CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
le 28 août 2008




SETLIST

Stand Up for Rock 'n' Roll
Hellfire
Fat City
Diamonds in the Rough
What's Eatin' You
Girls in Black
Cheap Wine, Cheaper Women
Heartbreaker
Black Jack
Too Much, Too Young, Too Fast
Runnin' Wild

AFFILIÉ

Airbourne
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31 juillet 2008 - Wacken


Airbourne_Wacken_20080731

Airbourne, c'est clairement LE buzz du moment. Pourtant, tout le monde le reconnaît ouvertement : il s'agit bel et bien d'une copie carbone de AC/DC. Mais les faits sont là : l'album Runnin' Wild (chronique ici) marche bien, et le groupe est en train de se faire une réputation scénique à la hauteur de cet engouement. C'est donc devant une foule conséquente, partagée entre fans et curieux, que se produisent les Australiens.

D'entrée de jeu, on se dit que le show sera placé sous le signe du rock'n roll. En effet, le chanteur/guitariste Joel O'Keefe débarque sur scène bouteille de Jack Daniel's à la main, accompagné du reste de son line-up pour une entrée, évidemment, à la AC/DC. Et dès l'opener "Stand Up for Rock'N Roll", on ne peut que headbanguer ou au moins taper du pied devant tant d'énergie déployée. La section rythmique est en béton armé, le guitariste rythmique David Roads et le bassiste Justin Streets se rejoignant régulièrement pour un headbang circulaire maitrisé pendant que Ryan O'Keefe, le frangin, martèle ses futs et ses cymbales à la masse d'arme cloutée. Joel hurle quant à lui les couplets et les refrains comme un damné et fait indéniablement le show. Pour continuer à enfoncer des portes ouvertes, il rappelle évidemment dans le style ses idoles Angus Young et Bon Scott, en bien plus violent. Et pour faire le show, tous les moyens sont bons. Il n'hésitera donc pas à faire dans le remake de Cliffhanger pour sa maintenant célèbre escalade de rampe de lights du côté droit de la scène pendant "Girls In Black". On s'interrogera évidemment sur la maturité d'un tel geste, surtout que le bonhomme est loin d'être à l'aise lors de la redescente. Mais qu'importe, le public a la banane, et c'est bien le principal.

Et les tubes de l'album s'enchaînent comme autant de coups de pied envoyés dans les valseuses et arrachent tout sur leur passage tels les bulldozers et autres camions qui ont dû passer par là plus tôt. Le son est bon et fort, même s'il manquera constamment un peu de volume pour la voix, et le bois voltige. Pourtant il se développe vite une étrange sensation que tout cela sonne un peu faux. Pas la musique, non. L'attitude scénique. Ok, ramener une bouteille de Jack Daniel's sur scène, ça le fait, c'est Wok'n Woll, tout ça. Mais quand on constate que le frontman, après avoir ramassé sa bouteille et l'avoir brandie devant le public en parlant de « drink » et de « alcohol », n'en a même pas descendu la moindre goutte, le mythe est tout de suite légèrement egratigné. Pire, l'homme fait même semblant de boire! Il en ira de même pour quelques bières qui finiront directement dans le public... On ne va évidemment pas reprocher aux membres d'Airbourne de ne pas jouer chargés comme des mules (le show en est certainement meilleur), mais cela laisse tout de même un peu perplexe. La communication avec le public est elle aussi un peu caricaturale et hélas plus empruntée à Manowar qu'à l'icône australienne du hard, surtout que les speeches sont beuglés de la même manière que les paroles...


Mais malgré tous ces reproches, les faits sont là : Airbourne est venu, a vu, et a vaincu. Preuve en est l'ovation reçue à la fin du show par un public qui ne s'y trompe pas. Bon, il aurait certainement été douloureux de s'enquiller une heure de plus devant tant de densité et on ne peut s'empêcher de s'interroger devant la pérennité d'une telle démarche, mais le groupe à fait son job, et bien. La rumeur continuera donc de circuler comme quoi Airbourne, ça arrache, et le show marque enfin le vrai début des hostilités. Le vrai début du Wacken.


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