigneusement évité notre territoire…

… Et c'est bien dommage, parce que le Schmier, il a plutôt l'air d'apprécier cette petite virée dans nos contrées. Le colosse multiplie les sourires, en parfait décalage avec son allure de gros barbare, et surtout il fait un maximum d'efforts pour s'adresser au public en français. On a ainsi droit au classique « Merci beaucoup », minimum syndical pour tout groupe étranger cherchant à communiquer dans la langue de Molière ; mais Schmier nous gratifie à plusieurs reprises d'improbables « Magnifique », avec un délicieux accent teuton. Bref, Destruction est content de voir le public français, et celui-ci le lui rend bien : dans la fosse, c'est la guerre ! On imagine aisément que tous ne sont pas des die-hard fans de Destruction, mais l'image de bûcherons renvoyée par les Allemands leur permet de drainer une partie du public venue chercher sa dose d'agressivité à l'état pur. Résultat : on ne voit plus rien ! Sur un terrain toujours aussi désespérément sec, le circle pit massif dégage un épais rideau de poussière qui dissimule presque complètement la scène, pour le plus grand plaisir de Schmier qui en demande toujours plus !

La chaude ambiance dans le public est presque en décalage avec la qualité au final assez moyenne de la prestation. Le son est massif, sans doute un peu trop. Difficile de discerner quoi que ce soit, surtout la guitare de Mike Sifringer qui se fait régulièrement dévorer par la basse tonitruante de Schmier. Alors si je vous dis que par-dessus ça, la batterie de Marc Reign écrase tout, vous imaginez le bordel ambiant. Plus que le son, c'est surtout le jeu du cogneur qui s'avère problématique, car il a tendance à en foutre un peu partout : roulements incessants, double pédale à gogo… Du coup, certains classiques de la première heure sont assez décevants, comme "Curse the Gods" et surtout "Life Without Sense", dont la montée en puissance est annihilée par ce rendu trop brouillon. Si le fan a du mal à y trouver son compte, alors on imagine que Destruction n'a pas dû convaincre beaucoup de néophytes… Heureusement, les morceaux les plus récents, comme "The Butcher Strikes Back" ou "Nailed to the Cross", tiennent mieux leur rang et permettent à Destruction d'affirmer son statut de poids (mi-)lourd du thrash… mais le couperet n'est pas passé loin !


Set assez mitigé de la part de Destruction : plus que la prestation en elle-même, on retiendra surtout la grosse activité dans la fosse et le plaisir affiché par le groupe, qui devrait être le moteur de tout concert. Tout était réuni pour une bonne louche de thrash, dommage que le son approximatif et quelques soucis techniques au niveau de la guitare n'aient pas vraiment permis aux Allemands de faire parler la poudre. Une prochaine fois sans doute, en tout cas on croise les doigts pour les revoir en France un de ces jours.


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