CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
le 08 mars 2009




SETLIST

Introduction
Vamphyri
Fear Circus
Second Sight
The 5th Ankh
Dominate
Undead
Solo Stéphan Forté
From My Sleep…
Terror Jungle
Astral Pathway
Solo Frank Hermany
Panem & Circenses
This Love (Pantera Cover)
Archangels in Black
Fire Forever

Rappel :

Fear Circus

AFFILIÉ

Adagio
Hellfest (Clisson)
(21 juin 2009)

25 février 2009 - Paris - Nouveau Casino


Adagio_-_To-Mera_Paris_-_Nouveau_Casino_20090225

Ils nous l’avaient promis dans l’interview qu’ils nous ont donné dernièrement (lire ici), ils l’ont fait : Adagio était là ce soir au nouveau Casino, pour présenter leur nouvel album Archangels In Black (chronique ici). Échange de bon procédé avec To-Mera, groupe de métal progressif de Londres, qui assurait ce soir là leur première partie, tandis qu’Adagio assure la leur pour un prochain concert outre-Manche. C’est peu dire qu’Adagio n’a pas une grosse expérience de la scène, et malgré leur nationalité française, ils n’ont pas foulé les planches parisiennes depuis 2006 (concert à l’Elysée qui n’avait pas laissé un souvenir impérissable à la salle au deux tiers vides…)…c’est dire que les fans les attendaient au tournant.

Mais c’est d’abord To-Mera qui investit la petite – mais sympathique – scène du nouveau Casino. Après une introduction instrumentale pêchue, à base de gros riffs prog’metal (une fois de plus, Dream Theater meets Symphony X…), Julie, la jolie chanteuse du groupe, fait son apparition. Car oui, pour ceux qui ne connaissent pas To-Mera (et la majorité du public devait les découvrir ce soir là, même s'il y avait visiblement des connaisseurs dans la salle), To-Mera a en son sein une chanteuse. Il y a certes des métaleux allergiques au mélange, mais sur album, To-Mera (et d’autres) a su prouver – ou a au moins tenté… - que le mélange peut être viable. Sur scène, par contre, il en va tout autrement. Malgré le dynamisme de Julie qui sautille, ondule et assure le show, malgré des zicos autour très au point et un son carré et puissant, le show peinera à décoller, la faute à une chanteuse que l’on entend quasiment pas. Visiblement, l’ingé-son avait un mal fou à la faire surmonter la puissance instrumentale du groupe, du coup Julie était quasiment inaudible. Et même lorsqu’on l’entendait, sa voix manquait cruellement de puissance et d’assise pour dynamiser le public. Un aveugle assistant au concert aurait presque pu croire être en présence d’un groupe de prog… instrumental. Même lors de quelques passages plus posés, presque jazzy, la guitare acoustique renvoyait la chanteuse dans le néant. Fort dommage.

Après une courte pause, Adagio monte sur scène, au son d’une introduction dont le thème m’échappe… sans surprise, Adagio balance la sauce avec "Vamphyri", qui ouvre leur dernier album. Taillée pour la scène, avec son gros riff et son refrain dévastateur, le public était déjà conquis dès les premières notes du groupe. Ce concert était également l’occasion de découvrir Chris Palin, le nouveau chanteur du groupe, dont c’est l’un des tous premiers concerts (le quatrième) avec Adagio. Et ça se sent. Il y avait comme un décalage entre Palin, exubérant, ne pouvant s’empêcher de jacter durant les titres, durant les solos et les introductions, visiblement heureux comme tout d’être là sur scène, et Stephan Forté, concentré sur son jeu, faisant presque la gueule et regardant d’un œil torve Palin courir partout et faire le con. Si un tel enthousiasme faisait carrément plaisir, c’est dommage que ça ait parfois été fait au détriment de la musique, tant les interjections enjouées de Chris (« you’re Blessed !» « What a crowd !» « Are you alive ?») contrastaient parfois avec la musique d’Adagio, plus violente et sombre que jamais. Et quand Chris tend le micro à la foule pour inciter le public à chanter, il le fait… pendant un couplet ! Alors que d’immenses refrains ne demandaient qu’à être repris en chœur. À plusieurs reprises, Chris mangeait ses phrases à moitié à force de balader son micro et l’éloignait trop de son visage lorsqu’il montait en screaming, devenant du coup…inaudible.

Tous ces petits hics ont parsemé le concert, rattrapé heureusement par une playlist béton, faisant évidemment la part belle au petit dernier ("Vamphyri", "The 5th Ankh", "Astral Pathway", "Fear Circus" et l’énorme "Undead", qui a déclenché un pogo dans toute la salle avec son rythme puissant). Le reste de la discographie a été survolé, avec un seul titre d’Underworld ("From My Sleep…") et quelques-uns de Sanctus Ignis (dont le terrible "Panem & Circenses" aux lignes vocales redoutables de difficultés… pas facile de passer après David Readman). Une petite pause pour un solo de Stéphan et Franck, visiblement pas du tout sur la même longueur d’onde, malgré quelques échanges durant la démonstration – tout à fait superflue – et une autre pause pour un solo de Franck, qui fut durant tout le show impérial derrière sa tractopelle – pardon, sa basse 6 cordes. Plus surprenant, la reprise très réussie de "This Love" de Pantera en fin de concert, qui a permis aux fans déchainés d’en remettre une couche, et qui nous a montré l’étendue du talent de Chris Palin dans le registre mélodico-agressif. Après le moyen "Fire Forever", le groupe reviendra en rappel (non, il n’est pas question ici de descendre un bâtiment avec une corde) pour un "Fear Circus" qui clôture le show… titre déjà joué durant le show, alors que tant d’autre auraient pu être joués…("Next Profundis", "In Nomine"...). Bref, petite déception pour finir.


On retiendra donc de cette soirée un mélange de bonne humeur et de maladresse, à mettre sur le compte de la faible expérience scénique du groupe, et une symbiose entre le groupe et son chanteur à perfectionner. Quant au niveau technique, sans surprise, il est bel et bien là. Adagio, comparativement à Symphony X (non pas musicalement, car cette comparaison n’a quasiment plus lieu d’être, mais scéniquement), a tout à apprendre. Là où la bande à Roméo nous avait offert l’an passé un show parfait, Adagio reste sur scène un groupe qui manque de cohésion. Sans aucun doute, la pratique intensive de la scène (tournée cet été ?) y remédiera.



Crédit Photo : www.ritespr.fr


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5