CHRONIQUE PAR ...

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Painlesslady
le 28 septembre 2008




SETLIST

Anathema
Deep
Empty
Closer
A Natural Disaster
Angelica
One Last Goodbye
Flying
A Dying Wish
Sleepless
Shroud of False
Fragile Dreams

My Dying Bride
Here In The Throat
Songless Bird
From Darkest Skies
Cry Of Mankind
Snow In My Hand
Vast Choirs
The Dreadful Hours

Paradise Lost
Hallowed Land
Remembrance
Never for The Damned
Erased
No Celebration
Elusive Cure
Shadowkings
Ash & Debris
As I Die
The Enemy
Gothic
Enchantment
Requiem

rappels :

Say Just Words
One Second
The Last Time

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18 septembre 2008 - Paris - Bataclan


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Nick Holmes avait annoncé dans une interview de Rock Hard que Paradise Lost fêterait ses 20 ans de carrière dignement avec des concerts exceptionnels aux côtés de leurs camarades de l’écurie Peaceville : Anathema et My Dying Bride. Le « Big Three » du doom/death anglais a donc tenu parole et donné 3 concerts anniversaires à Krefeld (Allemagne), Paris et Londres. Même s’ils ont depuis suivi tous les trois des chemins musicaux différents, c’est un vrai plaisir de les retrouver sur scène et, on espère, de réentendre des vieux classiques de leurs jeunes années.

Le temps que votre dévouée reportrice arrive au Bataclan, Anathema est déjà sur scène et a entamé son show. La bande à Cavanagh a manifestement l’air ravi d’être là et se donne à fond pour chauffer la salle. A part quelques petits soucis techniques et de petits larsens désagréables, le son est plutôt bon et la musique atmosphérique d’Anathema, accompagnée de jeux de lumières, rend très bien en live. Le groupe a d’ailleurs pour l’occasion tenu à jouer un titre de chacun de ses albums. Evidemment, étant plutôt adepte de la période doom/death du combo, je n’ai peut-être pas apprécié ce set autant que les fans d’aujourd’hui mais j’ai quand même eu grand plaisir à entendre des vieux morceaux, comme "A Dying Wish" de l’excellent album The Silent Enigma, réadaptés à leur style actuel. Leur prestation fut donc largement à la hauteur même s’il est un peu difficile de faire bouger une salle avec ce genre de musique en première partie. Le public était un peu mou et les frères Cavanagh ont vraiment fait de leur mieux pendant 1h pour faire passer leur musique et leur enthousiasme.

Changement de décor et d’atmosphère 20 minutes plus tard avec l’arrivée sur scène de My Dying Bride et son charismatique leader Aaron Sainthorpe. On note tout de suite le retour du violon avec la nouvelle claviériste/violoniste et je remarque aussi que le bassiste est en fait une bassiste, plutôt impressionnante d’ailleurs. La set-list s’avère plutôt orientée vers la vieille période du groupe et finalement, ce n’est pas si étonnant. My Dying Bride est en effet le seul groupe des trois qui soit resté proche de son style d’origine et Sainthorpe passe du growl death au chant clair sans aucun problème. Nous avons même eu droit à leur toute première chanson tirée du premier album, "Vast Choirs". Pour ma part, ce fut un vrai pied, un pur moment de doom/death ténébreux qui envoie le bois. 7 minutes de bonheur mais qui apparemment qui ne furent pas au goût de tout le monde. Le public venu en majorité pour Paradise Lost apparemment (et certainement peu d’entre eux doivent apprécier les débuts à la Lost Paradise d’ailleurs) s’est montré en retrait, voire même perplexe, pendant la prestation de My Dying Bride. Il faut dire que Sainthorpe, théâtral à souhait, s’en donne à cœur joie (si on peut utiliser le mot joie pour parler de My Dying Bride) dans les mimiques et les pauses. Je comprends que ça puisse dérouter mais ça colle bien à l’ambiance sombre et mélancolique qui se dégage de la musique. Il semble vivre les paroles qu’il chante, un vrai interprète. Au moins ceux qui pensaient encore que le groupe ne jouait que du doom lourd et chiant agrémenté de violon savent maintenant à quoi s’en tenir. Nous avons aussi eu droit à des titres cultes, comme "The Cry Of Mankind", vraiment grandiose en live, et "The Dreadful Hours" pour clôturer ce show hypnotique. Un petit "She Is The Dark" en plus aurait été un parfait « icing on the cake » mais ne soyons pas trop gourmands. En bon Anglais, Sainthorpe quittera la scène en levant haut sa pinte de bière pour nous saluer.

Encore 25 minutes d’attente et Paradise Lost fait enfin son apparition après une intro inhabituelle (dont j’apprendrai après qu’il s’agit d’un morceau de Lisa Gerrard, membre fondatrice du groupe Dead Can Dance). Comme toujours, pas de blabla, le groupe attaque direct avec un morceau et ce sera l’excellent "Hallowed Land" tiré du mythique Draconian Times qui servira d’opener. Evidemment, une fois de plus, Holmes n’est pas très en voix. Mais que diable s’est-il passé depuis Host ? A-t-il définitivement perdu ses cordes vocales en passant au chant clair ? En tous cas, ce problème est récurrent en concert et gâche vraiment la saveur de nombreux morceaux. A tel point que j’ai eu grand peine à reconnaître "Remembrance", tiré du fantastique Icon et presque massacré ce soir-là. Heureusement, certains titres comme ceux du nouvel album ("Never For The Damned", "Ash & Debris", "Requiem") ou de Symbol Of Life ("No Celebration") passent très bien en live. Les titres se sont enchaînés mais sans grande surprise finalement même si certains titres de Draconian Times n’avaient pas été joués en concert depuis longtemps ("Elusive Cure", "Shadowkings"). On retrouve les « hits » habituels : "As I Die", "Gothic", "Enchantment"… J’aurais pourtant aimé que Paradise Lost imite Anathema et nous joue un titre de chacun de ses 11 albums, voire même de ses faces B, histoire de balayer toute sa carrière et de montrer toutes ses facettes. Mais ce soir-là, pas de "True Belief", pas de "Eternal", pas de "Pity The Sadness", ni de "Death Walks Behind You" et encore moins de "Sweetness". Il faut dire que Jeff Singer ayant tout lâché pour une vie plus normale, le nouveau batteur Mark Heron (Oceansize), qui s’en est d’ailleurs très bien sorti, a disposé de très peu de temps pour apprendre le set donc le groupe ne pouvait pas trop faire dans la fantaisie. Et puis le problème de voix de Holmes semble le limiter sérieusement et l’obliger à piocher plutôt dans son nouveau répertoire pour pouvoir assurer. Les gens dans la salle qui ne connaissaient pas Paradise Lost et sont venus pour les deux autres groupes ont dû entendre ce soir-là un métal gothique relativement plat et sans relief et toute fan que je suis, je ne peux pas leur donner tort. Il faut admettre que Paradise Lost n’est plus vraiment à la hauteur de son talent de jadis. Pour les avoir vus en 1996, lors du True Belief Tour, après la sortie de Draconian Times, je mesure la différence. Le concert s’est terminé, au bout de 1h20, sur un rappel plutôt convenu.


Finalement, je repars plutôt déçue de la prestation de mes idoles : une set list sans surprise, un Holmes monocorde et un évènement anniversaire qui s’est finalement résumé à un concert habituel de Paradise Lost en tête d'affiche et ses deux compères cantonnés à la première partie alors qu’ils auraient pu profiter de l’occasion pour jouer ensemble sur scène. Rien à voir avec Therion qui pour ses 20 ans de carrière nous avait sorti le grand jeu avec 3h de concert et la venue de guests. Heureusement, ce soir-là a été pour moi l’occasion de découvrir My Dying Bride en concert et je compte bien les revoir quand ils repasseront à Paris.


Crédit photos : The Dark River


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