CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
le 08 février 2009




SETLIST

Groove Machine
Alright
Pleiades
Move Me
What Is This
Lost in Germany
Black Flag
Pray
Dogman
Go Tell Somebody
Julie
Looking for Love
Summerland
Over My Head
It's Love
We Were Born to Be Loved
Visions

AFFILIÉ

20 janvier 2009 - Paris - New Morning


King's_X_Paris_-_New_Morning_20090120

King's X en France, on n'y croyait plus ! Chaque année, on se disait « Mais bon sang, King's X a tant de succès que ça en Belgique ou au Luxembourg pour ne jamais passer à Paris ? ». D'où les craintes que l'on pouvait avoir au New Morning, un concert annulé faute de réservations. Heureusement, il n'en fut rien. La salle sera remplie d'authentiques fans, trop contents de retrouver le groupe ; le dernier passage français de King's X remontant à 1991, en première partie d'AC/DC.

King's X, c'est un peu comme Pearl Jam : des premiers albums excellents et ensuite, le début d'une routine (depuis Ear Candy en fait), avec un album tous les deux ans en moyenne, répétant inlassablement la même recette mid-tempo, riff gras et chœurs « Beatles-iens » sur le refrain. Si on ajoute à cela des albums solos et side-projects privilégiant la quantité à la qualité, le risque d'indigestion a toujours été très grand durant les années 2000. Mais en concert, pas d'inquiétudes à avoir, on se doute bien que King's X va piocher dans ses meilleurs titres. À la limite, leur répertoire est tellement vaste qu'ils peuvent piocher presque n'importe où, le risque
d'être déçu est mince.

C'est une véritable leçon de talent qui sera donnée aux Parisiens, entre les solos inspirés et peu démonstratifs de Ty Tabor, la frappe puissante et groovy de Jerry Gaskill et le son de basse maousse costaud de Doug Pinnick. Et vocalement, n'en parlons pas, le trio s'est montré à la hauteur, éblouissant de classe. Doug se laisse même allé régulièrement dans les aigus... manquerait plus qu'il nous fasse le coup de la reprise (massacre ?) de Van Halen, "Light Up the Sky" et ce serait parfait. De toute façon, l'essentiel du jeu de scène du trio repose sur Doug et ses abdos ; Ty Tabor n'étant pas vraiment du genre « charismatique ». Physiquement, il ressemble plus à un croisement entre Jordan Rudess et Steve Wilson.

Dès "Groove Machine", le ton est donné, King's X envoie du lourd, et directement enchaîné avec "Alright", ça ne rigole plus du tout. Le groupe en live assure une interprétation nettement plus vivante, spontanée de ses morceaux, moins rigide que sur album, et ce même si on peut recenser quelques pains par moments (sur "Summerland" surtout). Les titres du petit dernier, XV, sont à l'honneur, ils passent extrêmement bien l'épreuve du live avec "Pray" au son de basse énorme, la belle ballade "Julie" chantée par Jerry Gaskill, un "Alright" au tempo enlevé, un "Go Tell Somebody" musclé... King's X ne s'attardera pas trop sur Dogman, Ear Candy et Tape Head (un titre chacun seulement). Aucun titre de Please Come Home... Mr Bulbous, Manic Moonlight et Black Like Sunday ne sera joué, rien d'étonnant à cela puisqu'ils font partie de la période « noire » du groupe. Rien non plus d'Ogre Tones, ça par contre c'est plus étonnant.


La présence surprenante de "We Were Born to Be Loved" fera un peu retomber la pression, avec son final interminable sur disque (le passage le plus long et ennuyeux de Faith Hope Love pour tout avouer). Ce morceau, au rythme saccadé, est peut être trop complexe et pas tellement taillé pour le live. Un bref clin-d'oeil de Ty Tabor à la victoire d'Obama, un karaoké sur "Over My Head" et c'est pesé, impression plus que positive pour ce retour de King's X en France qui, on l'espère, appellera d'autres concerts hors de Paris.


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