CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
le 01 avril 2009




SETLIST

Drive By Audio

Beat from the Street
Jailbait
Sex Drive
Player
Super Smoking Thunder Bowl
Live Fast Die Faster
Dickheads
Chopper
Can You Dig It
Mary

Black Bomb A

To Reactivate
Get the Fuck Out
You Can't Save Me
Look at the Pain
Hostile Infection
Emergency
All the Way
Lady Lazy
Mary
Born To Die
Human Circus
Police Stopped Da Way
One Sound Bite To React
Uncivilization
Taste the Flow
Burn
Make Your Choice
Tales from the Old School
Fight for Your Right (to Party) (Beastie Boys cover)

AFFILIÉ

Black Bomb A
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(29 mai 2008)
Paris - Trabendo
(25 novembre 2010)
Paris - Trabendo
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29 mars 2009 - Paris - La Maroquinerie


Black_Bomb_A_-_Drive_By_Audio_Paris_-_La_Maroquinerie_20090329

Suite à la sortie du très attendu From Chaos (chronique ici), Black Bomb A s'est lancé dans un nouvelle tournée afin de défendre le petit dernier sur la route. L'occasion de constater de visu ce que donne le retour de Djag sur scène sur des titres composés en grande partie avec lui et pour lui, ainsi que de voir ce que donne Black Bomb A avec une guitare au lieu de deux. Et croyez-moi, ça valait le déplacement...

Avant eux il y a Drive By Audio (ex-Certain Death), un groupe écossais de hardcore qui fait passer un très chouette moment au public. Les deux chanteurs évoluant dans un registre hardcore / thrash occupent bien la scène, le son est correct et le batteur se fait remarquer par son absence totale de finesse... pour cause de frappe de mule sous stéroïdes ! Il envoie du très très lourd donc, le guitariste se révèle bien bon et la musique directe et sans fioritures du quartet fait mouche. Mais plus encore que leur répertoire, c'est leur attitude qui leur attire les faveurs des spectateurs. Ils sont tous complètement à fond dedans : le bassiste saute partout et les deux chanteurs sont à bout de souffle au bout d'un titre et demi à force de se donner à 120%. Leurs compos évoluent entre hardcore old-school et hardcore-punk avec un petit relent de rock 'n roll ici et là loin d'être désagréable, et c'est sur un de ces titres rock ("Sex Drive") que Poun de Black Bomb A viendra taper le guest avec bonheur. Pas le groupe de l'année donc, mais un excellent amuse gueule...

…car le plat de résistance, c'est tout de même Black Bomb A. Autant tuer le suspense : à quelques petits détails près le concert donné par le groupe est dantesque, le genre de show dont on se souvient la larme à l'oeil. Il y a le cas Djag tout d'abord : le bonhomme confirme sur scène les énormes progrès constatés sur From Chaos, et dès les premiers cris qu'il pose sur "To Reactivate" on sent que son niveau de maîtrise est total. Sur la boucherie néo-métal qu'est "Get the Fuck Out" (tout le public ou presque saute en rythme) il pose son break de chant mélodique sans l'ombre d'un problème et sa performance sur "Look at the Pain" comme sur tous les titres de l'époque Arno est magistrale : la tonalité plus grave qu'il sait donner à son growl et sa facilité à tenir ses cris sur la longueur fait qu'il donne le change sans problème. De plus la complicité avec son compère Poun est inégalable et sa manière d'occuper l'espace impressionnante : il est partout, tout le temps, et semble traverser la scène en deux bonds. Ça s'appelle un showman d'exception.

Poun reste quant à lui toujours aussi dégoûtant de technique : ses hurlements aigus sont irréprochables et son chant clair est balaise même s'il est souvent noyé par le son (problème de compresseur ?). Le son en question privilégie d'ailleurs un peu trop la basse par rapport à la guitare, mais on remarque au passage que l'absence de Scalp à la deuxième gratte passe inaperçue. La setlist met le paquet sur From Chaos et les chansons passent en général très bien l'épreuve de la scène. Les chœurs d'outro de "Emergency" semblent beaucoup moins interminables, l'efficacité brute de "Uncivilization" fait mouche et le rock de "Taste the Flow" donne envie de bouger le popotin. D'un autre côté la part allouée aux vieux titres est très réduite et seuls les indispensables sont retenus. Les titres de Speech Of Freedom déclenchent systématiquement une ovation, en particulier "Mary" qui reste LE tube absolu du groupe. Le public chante comme un seul homme, on ne voit plus les membres du groupe tant il y a de fans sur scène qui font tourner le bédo... c'est la joie.

En plus de la qualité de la prestation il y a les anecdotes, les moments d'exception qui rendent un show mémorable. On se rappelera du speech de Poun sur "Mary" (« Y'en a qui fument de l'herbe ? Bande de toxicos... y'en a qui fument pas ? Bande de straight-edge ! »), du délire final en compagnie des Drive By Audio sur "Fight for Your Right" des Beastie Boys avec quinze personnes sur scène, du refrain de "Burn" et des chœurs de "Human Circus" repris à gorge déployée par tout le monde, du cadeau fait aux fans qu'est "Hostile Infection" (tiré de l'EP Straight In The Vein)... l'ambiance confine à la folie furieuse. La réaction du public prouve que "Tales from the Old-School" est déjà un classique, et le chœur final colle le frisson tant l'osmose entre le groupe et les fans est palpable. Alors bien sûr on regrette un peu l'absence de classiques comme "Double" ou "Everlast" ainsi que d'un choix des titres de From Chaos qui a exclu "Fucking Hate"... mais est-ce réellement important ? Tout le monde s'est éclaté et c'est ça qui compte.


Vainqueurs par KO. Les Black Bomb A ont remis les pendules à l'heure, et nous ont prouvé ce soir que malgré les galères et les changements de line-up ils sont intouchables dans leur catégorie. La prédominance des extraits de From Chaos a rendu le show moins métal, plus hardcore-punk... et ça fonctionne aussi comme ça. De toutes façons tant qu'ils existeront ce seront des tueurs sur scène. Espérons qu'ils existeront encore TRÈS longtemps !



Crédits photo :



Merci à Jean-Christophe !


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