CHRONIQUE PAR ...

14
Dr Gonzo
le 24 novembre 2008




SETLIST

N/C

AFFILIÉ

Loading Data
Paris - Glaz'art
(19 novembre 2008)

Bukowski
Paris - Trianon
(26 mars 2014)
Paris - Le Divan Du Monde
(13 mai 2013)

13 novembre 2008 - Paris - O'Sullivan By The Mills


Loading_Data_-_Bukowski_Paris_-_O'Sullivan_By_The_Mills_20081113

Les nouveaux espoirs du rock en France étaient le jeudi 13 Novembre au pub le O’Sullivan, dans la belle ville de Paris. Voila, je crois, la pire entrée en matière possible pour introduire cette soirée, même si en me torturant les méninges et en me mettant dans la peau d’un critique professionnel, je puisse trouver plus infect. Mais le fait est, ils étaient jeunes, beaux, sentaient bons la lavande douce, et faisaient du rock’n’roll, alors pourquoi nier l’évidence ?

D’abord, précisons que les deux groupes partageaient l’affiche avec un troisième, L-Dopa, première partie des shows de Brant Bjork ces deux dernières années. Mais bougre de malchance, je les ai ratés, arrivant trop tard, ne pouvant donc rapporter avec fidélité et distinction la performance qui fut la leur ce soir là. On se contentera donc de Loading Data et de Bukowski, les deux groupes apparaissant dans cet ordre-ci, d’ailleurs.

Une fois Loading Data sur scène, ce n’est qu’une question de secondes avant qu’un bulldozer sonore ne vienne exploser les tympans de quelques malheureux qui ont répondu présent au cours de cette soirée. Le trio ne semble pas adepte des mises en scène policées et des crescendos ambiancés annonçant que le groupe est monté sur scène. Ici, tout est direct, in your face et écrasant. Le temps de s’habituer au niveau sonore, et on commence à s’apercevoir que le son global n’est pas franchement top, sourd dans le mauvais sens du terme, et plus poussif que puissant. Pour les avoir vus en première partie d’Hermano l’année dernière et de Brant Bjork cette année, je mets sans hésitation cette faiblesse sonore sur le compte de l’ingé son et de la salle. Enchaînant les morceaux de leur dernier album, le groupe s’arrête régulièrement pour demander plus de basse dans les retours, de régler ceci, ou cela, alors qu’à plusieurs reprises disparaîtra le son de la guitare. Bref les approximations techniques viennent ternir un tableau déjà entaché par une performance dont la nonchalance assumée porte cette fois-ci préjudice à l’ensemble.

Les morceaux sont efficaces, et donnent envie d’onduler le corps entier en rythme avec la musique, mais l’exécution manque cette fois-ci d’un je-ne-sais-quoi permettant au tout de décoller. La voix du chanteur, grave et cuivrée portant à trois kilomètres au moins est parfois noyée derrière le mur de guitare et de basse, et parfois, surnage sur le reste, bouffant la moitié des fréquences. Heureusement, il chante juste, mais le groupe n’est globalement pas aidé d’un point de vue technique ce soir là. Devant un parterre de chalands clairsemés, les gros titres du groupe (Do It On the Beach, Name It, Circus Blues) s’enchaînent et remplissent leurs rôles, n’offrant qu’à peine plus que le minimum syndical. Bien, mais peut mieux faire (et mieux sera fait moins d’une semaine plus tard, lors de la première partie explosive du concert de Brant Bjork.)

Dernier groupe de la soirée, Bukowski entre ensuite en scène. Il s’agit à nouveau d’un trio, aux orientations largement plus pop et radio-friendly, l’ambiance est moins sombre, et on quitte les déserts narcotiques de Loading Data pour quelque chose de plus adolescents. L’aspect technique semble être ici plus au point, et le groupe peut attaquer à coups de gros riffs et de sauts de cabris intempestifs. Niveau son, à peu près pareil que pour le groupe précédent, et nos conclusions sont formels, la salle y est pour quelque chose. L’énergie est là, mais l’ensemble des compositions me laisse une impression en demi-teintes, avec de bons riffs, de bons rythmes, contrebalancés par des parties chant aux accents pop-punk (dans le meilleur des cas, ça s’approche d’Alice In Chains, mais c’est rare) et quelques breaks parfois poussifs, fleurant le néo-metal. Rien de scandaleux, simplement pas ma came. La performance reste à voir toutefois, même si le frontman à peut-être tendance à trop s’éterniser lors des transitions entre les morceaux. A signaler un sympathique featuring du chanteur de Loading Data, sa voix jurant totalement avec celle du chanteur de Bukowski pour un résultat assez fleuri.




Une soirée pas totalement convaincante, en résumé. Le potentiel est là, mais d’un point de vue logistique, ça n’a pas l’air de suivre derrière : manque de promotion (trente personne à tout péter dans la salle), son pourri et mal géré et à l’arrivée, un goût d’inachevée et une sensation de gâchis. Ces groupes ont largement les épaules pour prendre la relève d’une scène française à la fraîcheur douteuse, et rassembler un large public –Bukowski, même si je suis pas fan, pourrait devenir le Foo Fighters français – Mais forcement, à 10€ l’entrée dans une salle à l’acoustique un peu triste pour des groupes pas médiatisés pour un sou, il faut avoir le sens du sacrifice.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6