CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 24 août 2008




SETLIST

N/A

AFFILIÉ

Powerwolf
Paris - Zénith
(04 février 2017)

02 août 2008 - Wacken


Powerwolf_Wacken_20080802

Peu avant l'entrée en scène de Powerwolf, c'est un véritable attroupement qui se forme devant la WET Stage, la plus petite scène située sous un préau. Voilà qui pouvait être interprété comme un bon présage, mais votre serviteur préfère ne pas s'enflammer : il se souvient encore de l'accueil similaire réservé l'année précédente à Unheilig, un abominable combo de tanz metal, une spécialité allemande. Mon collègue Count D doit encore en faire des cauchemars la nuit…

Qui est donc Powerwolf, ce groupe qui compte autant de fans ici mais qui avait laissé le public français complètement indifférent en première partie de Gamma Ray il y a quelques années ? Il s'agit d'un groupe allemand donnant dans le heavy et surtout un peu allumé, qui a décidé de de créer toute une imagerie axée autour du vampirisme. Les membres de Powerwolf sont donc tous affublés de pseudonymes et de nationalités fictives (le chanteur Attila Dorn parle très bien l'allemand pour un Roumain !). Sur scène, maquillage pâle et tenue noire de rigueur, dont une jolie aube de prêtre pour Dorn. Se rajoute également une dimension quasi-religieuse, avec ces panneaux inspirés de vitraux d'église et des symboles comme l'encens que le chanteur répand à la façon d'un prêtre, sur fond d'imprécations en latin. Sans compter sur un son de clavier façon orgue de barbarie.

C'est surtout d'un point de vue musical que s'explique la grande différence d'appréciation de Powerwolf entre l'Allemagne et la France. Car Powerwolf est un groupe… allemand, au sens heavy metal du terme. Sans tomber dans la caricature guerrière à la Grave Digger, Powerwolf pratique un heavy carré, relativement varié au niveau des tempos, et surtout orienté gros refrains. Pas besoin de connaître les paroles à l'avance, il suffit d'apprendre sur le tas en écoutant le premier refrain. Dès lors, il suffit juste de se lâcher et de beugler en chœur des paroles débiles comme "Saturday Satan" ou "We Came to Take Your Souls". C'est de là que dépend toute la réussite d'un tel concert, et c'est ça qui fait plaisir dans un festival comme le Wacken : quasiment tous les concerts se déroulent dans une super ambiance car personne n'hésite à participer.

Surtout qu'au delà de l'ambiance et du caractère plutôt amusant de l'imagerie du groupe, on n'a pas non plus affaire à de petits rigolos. Attila Dorn possède un timbre lyrique et très puissant, même s'il est un peu aidé par une tonne de reverb' qui donne un aspect solennel à son chant, ce qui correspond très bien au concept. Niveau composition, le tout tient également très bien la route. Et puis toujours rayon divertissement, il y a naturellement pas mal de poses de la part des musiciens. N'oublions pas que Powerwolf est le prolongement de Red Aim, qui avait donné une interview culte dans Rock Hard : « C'est fondamental, nos morceaux sont composés dans l'optique de pouvoir poser en jouant. Si nous composons un excellent titre sur lequel il est impossible de poser, nous le jetons » ! Du coup, pas étonnant de voir le claviériste débouler sur le devant de la scène dès qu'il en a l'occasion !


Je ne vous cache pas que je suis allé voir Powerwolf un peu par défaut, faute de mieux sur les autres scènes. Et finalement bien m'en a pris tant ce concert fut sympathique. Du heavy metal assez classique (hormis ce son de clavier très particulier) mais agréable et très bien exécuté, un groupe hyper à l'aise sur scène, un public au taquet : au final, 40 minutes passées bien vite dans une super ambiance. Même Powerwolf n'en revenait pas, si l'on en croit le message de remerciements posté sur leur site au lendemain de cet excellent show !


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