CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 05 avril 2009




SETLIST

That Was Just Your Life
The End of the Line
The Four Horsemen
Holier Than Thou
One
Broken, Beat and Scarred
My Apocalypse
Sad but True
Bleeding Me
All Nightmare Long
The Day That Never Comes
Master of Puppets
Fight Fire With Fire
Nothing Else Matters
Enter Sandman

Rappel :

Motorcyle Man (avec Biff Byford)
Hit the Lights
Seek and Destroy

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Metallica
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02 avril 2009 - Paris - Bercy


Metallica_Paris_-_Bercy_20090402

Retour au Parc Omnisports de Paris Bercy, on prend les mêmes et on recommence pour un nouveau shoot maousse de heavy et de thrash, cette fois-ci côté tribunes. Le premier concert m'avait enthousiasmé, comme vous pouvez vous en apercevoir ici ; 24 heures plus tard, c'est l'occasion de voir si cet enthousiasme débridé avait vraiment lieu d'être ou s'il était avant tout dû à l'excitation de revoir les Horsemen de près. Voici des éléments de réponse (NdK : histoire de jouer le jeu, l'article relatant le premier concert a été rédigé dès le lendemain et n'a pas été modifié ensuite).

Je vous passe toutes les remarques concernant la structure scénique si particulière, détaillée sur le live report du premier concert. Un petit mot en revanche sur les premières parties, passées sous silence la veille. Pas de grand changement du côté de The Sword : perdus sur une scène beaucoup trop grande pour leurs épaules, leur stoner trop répétitif laisse la majeure partie du public de marbre. Le fait d'entendre un peu plus le chanteur, carrément inaudible le premier soir, ne change pas grand-chose à l'affaire, et seule la présence de Lars Ulrich sur un titre brise un peu l'indifférence quasi-générale. Concernant Machine Head, le gâchis est toujours aussi énorme : le son est tellement mauvais que même en connaissant parfaitement les morceaux interprétés, impossible de prendre du plaisir. Par rapport à la veille, le groupe a légèrement modifié sa setlist ("Slanderous" et "Descend the Shades of Night" ont laissé la place à "Aesthetics of Hate" et "Ten Ton Hammer") et semble un peu moins au taquet : un peu plus de temps mort entre les morceaux (dont un pour fêter l'anniversaire de Phil Demmel), et un Robb Flynn qui fait le boulot mais en un peu moins survolté. Les conditions scéniques ne s'y prêtent pas vraiment non plus… Evidemment, dès que Metallica entre en scène, ces problèmes de son disparaissent comme par magie. C'est loin d'être cristallin, mais ça reste tout à fait acceptable pour une salle comme Bercy, qui n'est pas franchement réputée pour son acoustique. Foutue manie des têtes d'affiche de saboter le son des premières parties…
Pour cette seconde date, Metallica a conservé le même squelette. Toujours 18 titres répartis selon le même dosage : 1/3 tiré du nouvel album, 1/3 constitué de classiques indéboulonnables et 1/3 de vieilleries interchangeables, le tout disposé dans le même ordre. Ce qui ne signifie pas pour autant que le show est figé : le dernier tiers a été intégralement modifié (logique), et des changements sont également intervenus dans la partie consacrée à Death Magnetic. Ainsi, "Cyanide" a laissé sa place à "My Apocalypse" : pas franchement une bonne idée, tant cette dernière s'avère quelconque en live, son riff trop plat étant noyé sous dans la bouillie sonore ambiante. Plus judicieux, le remplacement de "The Judas Kiss" par "All Nightmare Long", une petite bombe heavy/thrash nettement plus efficace. Au final, Metallica a renouvelé 8 titres en tout, soit quasiment la moitié de sa setlist : jolie performance ! Ils auront également largement soutenu Death Magnetic (bien plus que St Anger à l'époque), en en interprétant pas moins de 8 titres sur 10. Malgré tout, on pourra comprendre la frustration d'une partie du public, notamment de ceux assistant pour la première fois à un show des Horsemen, et qui auraient sans doute aimé profiter de plus de classiques. Mais il faut s'y faire, car c'est le lot de chaque concert de Metallica, qui compte tellement de bombes qu'il est impossible de satisfaire tout le monde. Moi-même, plutôt que de voir "Fight Fire With Fire" remplacer "Damage Inc.", je n'aurais pas craché sur un petit "Dyers Eve" !
Vivre un concert sans l'effet de surprise qui va avec est une expérience assez étrange. L'excitation liée à la découverte laisse place à l'analyse des moments à venir, d'autant plus lorsqu'on quitte la ferveur de la fosse pour le confort (et le recul) des tribunes. L'avantage de cette position est double. D'une part, cela permet de mieux se rendre compte de l'extraordinaire performance des musiciens en terme d'occupation de l'espace. Hetfield, Hammett et Trujillo sont toujours en mouvement et ne négligent aucune partie de la fosse, tout en prenant le temps de jammer de temps en temps. Un sacré groupe de showmen, chacun dans un style différent. Et encore, contrairement à d'habitude, Hetfield ne passe pas son temps à cabotiner, assurant le minimum syndical au niveau des speeches, se montrant encore moins disert que la veille ! D'autre part, c'est toujours un plaisir d'assister, avec une vue d'ensemble, à l'intense communion entre le groupe et son public. Près de 20 000 personnes battant la mesure ensemble sur "Enter Sandman", ou gueulant à l'unisson sur "Seek And Destroy" (joué avec les lumières allumées !), c'est toujours un sacré frisson ! A contrario, dans une position aussi reculée, cela permet de mieux voir certains aspects du show qui ne fonctionnent pas, comme le lightshow sur "That Was Just Your Life". Ah, les faisceaux lasers, ça en met plein les mirettes, mais étiré sur 7 minutes, c'est un peu long. Le rendu est tellement sombre qu'à un moment, on en viendrait même à se demander si les Horsemen sont vraiment sur scène !
Le premier soir, le début du show, soit les deux premiers titres de Death Magnetic, m'avait vraiment emballé ; pour être tout à fait honnête, ce fut cette fois nettement moins le cas. Deux pavés de près de 8 minutes chacun enchaînés d'entrée de jeu, il y avait sans doute mieux à faire pour commencer. Si le fait d'être en fosse permet d'entrer directement dans le vif du sujet, il en est autrement vu des tribunes, où il est nettement moins évident d'entrer dans l'ambiance avec ces deux titres punchy mais ne disposant ni l'un ni l'autre d'un refrain réellement fédérateur. Les choses s'arrangent rapidement avec "The Four Horsemen", l'un des hymnes historiques de Metallica mais qui a depuis longtemps perdu sa place de titulaire dans la setlist du groupe. Dommage car vraiment, quel titre ! On notera d'ailleurs que dans le fameux tiers de "vieilleries", le groupe n'a pas choisi la facilité. Tout comme la veille, point de "Creeping Death" ou "For Whom the Bell Tolls" (Ride The Lightning aura été franchement délaissé au cours de ces deux soirées), mais à la place des titres beaucoup moins évidents. Cela nous aura permis de redécouvrir l'efficacité live d'un titre comme "Holier Than Thou", incontestablement la grosse surprise du soir ; de même, le fait de ressortir du placard "Bleeding Me" fut une excellente idée, le public semblant comme hypnotisé par ce titre lent et atmosphérique. Même si les gros classiques type "Nothing Else Matters" ou "Master Of Puppets" s'attirent toujours le plus gros succès, les die-hard fans se seront fait plaisir avec ces titres plus rares.


Cerise sur le gâteau, le rappel : alors qu'on ne voit pas trop où Jaymz veut en venir avec ce speech à la gloire de Saxon, voilà que Biff Byford déboule sur scène pour une version boostée aux amphét' de "Motorcycle Man" ! Et malgré ses 58 ans, le vieux Biff est toujours prêt à botter des culs ! Le respect entre les deux parties est évident, et cet événement aura donné un cachet spécial à cette seconde date. Alors pour en revenir à la question de départ, que reste-t-il une fois passé l'excitation des retrouvailles ? Simple : un putain de show donné par un groupe en plein dans son élément de prédilection, la scène. Qui pouvait encore en douter ?



Crédits photo :



Merci à Julien!


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