CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
le 22 septembre 2007




SETLIST

The Enemy
Gothic
Ash & Debris
No Celebration
So Much Is Lost
Pity The Sadness
Praise Lamented Shade
Enchantment
Requiem
Grey
As I Die
Unreachable
One Second

Rappels :

Never For The Damned
Over The Madness
The Last Time
Say Just Words

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Après un In Requiem qui avait vu les métalleux dans leur ensemble célébrer le retour de Paradise Lost aux grosses guitares qui tachent (il faut dire que l'album était bon en plus d'être violent), il était temps de voir comment le groupe allait gérer cette brutalité sur scène. Mais cette curiosité n'aura pas non plus déplacé les foules en masses : si l'Elysée-Montmartre est loin d'être vide, on l'a déjà vu plus bondé

Après une première partie loupée pour cause de timing serré, c'est avec Eyes Of Eden que le concert commence. Certains membres du public haussent le sourcil en reconnaissant l'homme à la six-cordes : Eyes Of Eden est la nouvelle formation de Waldemar Sorychta, célèbre auprès des thrashers pour son rôle prééminent de guitariste dans Grip Inc., mais aussi célèbre auprès des goths pour avoir produit plusieurs albums de Moonspell, Tiamat et Lacuna Coil. Ce nouveau projet est pour sa part résolument goth, voire goth à l'excès... car Eyes Of Eden va délivrer une musique évidemment très carrée pour un deuxième concert - malgré quelques dérapages vocaux de la jolie blonde au micro - mais aussi extrêmement banale et convenue. On a l'impression d'être face à un mix de Paradise Lost et Within Temptation, et la présence de Waldemar à la guitare n'apporte rien tant les parties du bougre sont simplistes et dénuées de personnalité. C'est donc la section rythmique qui emporte le morceau grâce à un batteur sec et dynamique ainsi qu'à une bassiste technique et véloce, mais on sort de ce concert en étant bien incapable de retenir la moindre compo. Dommage...

 ... mais après tout ce n'est pas pour eux qu'on est venu, et quand Paradise Lost débarque sur scène les cris de la foule ne laissent aucun doute. Le groupe attaque sur "The Enemy" tiré de leur dernier album, et plusieurs impressions s'imposent d'entrée. La première : le son est bon, ce qui est toujours important. La deuxième : bien que sympathique et direct, ce titre n'est pas forcément le meilleur opener auquel Paradise Lost aurait pu penser. La troisième : si Nick Holmes chante juste et atteint ses aigus (ce qui est loin d'être toujours le cas), il chante aussi totalement en clair. Aucun grain dans sa voix, aucune trace de cette agressivité qui avait fait le bonheur des fans sur In Requiem. Et si cette approche vocale ne nuit pas forcément au titre en question, elle devient franchement gênante quand le groupe enchaîne sur un "Gothic"... méconnaissable ! C'est bien simple : sans l'annonce du titre par Holmes et l'intervention samplée du chant féminin, il aurait été impossible d'identifier cette chanson dominée normalement par un growl écorché. La sauce n'a donc toujours pas pris après deux titres et on s'inquiète un peu.

Fort heureusement, Paradise Lost va vite rectifier le tir. "Ash & Debris" est efficace mais c'est avec un "No Celebration" inattendu que le salut arrive : ce titre de Symbol Of Life fout le feu au public! Et une fois l'ambiance installée, Mackintosh et ses sbires ne la laissent pas redescendre. La version de "So Much Is Lost" jouée ce soir est survoltée tout en conservant le côté dansant et groovy de l'originale et provoque un triomphe, même si on aimerait bien que le groupe pense un jour à proposer un autre titre de Host dans sa setlist. "Enchantment" mérite son titre et enchante les fans, tandis que quand l'intro de "Requiem" monte on se dit que ça va faire mal... et ça ne loupe pas. Idem pour un "As I Die" beuglé (et annoncé!) par la foule, ou un "One Second" qui confirme son statut de tube, quelles que soient les critiques dont le disque a pu faire l'objet à l'époque. Le groupe est carré et se fait plaisir  : Steven Edmondson est toujours aussi stone et content, et Aaron Aedy en particulier est à fond et joue plié en deux tel le gratteux de néo moyen. Les rappels confirment l'impression positive : "Never For The Damned" et surtout "Say Just Words" (wow!) provoquent l'hystérie de la foule qui ovationne le groupe longtemps après sa sortie de scène.


Donc malgré un début de concert poussif, un Holmes incapable d'enchaîner ses différents registres qui se sera contenté de bien chanter en clair et la non-représentation fort étrange et un peu frustrante de l'album Icon, Paradise Lost a bel et bien prouvé que leur retour n'est pas qu'un feu de paille. Les nombreux titres d'In Requiem présentés au public (six sur dix-sept joués) ont tous très bien passé le cap de la scène, et le public est reparti globalement content. Reste à savoir ce que le groupe nous réserve pour l'avenir...


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