CHRONIQUE PAR ...

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Pietro
le 08 novembre 2008




SETLIST

The Treason Wall
The New Build
Focus Shift
The Lesser Faith
Wonders at Your Feet
Lost to Apathy
Freecard
Inside the Particle Storm
Nothing to No One
Edenspring
Insanity's Crescendo
Lethe
Dreamlore Degenerate
Misery's Crown
Therein
My Negation
Yesterworld
Punish My Heaven

Rappels

The Mundane and the Magic
Final Resistance
Terminus (Where Death Is Most Alive)
Outro : Ex Nihilo

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Dark Tranquillity
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31 octobre 2008 - Milan - Rolling Stone


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Les derrières apparitions de Dark Tranquillity sur scène avaient toutes quelque chose de frustrant. A la sortie de Character en 2005 le groupe a en effet tourné en Europe en première partie de Kreator, puis pour Fiction en 2007 en co-tête d’affiche avec Soilwork ou Chimaira… mais jamais en tête d’affiche. Un vrai bon et long concert de Dark Tranquillity, avec leur propre scène, leurs propres moyens et une set liste conséquente, voila ce que beaucoup attendaient.

Et c’est chose faite en cette fin d’année 2008. Enfin ! Sous le prétexte de fêter avec anticipation les 20 ans du groupe (qui seront effectifs l’année prochaine), le groupe boucle enfin le cycle de l’album Fiction par une tournée européenne digne de ce nom d’une vingtaine de dates en tête d’affiche. Intitulée Where Death Is Most Alive Tour 2008, ce périple inclut également les compagnons de label des Suédois que sont les jeunots de Fear My Thoughts ainsi que Poisonblack, le groupe de Ville Laihiala, frontman des regrettés Sentenced. L’excitation était donc à son comble, d’autant plus que le combo de Göteborg a annoncé que la date de Milan serait filmée et enregistrée pour son prochain DVD live! Inutile de préciser que la perspective de participer à une page de l’histoire d’un de ses groupes préférés a mis votre serviteur dans un état d’excitation rare.

Malheureusement à cause d’un impératif malheureux le trajet prend du retard et lorsque votre serviteur entre dans la salle Dark Tranquillity est déjà sur scène. On apprendra plus tard que pour des raisons de logistique dues à l’enregistrement du DVD le concert a commencé beaucoup plus tôt que prévu, et les premières parties ont du écourter leur set. Pas de Fear My Thoughts ni de Poisonblack donc, mais surtout j’aurais manqué le début du concert... Pas de temps à perdre, une fois la déception passée il faut se plonger immédiatement dans l’ambiance. Première constatation : le son est excellent dans cette très belle salle moderne qu’est le Rolling Stone, et surtout il n’est pas trop fort, tout à fait supportable sans protections auditives, juste ce qu’il faut de puissance pour être happé par la musique. De plus le groupe a fait quelques efforts au niveau du décor de scène, avec notamment un écran (pas très grand malheureusement) sur lequel sont diffusées des animations basées sur les illustrations et l’imagerie du groupe, œuvre du guitariste Niklas Sundin.

Comme d’habitude on est toute suite captivé par la présence de Mikael Stanne. Cet homme est un des meilleur frontmen du death metal, c’est un fait établi, mais ce soir il semble encore plus impliqué que d’habitude, si c’est possible. C’est bien simple on ne voit que lui, tous les regards sont braqués sur ce grand rouquin barbu en chemise noire qui ne tient pas en place. A tel point que l’on met un long moment avant de réaliser qu’il y a un nouveau membre sur scène ! Daniel Antonsson remplace en effet Michael Nicklasson à la 4 cordes sur cette tournée (il deviendra un membre officiel quelques jours après ce concert). À peine moins remuant que son prédécesseur, il semble beaucoup plus à l’aise que lorsqu’il était guitariste de Soilwork. Les deux guitaristes, Niklas Sundin et Martin Henriksson, sont plus discrets mais ce soir, événement oblige, ils ne sont pas avares d’efforts pour remplir la scène. Au fond on retrouve le batteur et le claviériste, chacun en hauteur sur une estrade qui permet d’apprécier leur jeu.

Mais ce soir il y a un septième membre du groupe, et c’est lui qui vole la vedette: le public Milanais est extraordinaire, et je pèse mes mots. Bien sur il réagit à la moindre des sollicitations de Stanne qui le tient dans le creux de sa main, mais pas seulement. Les fans Italiens du groupe sont heureux d’être là et ils le font savoir. Tout le monde pogote et slamme dans un esprit excellent, positif et joyeux. Si quelqu’un tombe par terre, tout le monde l’aide à se relever et à repartir de plus belle dans cette ronde infernale. Et les Italiens savent donner de la voix. Non seulement ils chantent toutes les paroles souvent dans un yaourt italo-anglais très drôle, scandent le nom du groupe ou de son chanteur à la moindre occasion (Stanné ! Stanné !) mais ils chantent également la moindre mélodie de guitare ou de clavier, tous les riffs voire même les solos ! Impressionnant, vraiment.

Quand à la setlist, DT avait promis une sélection spéciale couvrant l’ensemble de leur carrière et le groupe n’a pas menti. Tous les albums sont représentés dans ce qui apparaît comme le compromis idéal entre le best of parfait (tous les tubes sont là), les clins d’œil aux très vieux fans avec des extraits du tout premier album (sur lequel chantait Anders Friden d’In Flames), les surprises ("Freecard", "Dreamlore Degenerate") et la promo du dernier album en date (pas moins de 7 titres seront extraits de l’excellent Fiction) ! Un rêve éveillé pour les fans. Première surprise de la soirée lorsque le groupe entame le magnifique "Insanity's Crescendo" (joué pour une fois en en entier!) et qu’apparaît sur scène Nell Sigland de Theatre of Tragedy qui chante ce titre en duo avec Stanne. Difficile de citer les autres moments forts sans recopier la setlist entière. On peut quand même noter des versions anthologiques de "Misery's Crown" ou "Therein", littéralement transcendés par la participation du public, ou encore un "Punish My Heaven" (précédé par l’introduction de "Yesterworld") particulièrement hargneux dans la fosse. En rappel le groupe entame "The Mundane and the Magic" qui n’avait encore jamais été joué sur scène, et sur lequel Nell Sigland refait une apparition comme on pouvait le deviner (c’est elle qui chante sur la version studio). Un violent "Final Resistance" voit Stanne se jeter une dernière fois dans le public, avant que le tube qu’est déjà devenu "Terminus" ne mette un terme malheureusement définitif à cette soirée.


Dark Tranquillity aura pris son temps avant de tourner en tête d’affiche, mais le moins qu’on puisse dire c’est que l’attente en valait la chandelle. Ce concert historique n’a pas déçu, tous les éléments étaient réunis pour en faire une date inoubliable. Le groupe n’avait pas le droit à l’erreur en choisissant cette unique date pour tourner leur DVD, et il ne s’est pas trompé. Si on y retrouve ne serait-ce qu’un dixième de l’ambiance du concert, on aura certainement le DVD de l’année entre les mains…


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