CHRONIQUE PAR ...

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Flower King
le 01 juin 2009




SETLIST

Apostrophe
Magic Fingers
City of Tiny Lites
The Purple Lagoon
Inca Roads
Montana
Village of the Sun
Echidna's Arf (Of You)
Don't You Ever Wash That Thing

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Bamboozled by Love
Dirty Love
I'm the Slime
Black Page #1 (Drum Solo)
Black Page #2
Lucille Has Messed My Mind Up
Outside Now
Dance Contest (Chunga's Revenge/Grand Wazoo)
More Trouble Every Day
Peaches in Regalia
Zombi Woof

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Cosmik Debris
Willie the Pimp

AFFILIÉ

18 mai 2009 - Paris - Olympia


Zappa_Plays_Zappa_Paris_-_Olympia_20090518

Le passage du cirque Zappa Plays Zappa il y a trois ans sur le continent européen avait reçu suffisamment d’éloges pour me promettre de ne pas les louper s’ils repassaient par ici, ou de me maudire à vie dans le cas contraire. Fort heureusement, l’expérience n’était pas qu’un one-shot deal et Dweezil semble plus que jamais dévoué à faire résonner la musique de son père, depuis l’Olympe jusqu’à l’Olympia… il y a des entreprises moins excitantes.

Changement majeur de l’édition 2009 : exit les guests, la formation se recentre sur ses sept (!) piliers tous appelés à briller à un moment du show. Même Ray White, présent sur le leg américain, a dû être remplacé en urgence pour les dates du Vieux Continent, et si cette opération nous a peut être privés de longues pièces à la "Illinois Enema Bandit", pas sûr toutefois qu’on y ait perdu au change, tant le petit nouveau, Ben Thomas, a été grand ce soir-là : puissance, justesse, et esprit déconneur au diapason d’un groupe de pointures à l’opposé de requins accompagnant, au hasard, notre Johnny national. Voilà des gens qui, pendant près de trois heures, ont fait respirer une musique mêlant complexité d’écriture, groove euphorisant et barouds d’honneur. Et si on peut reprocher un choix de morceaux trop axé sur les compétences guitaristiques - on va y revenir – le nombre de coups d’éclat était trop important pour jouer au bougon de service.

Lesquels, vous me direz ? Allons-y pour une petite revue : une ouverture en guise d’"Apostrophe", histoire de tromper la timide entrée en scène et de poser le cadre du répertoire joué ce soir, axé aux trois quarts sur la période 73-75 – pas la pire, on est d’accord. Puis, plus loin, un terrassant "Inca Roads" qui montre la dimension scénique de ces morceaux tarabiscotés (il faut voir ces solos de vibraphone) composés au millimètre et exécutés avec la même précision. Vous voulez la preuve que la multi-instrumentiste Scheila Gonzalez est une tueuse ? Écoutez-la reproduire les lignes vocales de "Montana" sans (trop) forcer. Et sur l’orgie instrumentale "Echidna’s Arf (of You) / Don’t You Ever Wash That Thing", c’est tout le groupe qui balance la sauce de façon implacable, pour une interpretation certes pas aussi intense que sur le live à Helsinki (en même temps…) mais qui nous laisse malgré tout exsangue à la fin du premier set.

Si le public s’est contenté de rester ébahi durant cette première partie, il sera plus sollicité pour la suite des évènements, entre l’obligatoire – et un peu longuet – dance contest et les diverses facéties de Ben Thomas qui a définitivement compris le sens du mot « showman ». Mais si là encore les grands moments abondent – "More Trouble Every Day" écrasant, "Outside Now" poignant, ou bien "Peaches in Regalia" éclatant quoi qu’il arrive - c’est à ce moment que les (relatives) limites de la formation apparaissent. Car outre un "Black Page #2" gentiment foiré par Dweezil, l’abondance des solos de guitare sur les morceaux interprétés a pu jouer en sa défaveur. Il reste brillant, véloce et versatile, mais en termes d’expressivité il n’égale pas papa Frank qui pouvait réellement vous embarquer dans ses marathons. Et quand chaque musicien a droit à son solo règlementaire sur le rappel "Cosmik Debris", ça sent l’exercice forcé. Heureusement que nous n’en restons pas là et que ces torts se voient réparés par un "Willie the Pimp" furibard, nous laissant les sens en fête et le sentiment d’avoir emporté une part de l’héritage zappaïen dans la tête, et pour longtemps.


Certains regretteront l’absence des projections vidéo où l’orchestre accompagne Zappa Senior à la guitare sur pellicule ; j’estime au contraire que ce genre de procédé tombe trop vite dans l’hagiographie, et le groupe a montré suffisamment de talent et de respect pour l’œuvre du Père pour ne pas avoir besoin de ça. Inutile de demander l’impossible et de chercher à voir le Frank en concert ; Dweezil et sa bande vous apporteront votre lot de sensations fortes pour l’année. En espérant qu’il ne faille pas attendre 2012 pour les revoir, vous savez ce qu’il vous reste à faire lors de leur prochain passage près de chez vous…


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