CHRONIQUE PAR ...

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Pietro
le 23 mars 2009




SETLIST

Dawn of Creation (intro)
Prophecy
Metal Gods
Eat Me Alive
Between the Hammer and the Anvil
Devil's Child
Breaking the Law
Hell Patrol
Death
Dissident Aggressor
Angel
The Hellion (intro)
Electric Eye
Rock Hard, Ride Free
Sinner
Painkiller

Rappels

Hell Bent for Leather
The Green Manalishi (With the Two-Prong Crown)
You've Got Another Thing Comin´

Rappel

Living after Midnight

AFFILIÉ

Judas Priest
Hellfest (Clisson)
(19 juin 2015)
Hellfest (Clisson)
(19 juin 2011)

21 mars 2009 - Paris - Zénith


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Dix huit ans! Cela faisait dix huit longues années que Judas Priest ne s’était pas produit en France avec Rob Halford au micro ! Les vétérans de Birmingham n’avaient pas encore daigné nous rendre visite depuis le retour du Metal God en 2005, la tournée de reformation et celle de Angel Of Retribution évitant soigneusement notre beau pays. Autant dire que ce concert avait des allures d’événement.

Lorsque les lumières s’éteignent une nouvelle fois après les prestations de Testament et de Megadeth, l’introduction de Nostradamus retentit dans la sono. Le groupe débarque donc logiquement sur le titre 'Prophecy' qui ouvre le nouvel album, avec un Rob Halford qui sort du sol déguisé en vieillard devant s’appuyer sur un bâton pour marcher (qui a dit que ce n’était pas un déguisement ?). A la fin du morceau Rob disparaît et revient tout de suite avec le premier de ses nombreux blousons, vestes et manteaux recouverts de cuir et de clous, tel qu’on s’attend à le voir alors que le groupe enchaine sur l’immense classique 'Metal Gods', le si bien nommé. La fameuse marche du robot est bien exécutée par notre chanteur, qui fait preuve de son charisme si particulier. A l’opposée de la débauche d’énergie d’un Bruce Dickinson par exemple, il joue tout à l’économie, le moindre de ses gestes déclenchant ainsi la folie des fans. Le son est très bon là où se trouve votre serviteur, la scène est imposante avec ses plate formes latérales, sa batterie très surélevée et ses backdrops qui changent en fonction des morceaux joués. Mais c’est déjà un 'Eat Me Alive' et un 'Between the Hammer and the Anvil' très heavy et absolument magiques que le Priest nous offre. Nous aurons donc droit à la même set list que les shows de l’année dernière en festival.

Cette set list parlons en. En osant proposer de si nombreux morceaux rares, peu voire jamais joués en live, le Priest comble ses fans au-delà de leurs plus folles espérances. En revanche l’amateur plus occasionnel du groupe, qui ne connaît que les grands classiques, peut être légèrement frustré par l’absence de quelques pépites que l’on pourrait croire inévitables. Où sont passé 'Victim Of Changes' ou 'Beyond the Realms of Death' par exemple (non elles ne sont pas là où vous pensez, j’ai déjà regardé). Ce choix audacieux s’explique certainement autant par une volonté de surprendre les fans que par les impératifs liés à la voix d’Halford. Tout Metal God qu’il soit, celui-ci approche aujourd’hui la soixantaine et son organe vocal ne lui permet tout simplement plus certaines prouesses sur aigues dont il était capable dans le passé. Ceci étant dit, l’homme est en forme aujourd’hui, se permettant certaines notes et certains screamings qu’on pensait ne plus jamais entendre en live. Alors bien sur il passe beaucoup plus en force qu’à la grande époque, ses montées sont beaucoup plus hurlées que chantées, et sa voix est quelque peu noyée sous la reverb et le delay afin de faire passer la pilule. Mais l’homme chante mieux que l’été dernier, il parait plus en forme et mieux affuté.

Les surprises continuent avec le très rock 'Devil’s Child' et ses chœurs bien kitchs mais si jouissifs. Le grand classique 'Breaking the Law' met le feu aux poudres dans un zénith bien chaud et participatif, avant un nouvel extrait de Painkiller, l’excellent 'Hell Patrol'. Retour à Nostradamus avec un 'Death' lent, pesant et hypnotique, presque doom, que Rob chante assis sur un trône. 'Dissident Aggressor' est une autre surprise pour les fans qui n’espéraient plus entendre un jour cet extrait de Sin After Sin. Le pied, même si Rob éprouve quelques difficultés sur les notes les plus hautes. La ballade 'Angel', seule représentante de Angel of Retribution, remplace 'Diamonds and Rust' dans le rôle du moment d’émotion, avant un redémarrage sur les chapeaux de roue avec l’immortel 'Electric Eye' qu’on aurait quand même préféré en début de set. Le grand moment pour votre serviteur sera l’enchainement d’un 'Rock Hard Ride Free' fédérateur suivi d’un nouveau retour dans les années 70 avec le légendaire 'Sinner', sur lequel KK Downing se fait plaisir en balancant un long, très long solo très 70’s, avec force larsens et usage de son vibrato. Le métronomique Scott Travis se lance alors dans l’intro de batterie la plus mythique de l’histoire du metal : voici 'Painkiller'! Ce titre aurait peut être dû faire partie de ceux que le groupe a abandonné, mais les fans ne l’auraient sans doute pas accepté. Rob le chante comme il peut, on a parfois mal pour lui tellement il force, mais là encore il le passe plutôt mieux qu’en 2008. Sur le mythique solo en sweeping, Glen Tipton se montre par contre irréprochable.

Ce classique sonne la première fin du set. Un bruit de moteur se fait entendre et voici le gimmick que tout le monde attendait : Rob arrive sur scène en Harley Davidson sur un 'Hell Bent for Leather' repris en masse. Tipton se déchaine longuement sur sa guitare à la fin du morceau, semblant presque en transe et véritablement excité par la réaction du public Parisien. Un dernier duo de classiques avec 'The Green Manalishi' et un 'You've Got Another Thing Comin´' pendant lequel le Metal God fait longuement chanter le Zénith, puis le groupe quitte la scène. Définitivement ? Tout le monde le pense, tous les concerts de la tournée se sont en effet achevés ainsi. Quelle surprise alors de voir Scott Travis retourner s’asseoir derrière son kit en entamer un exceptionnel 'Living After Midnight'! Ce titre si festif sera encore une fois l’occasion pour Rob, drapeau français sur les épaules, de faire chanter le public sur tous les refrains. Cette fois c’est bien fini, il n’y aura plus de rappel.


Les retrouvailles du Priest et de son public Parisien auront donc été une franche réussite. Rien que le fait de voir cette salle pleine aura certainement donné du baume au cœur des anglais (rappelons qu’avec Ripper ils passaient à l’Elysée Montmartre…). Alors bien sur on peut toujours râler, bien sur Rob Halford n’a plus tout à fait la même voix qu’il y a quelques années. Mais l’essentiel est ailleurs, on pardonne volontiers au Metal God ses petites imperfections et on ne peut que savourer ce retour en force. Une fois de plus, une seule conclusion s’impose : The Priest is back !


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