CHRONIQUE PAR ...

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Dexxie
le 06 février 2009




SETLIST

Oroborus
The Heaviest Matter of the Universe
Backbone
Love
From the Sky
A Sight to Behold
The Art of Dying
(Solo de batterie)
Clone
Flying Whales
Toxic Garbage Island
The Way of All Flesh
Terra Incognita
Vacuity
(+ diverses interludes)

AFFILIÉ

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31 janvier 2009 - Strasbourg - La Laiterie


Gojira_Strasbourg_-_La_Laiterie_20090131

Strasbourg, 17h. La nuit se met à tomber sur l'Est de la France. Le tour bus noir de Gojira est garé devant ce lieu de pèlerinage qu'est la Laiterie. Quelques fanatiques déjà possédés par les démons Absinthe et Cervoise sont réunis en compagnie de certains des bouchers-charcutiers qui officieront ce soir. On croise notamment le guitariste de Gojira, à qui on est tenté de demander d'écraser un gobelet en s'écriant « C'est clair ! » Après avoir mangé une tarte flambée assaisonnée à la bière (ou vice versa), les hordes des armées de métalleux peuvent à présent se diriger vers leur salle de concert préférée... la bataille commence.

On débute les hostilités en accueillant le groupe de thrash/death old school No Return, groupe français fondé en 1989. Aucune concession, ces gens-là nous en mettent plein les oreilles, en prenant visiblement un certain plaisir à être avec nous. Bref, du bon vieux death. Bien de chez nous, en plus. Joe Duplantier, vocaliste de Gojira, déclarera d'ailleurs entre deux des morceaux de son groupe que c'est un grand honneur de jouer en compagnie de ces messieurs. On passe ensuite à la deuxième baffe de la soirée, j'ai nommé Trepalium, qui eux aussi nous envoient un son d'une grande qualité. Outre les Walls of Death et autres effets d'ambiance, c'est de la musique très intéressante que nous servent ces gaillards, avec des accords bien cherchés, un son assez propre, et, surgit de nulle part, mais pour notre plus grand plaisir, un petit passage complètement jazzy tout à fait excellent et exécuté à merveille. Pour eux aussi, Monsieur Duplantier déclarera que c'est un plaisir de jouer avec leurs « potes » qu'ils ont embarqué avec eux en tournée.

Il fait de plus en plus chaud dans la salle Strasbourgeoise, qui est complètement bondée. Pour la troisième fois, les lumières s'éteignent et le public commence à crier « Gojira ! Gojira ! Gojira ! », n'en pouvant visiblement plus de contenir toute sa rage. Il faut savoir que le formation n'en est pas à sa première fois dans cette Laiterie, qui se souvient comme si c'était hier du concert de décembre 2005, dans le cadre du Sirius Tour. La bande à Joe avait alors enflammé l'atmosphère, en servant un best-of de leurs vieux albums et une bonne partie de leur sortie de l'époque, From Mars To Sirius, sans parler de l'excellent rappel constitué entre autres de "Bleeding", issu de leurs débuts avec la démo Possessed. Un bon petit retour aux racines de ces Français, mais avec un sacré changement dans leur son par rapport à l'époque. Il va falloir faire fort pour surenchérir, et pourtant, on pourra affirmer en fin de soirée qu'il n'y a absolument pas eu de baisse de régime de la part du quatuor.

On commence le set par le morceau "Oroborus", issu de leure dernière galette en date, The Way of All Flesh (chronique ici), que votre serviteur, autant vous le dire tout de suite, ne connait pas bien. C'est donc à travers des oreilles toujours plongées dans l'ambiance de From Mars To Sirius et donc ouvertes à la nouveauté que je vous propose ce rapport. Avec une telle entrée en matière, on comprend très vite que ces Messieurs conservent leur forme olympique (et je pèse mes mots). Le son est épiquement bon, et on entend très bien ce qui se passe sur scène. De plus, des effets, particulièrement sur la voix, instaurent en duo avec les projections vidéos dans l'arrière-plan de la scène une ambiance des plus particulières, chose dont malheureusement bien peu de groupes en France peuvent se vanter, et qui est désormais une partie intégrante de Gojira. On aura droit à divers morceaux du dernier album, ainsi que des trois autres disques, et même au morceau "Terra Incognita" issu de leur démo sortie en 1999.

Concernant l'attitude des musiciens, qui sont une fois de plus très professionnels, on ressent tout de même un plaisir certain par rapport à leur présence chez nous, et chez eux. Le guitariste Christian Andreu est assez posé mais la joie d'être ici est perceptible. Le chanteur, guidant la bande avec brio, et n'ayant pas pris la grosse tête pour un sou en raison de sa collaboration avec d'autres musiciens renommés, se sert toujours de son organe vocal avec cette manière de faire si particulière et son timbre reconnaissable entre mille. Le bassiste Jean-Michel Labadie met le feu aux poudres de son côté de la scène, en thrashant une fois de plus comme une véritable bête et en se servant de sa basse comme Thor se fut servi de son marteau. Et enfin, le batteur, Mario Duplantier, autour duquel règne toute une ambiance. En plus d'être un batteur d'exception, le personnage jouit devant sa relique en marbre d'une présence scénique tout simplement ahurissante, fait qui d'ailleurs est assez rare chez un batteur.


Un concert mémorable, une ambiance très particulière, deux groupes de première partie pas désagréables, des musiciens très pros et très sympathiques. Gojira est désormais clairement un groupe d'exception, et on comprend une fois de plus aisément pourquoi la plupart des métaleux français leur concèdent volontiers leur statut de délégués du metal français à l'étranger...

Crédits photo : www.myspace.com/gojira


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