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Cosmic Camel Clash
le 30 août 2008




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Killswitch Engage
Hellfest (Clisson)
(17 juin 2016)

02 août 2008 - Wacken


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Le WOA n'est pas la Ozzfest : comprendre que ce n'est pas vraiment le festival dans lequel on s'attend à voir le metalcore très représenté. La frange jumpy-groovy du métal était en général incarnée par un groupe-prétexte - Ektomorf le plus souvent - et basta. Et voilà qu'après Unearth et dans un moindre mesure Avengend Sevenfold, c'est au tour de Killswitch Engage de fouler une des scènes principales du festival ! Les temps changent...

Surtout qu'en plus d'être relativement décalé par rapport à l'orientation générale de l'affiche, Killswitch Engage va se payer le luxe de tout tuer. Le son est correct et puissant, le groupe bien en place... et surtout les compos vont produire un effet boeuf sur l'assistance malgré la pluie. Killswitch met très logiquement l'accent sur leur dernier album As Daylight Dies (il serait d'ailleurs temps de retourner en studio, tout ça date de 2006 !) et on ne peut pas dire que ça gêne qui que ce soit. Le groupe enchaîne plan hyper catchy et riffs rythmiquement complexes avec bonheur et la réponse de la foule est presque anormale : on ne peut pas dire qu'un single emocore comme "The Arms of Sorrow" (chant clair omniprésent, riffs dissonants à djeunz) soit de nature à enthousiasmer les metalheadz, et pourtant c'est la guerre dans le public ! La tendance de cette année au circle-pit et au wall of death spontanés se confirme encore, et les slammeurs se succèdent avec bonheur. Votre serviteur y perdra même ses lunettes, passant le reste de son festival dans le brouillard.

Par contre un détail étonne : le chanteur Howard Jones semble se demander ce qu'il fait là. Il s'adresse à peine à la foule et quand il le fait c'est timidement. Fatigue ? Stress ? Incompréhension face à la réaction massive des festivaliers ? Toujours est-il qu'il dégage le charisme d'un bureau d'angle Ikéa et le rôle de frontman revient de fait au guitariste géant Adam Dutkiewicz. Qui du coup en fait des tonnes, devenant presque gênant dans son côté démonstratif. Qu'importe : Jones chante très bien, alterne chant clair et hurlements sans souci et les métalleux pètent un plomb en reconnaissant la désormais célèbre reprise du "Holy Diver" de Dio sur lequel le chanteur prouve qu'il se place très, très au-dessus de la concurrence metalcore en matière de chant clair. Les tubes s'enchaînent avec joie, à l'image d'un "My Curse" qui fait hurler de joie la foule en concert alors qu'une bonne partie doit cracher sur la version studio. Mais foin d'analyse superflue : les gens s'éclatent et c'est tant mieux.


Cette année au Wacken, deux groupes de metalcore auront réussi un exploit loin d'être mince : maintenir une foule chauffée à blanc devant eux sous la pluie battante. Killswitch Engage a de toute évidence gagné des fans aujourd'hui, et on ressort de ce concert en se disant que si ça continue le WOA va finir par être un festival de métal au sens large... comprendre metalcore, emo et néo inclus. Et ça, ce serait quand même vraiment classe.


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