CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
le 08 septembre 2007




SETLIST

The Black Sea
Gloria
Alone I Stand In Fires
Avalanche
Back To Times Of Splendor (short version)
The Hole We Are In
And The Mirror Cracked (short version)
Don't Go Any Further

AFFILIÉ

04 août 2007 - Wacken


Disillusion_Wacken_20070804

Il est des groupes qu'on va voir en tant que journaliste, car même si on est pas trop fan ou qu'on les a déjà vu plusieurs fois il faut bien informer les lecteurs. Et il y a des groupes qu'on va voir la bave aux lèvres et le coeur battant la chamade, priant pour qu'ils jouent tel ou tel titre et que le son soit bon. Tel le fanboy de base en somme... et quand l'occasion de voir enfin Disillusion en live se présente c'est la deuxième option qui l'emporte. Il est midi, c'est le premier concert de la journée, les géniteurs de Back To Times Of Splendor et Gloria ont quarante-cinq minutes sur la Party Stage (la petite scène!!??!!) pour convaincre, et ils vont exploser tout le monde.

La tension est presque palpable au sein de la foule : les fans de Disillusion sont là et bien là, et ça fait vraiment plaisir de voir les quelques retardataires arriver en courant ventre à terre de peur de rater le début. Le début c'est "The Black Sea", première compo du décrié Gloria... et c'est une bou-che-rie!! L'intro du titre donne des frissons tant elle colle la pêche tout en montant en puissance, et quand le riff arrive l'évidence s'impose : les titres du dernier album sont magnifiés en live. Bien plus violents que sur album mais tout aussi fouillés, ils font péter un boulard à la foule dès les premières secondes. On est face à un groupe de métal terriblement efficace, au charisme en béton armé (Schmidt / Vurtox est un putain de frontman) et qui a su trouver l'équilibre parfait entre technologie et approche organique. En effet les Disillusion sont quatre sur scène, à savoir le nouveau line-up officiel incluant Alla Fedynitch, une bassiste aussi charmante que carrée dans son jeu. Les samples sont visiblement déclenchés par le batteur et se fondent extrêmement bien dans le mix... tout ça donne donc une impression de cohésion remarquable, et surtout les craintes qu'on pouvait avoir de contempler un groupe de rock electro où seuls les samples auraient la parole sont balayées. Les zicos sont aussi métal dans leur attitude que dans leur son, et tout se beau monde se donne à fond.

En bons petits malins qu'ils sont, les Allemands ne se contentent pas d'utiliser les samples pour les titres de Gloria : les orchestrations si complexes de l'album précédent sont reproduites par le même procédé, ce qui donne aux guitares une importance prépondérante. Prenons "Alone I Stand In Fires" : les claviers sont samplés mais ne constituent qu'une toile de fond : on les entend parfaitement, mais ce sont les riffs écrasants et le chant parfait qui cueillent le public au menton et le laissent KO pour le compte. Le vocaliste dispose de deux micros : un relié à un vocoder quand il se la joue Schmidt le chanteur d'electro à effets, et un normal quand il remet sa casquette de Vurtox le conteur épique. Chant clair, chant hurlé, parlé/chanté, tout passe à merveille. Les passages les plus ambiancés restent toujours aussi hypnotiques mais gagnent en pêche grâce au jeu multifacettes du nouveau batteur Alex Tscholakov qui confirme un niveau imposant de technique et un sacré feeling, et "The Hole We Are In" devient de fait un tube electro/extrême. L'alternance entre parties indus bizarroïdes et riffs death fait mouche, et la réaction de la foule ne laisse aucun doute : tout le monde ovationne le groupe en permanence, et certains n'ayant pas du tout aimé Gloria confieront après le show que la puissance des morceaux de cet album en live les a tués.

Mais ce que la foule attend avant tout, c'est bien entendu du Back To Times Of Splendor. L'inquiétude par rapport à l'interprétation des titres est légitime : quand on ne dispose que de quarante-cinq pauvres minutes de show, comment caser des titres faisant entre huit et dix minutes dans la setlist? Après "Alone I Stand In Fires" on craint que la messe soit dite, et quand certains réclament à haute voix le morceau-titre de l'album on n'y croit pas trop... jusqu'au moment où l'intro dudit titre résonne et que tout le monde pète un plomb. Disillusion ne renie absolument pas son passé et envoie une version quasi-intégrale de "Back To Times Of Splendor" dantesque! C'est la folie, et on se surprend à consulter sans cesse sa montre en se demandant s'il reste assez de temps, si ça reste possible qu'ils en jouent encore une autre, si on va encore y avoir droit... et huit minutes avant la fin, surprise! Le groupe annonce "And The Mirror Cracked"... orgasme collectif, hurlements de joie, la totale. L'absence d'une troisième guitare pour assurer l'harmonie du riff légendaire qui ouvre la compo ne gêne que peu, et le public se pète les cordes vocales sur les parties claires. Bien sûr le groupe coupe la chanson avant le break calme, mais c'est pour conclure avec un "Don't Go Any Further" au riff encore plus monstrueux en live que sur album. Yabon...


Disillusion a donc réussi l'impensable : prouver que les titres de Gloria sont des hymnes live de folie et réussir à caser trois compos de Back To Times Of Splendor dans un set aussi court. Il ne reste après le show qu'un contentement immense, et une frustration compréhensible : comment un groupe de ce calibre peut-il être confiné à la petite scène, jouer en début de journée et ne pas avoir une heure de show? Avec ne serait-ce qu'un petit quart d'heure de plus Disillusion n'aurait pas eu à couper ses titres les plus longs, et ce concert aurait été absolument parfait. Faites qu'ils soient sur une grande scène la prochaine fois. Faites qu'ils jouent en France. Faites que je les revoie. Je sais pas, quoi, mais FAITES!! Rââââââââ......


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