CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
le 26 octobre 2008




SETLIST

Charge :
Fantasy
One
Juste Want More
Ain't My World
Ride On
8 Miles
84
Charge
Last Drive

Chicken Destroy :
Ghost Hide The Sky
Terror Day
Black Word Underground

Condamned Before Judgement :
Apocalyptic Vision
Muder Party
From Glory To Annihilation
Over The Rim

Kruger :
Holy Fire
Ammunition Matters
Queen Of The Meadow
Hummers VS Pedestrians
Driverun
Graveyard Party
Crusaders
Rappels :
Speedometer
Hurricane (Kyuss cover)

AFFILIÉ

Kruger
Hellfest (Clisson)
(20 juin 2008)
Paris - La Locomotive
(30 mai 2008)

22 octobre 2008 - Paris - Espace B


Kruger_-_Chicken_Destroy_-_Charge_-_Condamned_Before_Judgement_Paris_-_Espace_B_20081022

Chez les Éternels, on les avait vus à la Locomotive, puis au Hellfest, accroissant sensiblement le nombre de spectateurs venus les voir. Cette fois, c'est à l'Espace B que les Suisses de Kruger se donnent en représentation, avec en première partie les groupes Charge et Chicken Destroy... Mais attendez, vous avez vu la taille de la salle ? Comment va donc faire Reno, chanteur de Kruger ?

Car oui, les dimensions de la salle de l'Espace B n'ont pas grand chose à voir avec la Locomotive ou encore la scène du chapiteau au Hellfest. Qu'importe pour l'instant, les Parisiens de Charge s'en sortent très bien, en ouvrant la soirée avec un set bien agréable. Le groupe propose un metal mâtiné de rock joliment exécuté et comportant des aspects assez originaux, comme des skanks joués à la guitare saturée. Tout est joué de manière carrée et bien en place, même si quelques pains sont parfois à déplorer pour certains soli et parties de batterie. Le bassiste-chanteur s'en sort plutôt bien, accompagné de temps à autre par l'un des guitaristes. Le son est globalement de bonne facture, une chose visiblement peu aisée vu la salle et le style joué, même si l'on se demande parfois si les micros chant sont vraiment indispensables, tant on entend bien le chanteur quand il lâche un « Yeah ! » hors micro. Après une blague sur le sens du mot « éponyme », le groupe enchaîne comme par hasard par leur titre éponyme puis un dernier morceau. La soirée a fort bien commencé, tandis que Charge laisse la place au groupe suivant...

C'est donc au tour de Chicken Destroy de monter sur scène. Avec un tel nom (ou plutôt calembour), difficile de ne pas comprendre que l'on va vraisemblablement se prendre du thrash dans la poire. Et pourtant, surprise : le groupe démarre son set avec un titre contemplatif qui tend plus vers le postcore à la Neurosis que le thrash à l'américaine. Un morceau par ailleurs réussi, qui tranche cependant avec ce qui suit. En effet, Chicken Destroy se montre digne de son nom décidément très drôle et sert au public un bon thrash, servi par des riffs sympathiques et surtout par une batterie qui tabasse. Vers la moitié du set, le chanteur guitariste s'adresse au public, lui révélant qu'il s'agissait du dernier concert du combo. On assiste alors à un événement plutôt rare : la métamorphose d'un groupe en un autre. Débarque sur la scène un nouveau chanteur et hop : Chicken Destroy est devenu Condamned Before Judgement ! Ce changement se ressent surtout chez les musiciens, dont la présence scénique monte d'un cran, visiblement galvanisés par la présence du nouveau membre (qui passera le concert plié en deux, lisant ses textes par terre). Une amusante surprise.

Après cette pirouette, c'est à Kruger de monter sur scène, ou plutôt sur la petite estrade qui fait office de scène. Les concerts précédents ont justifié les craintes quant à la taille de la salle : Reno va vraiment manquer de place. Cependant, la donne change lorsque l'on voit que son pied de micro se situe... dans la fosse. Et le groupe de démarrer les hostilités avec "Holy Fire". Le son global est relativement bon, mis à part le chant qui est trop en retrait. Les musiciens sont comme à l'accoutumée déchaînés tout en étant en place, les guitaristes délivrant leurs riffs entre postcore et death et le batteur enchaînant ses plans sans problème aucun. Sur le titre suivant, on sent une différence sensible au niveau du chant : non seulement on l'entend bien mieux, mais surtout, on l'entend dans les enceintes. On se rend alors compte que depuis le début du set, le micro chant n'était pas branché. Quand on vous disait que ce Reno est un phénomène. Car il faut l'avouer : un concert de Kruger, au delà de la musique, c'est surtout un « Reno Show ». Fi de la faible taille de la salle, l'homme saute, rebondit sur les murs, se balade dans le public, avec ou sans micro... Impressionnant.


Avec près d'une heure et quart de set, Kruger aura fini d'épuiser la cinquantaine de personnes présentes ce soir. Qu'importe le nombre de spectateurs dans le public, qu'importe la salle, les Suisses se sont donnés à fond et sans concession, pour un résultat barré et rock'n roll à souhait. Respects.


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