CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
le 09 octobre 2008




SETLIST

N/A

AFFILIÉ

Evergreen Terrace
Paris - Elysée Montmartre
(03 décembre 2009)

Walls Of Jericho
Paris - Elysée Montmartre
(03 décembre 2009)
Wacken Open Air (wacken)
(31 juillet 2009)

09 octobre 2008 - Paris - Gibus


Evergreen_Terrace_-_The_Red_Chord_-_Cataract_-_Walls_Of_Jericho_-_Animosity_Paris_-_Gibus_20081009

Une affiche bourrée jusqu'au trognon, une tournée collective qui écume l'Europe, un groupe de metalcore qui monte qui monte en tête d'affiche... et Evergreen Terrace, groupe de hardcore punk américain ayant eu l'honneur de voir ses deux derniers albums chroniqué par les Eternels. Curieux je suis donc en me rendant à l'édition parisienne de cette grand-messe de tout ce qui finit par "core".

Quand Animosity monte sur scène le constat d'impose instantanément : même si le public est composé essentiellement de coreux (l'uniforme casquette-baggy ne trompe pas), l'affiche de ce soir sera variée. Preuve en est le son complètement halluciné des Californiens : hurlements alternés death / core, maelström rythmique permanent, violence de tous les instants et folie furieuse, tout ça évoque beaucoup plus The Dillinger Escape Plan que Madball ! Cette déferlante mathcore / death metal prend l'auditoire de court pour commencer, le coreux ayant besoin d'un rythme syncopé stable pour balancer ses fameux high-kicks rotatifs dans le vide. Heureusement la grande qualité du son ainsi que la présence du beugleur déchaîné Leo Miller suffiront à mettre graduellement le feu. La technicité des musiciens est très impressionnante : le bassiste a une tendance à partir en tapping dès qu'il peut et les blasts du batteur sont presque effrayant. L'ambiance va crescendo, et Animosity sort de scène sous les vivats d'une foule qui est passée de l'hébétude à l'enthousiasme.

The Red Chord enchaîne et confirme la tendance de la soirée : on n'aura pas de hardcore old-school tout de suite. Le chant ultra-saturé (on pense à Kruger version death), les innombrables breaks où le tempo ralentit inexorablement pour flirter avec le doom, les beatdown hardcore très rare... on est dans un autre univers. Un univers étouffant, où la folie débridée d'Animosity est remplacée par une schizophrénie lancinante où le passage à l'acte brutal n'est jamais très loin... et finit par débarquer, incarné par l'avant-dernier titre joué qui va concurrencer le groupe précédent sur son terrain à grand coups de leads de guitare frénétiques et de chaos ambiant. Dommage que cette libération n'arrive que si tard par contre : les errements des deux premiers tiers du show auront contribué à plomber un peu l'ambiance tant la musique manque de points de repères. Le public respecte la performance du groupe (si c'est brutal, c'est forcément bien) mais personne ne s'éclate réellement. Dommage...

Puis le sauveur, le Messie arrive : Cataract ! Le groupe suisse sera en effet le seul groupe de pur hardcore que je verrai jouer, et ils vont s'en donner à coeur joie. Le chanteur a beau ne pas avoir le Français comme langue maternelle (ce sont des Suisse-Allemands) il s'en tire extrêmement bien et harangue la foule entre deux hurlements sur fond de riffs en deux-temps. Cataract joue principalement des titres speed bien dans la tradition, entrecoupés de bon gros beatdowns syncopés comme on les aime, le tour saupoudré d'un soupçon de métal. Comme tout ceci est ultra-carré, énergique et bien fichu en plus d'être fédérateur au niveau du style, la foule peut enfin se lâcher complètement. Le pit devient donc une zone de guerre totale où bras et jambes fusent de tous les côtés, au point que le chanteur rappellera plusieurs fois à la foule qu'il est nécessaire de faire gaffe un minimum pour ne pas s'estropier les uns les autres. La présence des musiciens est forte, le son est encore une fois parfait et en plus on n'a pas l'impression d'écouter 10 fois le même titre basé sur le même riff (pensons à Onesta)... le succès du groupe est donc amplement mérité.

Evergreen Terrace débarque à 22h00, et si les premiers groupes ont détonné par leur violence on les retiendra comme l'OVNI de la soirée. Il y a déjà l'improbable chanteur Andrew Carey, ange blondinet devant peser 35 kilos qui devient une autre personne une fois la musique lancée. A la fois ultraviolent et précieux voire effeminé dans sa gestuelle, c'est un poème à lui tout seul... mais on ne l'entend pas hurler ! Idem pour le chant clair de Craig Chaney, complètement enfoui dans le mix. Cet handicap imprévu n'aidera pas le public à accrocher, d'autant que l'orientation beaucoup plus mélodique du combo leur vaut des remarques disgracieuses. Evergreen ne rentre pas dans le moule, et s'ils emportent le morceau c'est grâce à leur formidable énergie collective (c'est le premier groupe où tous les membres font le show) , ainsi qu'à certains gros tubes méchants comme le "Bad Energy Troll" du petit dernier Wolfbiker (chronique ici). Le tout restera quand même très chaotique, certains membres du public allant jusqu'à arracher Carey de la scène ! Etrange set...

Pour clore la soirée, les visiblement très cultes Walls of Jericho prennent la scène d'assaut, et c'est une tuerie instantanée. Menés par une frontwoman fantastique (Candace Kucsulain), remontés comme des pendules, les membres du combo de Detroit vont atomiser une assistance totalement dévouée à leur gloire. Pile à la limite entre thrash, punk et core, le groupe balance sans arrêt un metalcore furieux dont la puissance semble augmenter en permanence. Chaque nouveau plan est plus décorne-buffle que le précédent, chaque nouvelle partie de ping-pong de hurlements entre Candace et ses petits camarades fait un peu plus mal que celle d'avant. C'est un mur, une avalanche, un 33 tonnes lancé à pleine vitesse par des conducteurs épileptiques... c'est proprement ahurissant d'intensité permanente. Le groupe manie aussi bien l'énergie négative que positive : la haine brute des morceaux cohabite sans souci aucun avec l'interaction franchement joviale avec le public, invité sans cesse à venir sur scène et à s'éclater le plus possible. Quel dommage que le groupe n'ait pas de distribution en France, car il y a là du matériel à référence.


Mis à part quelques détails logistiques malheureux (son moins bon sur Evergreen Terrace, demi à 5 euros passé 20h), le Hell On Earth aura donc été un franc succès. Malgré le concert d'In Flames et Gojira au Zénith le public a répondu présent, les concerts ont eu lieu à l'heure, l'ambiance était là... on ne peut que déplorer que le public soit beaucoup plus tolérants quand une musique est plus violente que prévu (Animosity, The Red Chord) que quand elle est plus gentille que la moyenne (Evergreen Terrace). Mais bon, tel est le public et on ne le changera pas ! En attendant vivement une autre tournée du même genre...


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