CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
le 29 août 2008




SETLIST

Aces High
2 Minutes to Midnight
Revelations
The Trooper
Wasted Years
The Number of the Beast
Run to the Hills
Rime of the Ancient Mariner
Powerslave
Heaven Can Wait
Can I Play With Madness?
Fear of the Dark
Iron Maiden

Rappels :

Moonchild
The Clairvoyant
Hallowed Be Thy Name

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31 juillet 2008 - Wacken


Iron_Maiden_Wacken_20080731

Le plus grand groupe de heavy metal du monde, dans le plus grand festival de metal du monde… Cela se devait d’être un évènement qu’on n’allait pas oublier de sitôt. Et à en juger par le nombre de personnes qui se sont amassées devant la True Metal Stage, Iron Maiden est attendu (comme d’habitude ?) comme le Messie. La scène ayant été immobilisée toute l’après-midi, certainement pour installer les backdrops et autres, on se dit qu’en plus, on aura sans doute droit au show complet. Alors une fois la classique introduction "Doctor, Doctor" lancée, on éteint le cerveau, on ouvre grand les yeux et les oreilles et on se prépare à en prendre plein les mirettes.

Car il faut replacer le contexte pour les quelques ignorants qui ne sont pas encore au courant. Pour célébrer la sortie de son Live After Death en DVD, Maiden s’est donc embarqué dans une tournée souvenir, comme il y a trois années de cela, revisitant son répertoire jusqu’à Seventh Son of a Seventh Son. On n'est alors pas étonné d’entendre, après une vidéo d’introduction dispensable, le désormais célèbre "Churchill’s Speech". Pas étonné, mais diablement impatients, car l’on sait ce qui va suivre : "Aces High". Et là, c’est la grosse claque. On a beau les avoir déjà vus plusieurs fois en live, c’est toujours aussi bon de voir Dickinson en faire des tonnes, Harris fusiller le public, Gers tournoyer de partout… Gers qui change même parfois de côté pour aller se marrer avec Smith, chose qu’on n’avait pas l’habitude de voir. Ahurissant aussi, de voir Bruce passer ce qui doit être le titre le plus difficile à chanter de la Vierge de Fer avec ses cinquante balais au compteur et une puissance phénoménale. De quoi envoyer se rhabiller quelques chanteurs encore en activité mais qui ne devraient plus l’être depuis bien longtemps. C’est bien simple, ce soir, il passera tous les cris des versions studio en nous arrachant un morceau de tympan à chaque fois.

Et les titres, pardon, les tubes interplanétaires défilent, s’inspirant du célèbre live suscité en y rajoutant quelques extraits des deux albums qui ont suivi, rendant par là hommage à un des principaux acteurs de cette faste période : Adrian Smith. Le bonhomme est visiblement heureux de nous jouer SON titre, "Wasted Years", qui met en avant tout le sens de la mélodie et la classe du bonhomme. Et même si Bruce Dickinson y va de sa petite gueulante contre un caméraman qui n’en demandait sans doute pas tant, car sa caméra sur pied empêcherait soit disant une partie du public de voir la scène, on ne lui en tient pas rigueur tellement on prend son pied. Les fans sont aux anges, et la fosse est d’ailleurs tellement compacte qu’une partie du public ne peut même pas lever les bras tellement elle est compressée. On ne se demandera donc pas pourquoi l’édition de cette année affichait complet quelques mois à l’avance. La réponse du public est d’ailleurs impressionnante. Car c’est vrai, on l’oublierait presque, c’est quand même le Wacken. Le public acclame donc unanimement le groupe, même depuis des distances d’où l’on ne voit certainement rien à la scène, si ce n’est par les écrans géants disposés de chaque côté (merci les caméras restantes). Impressionnant.

Le show continue, et certains titres habituellement réservés aux rappels ultimes se retrouvent du coup en milieu de setlist. On sera donc content d’entendre "The Number of the Beast" et "Run to the Hills" à ce moment du concert, car outre la qualité de ces titres, on se demande du coup à quelle sauce on va être bouffé pendant le bis. Mais voilà qu’arrive déjà la clé de voûte du concert, "Rime of the Ancient Mariner". Ce morceau fleuve de quatorze minutes fait merveille en variant les ambiances, d’autant que les moyens techniques ont été sortis pour l’occasion : fumée de partout pendant le menaçant break central, rampes de lights qui descendent dangereusement… et on est toujours aussi admiratifs devant Dickinson qui continue de se promener vocalement et de faire dans le screaming surpuissant. Bref, après cette offrande, la tension ne redescend pas pendant "Powerslave", qui voit Bruce arborer son masque un peu ridicule. Mais on n’est pas là pour voir du bon goût vestimentaire, mais du spectacle. Et du spectacle il y aura, avec un Eddie géant qui débarque du fond de la scène splittée en deux, avec ses bras ballotants, manquant d’arracher une cymbale au passage. Impressionant.

Après "Heaven Can Wait", avec la horde de fans habituelle qui prennent d’assaut la scène pour chanter les « ohohoho » du passage central, on respire enfin un peu avec un petit speech sur Nicko McBrain et sur le jazz, puis pendant "Can I Play With Madness", morceau peut être moins taillé pour le live. On est alors étonné d’entendre les premières notes de "Fear of the Dark", qui non seulement n’a rien à faire dans une setlist supposément extraite des sept premiers albums de la Vierge, jusqu’à Seventh Son inclus donc, mais est en plus systématiquement jouée live. Et on se sent presque coupable de quand même aimer ça, quand on se dit qu’une rareté de plus aurait été la bienvenue. Certains réclament à cor et à cris "Caught Somewhere in Time", mais un petit "Alexander the Great" aurait sans doute été tout aussi approprié. Mais les anglais ont tout prévu en nous ressortant de la rareté en premier rappel : "Moonchild", qui n’avait plus été jouée depuis le Seventh Tour et qui relance idéalement le show, en sa qualité d’opener, dans la dernière ligne droite. Car après la bienvenue "The Clairvoyant" et son Eddie cyborg géant articulé, voici déjà les premières notes de "Hallowed Be Thy Name", signe que le concert touche à sa fin.


Et avec une dernière fois un Bruce impérial et un public déchainé, c’est peu dire qu’on en a pris plein la gueule. On a parfois l’impression que Maiden en live, c’est un peu la routine, la machine de guerre bien huilée qui fait son boulot. Mais pas ce soir. Au Wacken, il y avait le frisson, le truc en plus qui transforme un bon concert en show mythique. Alors quand le chanteur nous passe une couche de pommade en disant que le Wacken, c’est le meilleur public du monde, on sait qu’il dit ça à tous les concerts, et pourtant… on ne peut s’empêcher de croire que cette fois, c’était vrai.


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