CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
le 29 août 2008




SETLIST

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AFFILIÉ

02 août 2008 - Wacken


Lordi_Wacken_20080802

Lordi, 2h du matin, dernier concert de l’édition 2008 du Wacken 2008. Quelques-uns partent déjà ranger leurs tentes pour prendre un bus ou éviter les bouchons du lendemain, mais le gros du public est encore là. Et très certainement pour faire la fête. Quoi de mieux qu’un Lordi alors, et son hard rock sympathique, pour clore en beauté le festival ? Pourtant, depuis cette fameuse victoire à l’Eurovision et le buzz énorme qu’elle a provoqué, la sauce est un peu retombée, et l’on va maintenant pouvoir juger de la réelle qualité du combo.

Et ce qu’il y a de bien avec Lordi, c’est que l’on sait d’avance que le spectacle sera autant visuel que sonore. Heureusement diront certains, car le style pratiqué n’est pas des plus originaux. Mais d’entrée de jeu, en voyant les accoutrements grand-guignolesques du combo (pompés sur Gwar entre autres, mais passons), on se dit qu’il ne faut de toute façon pas prendre tout cela au sérieux et débrancher le cerveau pour passer un bon moment. Et comme a la télé, la pyrotechnie à outrance est de mise : étincelles qui tournoient, flammes de partout, la scène se transforme vite en feu d’artifice, reléguant presque les titres au second plan. Tant mieux, car si l’on se concentre sur la musique, le tout est quand même assez pauvre et se concentre essentiellement sur des refrains catchy, dans la plus pure tradition Hard FM, sur lesquels la voix éraillée de Mr Lordi fait son effet. Bref, si les titres ne soulèvent pas les foules, on en prend quand même plein la gueule avec un spectacle visuel chargé.

Pour éviter une routine qui pourrait bien vite s’installer, le groupe se permet d’inviter Udo Dirkschneider himself, qui à côté du chanteur et de ses énormes semelles compensées parait vraiment ridicule, mais lui donne la réplique "They Only Come Out at Night" dans la bonne humeur. Pour autant, les titres se suivent et se ressemblent, et un certain ennui commence à s’installer doublé de la fatigue inhérente à l’heure tardive. D’autant que certains titres, tout en exploitant inlassablement la même recette, sont moins bien réussis, notamment l’ennuyeux extrait du film de Lordi, Dark Floors, et la beaucoup trop banale "Who’s Your Daddy", annoncée par un speech des plus douteux. Alors quand la clavériste, après avoir réchauffé un peu une foule qui s’endort, annonce les premières notes d’orgue de "Hard Rock Hallelujah", on n’est pas fâché d’enfin pouvoir beugler du refrain efficace et emblématique. Et de terminer ce Wacken dans la joie.


Un show mi-figue, mi-raisin donc. On a un spectacle visuel sympathique qui se prête bien au contexte d’un festival, mais servi par une musique répétitive et qui tire le tout vers le bas. Dommage donc, même si ce concert est resté un moment sympathique, que le côté visuel ne se suffise pas à lui-même, bien que le groupe ait peut être souffert de l’heure tardive et d’un public qui commence à avoir mal un peu partout. Bref, l’après-Eurovision est visiblement délicat à gérer, et Lordi devra trouver une sortie sous peine de s’enfermer dans une recette dont on voit déjà clairement les limites.


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