CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 24 août 2008




SETLIST

The Patriarch / Violent Revolution
Pleasure to Kill
Enemy of God
People of the Lie
Europe After the Rain
Suicide Terrorist
Extreme Aggression
Phobia
Betrayer
Voices of the Dead
Reconquering the Throne
Impossible Brutality
Flag of Hate / Tormentor

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02 août 2008 - Wacken


Kreator_Wacken_20080802

Un concert de Kreator, quand on en a vu un, on les a tous vus : setlist généralement inchangée d'un concert à l'autre, speeches dramatiquement identiques à chaque set… Sauf que certains crus sont meilleurs que d'autres, et ce show en quasi headlining (derrière Nightwish) de la dernière journée du Wacken 2008 fait assurément partie des très bonnes cuvées des leaders du thrash allemand. Pas de doute, un public aussi nombreux la nuit en plein air, ça motive…

Si vous prenez la setlist, vous verrez que Kreator a utilisé quasiment la même que lors de son dernier passage à Paris en compagnie de Celtic Frost. Pas étonnant, puisque Kreator a décroché un créneau de 1h15, exactement pareil que lors de son show à l'Élysée Montmartre. Une petite déception pas totalement surprenante, tant Kreator rechigne à renouveler sa setlist. Aux côtés des 4 titres issus de son dernier album très réussi, ce sont donc les mêmes classiques qui reviennent inlassablement. Et si on peut se féliciter du retour de "Europe After the Rain" (et de son discours anti-raciste en introduction), ce n'est donc pas aujourd'hui qu'on redécouvrira "Terrible Certainty", "Love Us or Hate Us" ou "Terror Zone". Tant pis ! En même temps, vu la qualité des derniers albums de Kreator qui comportent tous leur lot de classiques, les setlists risquent d'être de plus en plus compliquées à établir…

Après le petit film reprenant la totalité des pochettes du groupe pendant l'intro "The Patriarch", c'est l'heure de la première grosse mandale avec "Violent Revolution". Note destinée à tous les fans de metal qui liront ces lignes : il faut avoir vécu une fois "Violent Revolution" au Wacken. Non mais sans déconner : il le faut ! Entendre ces 2 mots scandés par une foule aussi nombreuse, c'est à vous coller le frisson. Il faut dire que pour un groupe de thrash, Kreator est sacrément bien doté niveau refrain à jeter en pâture au public : "Pleasure to Kill", "Enemy of God", "Extreme Aggression", "Betrayer", "Impossible Brutality"… Autant de titres à gueuler le plus fort possible. Franchement, conserver un semblant de cordes vocales à la fin du show est un véritable exploit. A part "Suicide Terrorist" qui fait retomber un peu le soufflé, ce ne sont que des hits que Kreator interprète lors de ce set.

Des hits, et avec une maestria assez impressionnante. Seule "Voices of the Dead", plus heavy et mélodique, sonne un peu moins carrée que le reste. De même, Mille Petrozza souffre toujours vocalement sur le refrain de "Pleasure to Kill" et sa scansion très exigeante. Pour le reste, pas une faiblesse à signaler. Véritable clé de voûte de cet édifice, Ventor lamine ses fûts avec une force colossale et surtout une incroyable impression de facilité. Mille Petrozza est égal à lui-même, hargneux comme un clébard affamé. Il parvient sans problème à transmettre cette hargne au public, notamment lorsqu'il demande (et obtient) un circle pit Wacken style, d'une taille particulièrement impressionnante. Cerise sur le gâteau, il apparaît dans une forme vocale très satisfaisante, lui qui a parfois pêché de ce côté en live. En revanche, Spiesy Giesler et Sami Yli-Slirnio sont de plus en plus effacés sur scène.

Ce qui est incroyable avec la musique de Kreator en live, et une des raisons de la réussite de leurs concerts, c'est l'effet de catharsis qu'elle produit sur le public. Une sorte d'incitation à la baston, qui voit la création de mini-pits un peu partout, même loin de la fosse. Un véritable cauchemar pour les slammers, qui viennent s'écraser par terre dans des zones où les fans pensent plus à pogoter qu'à les porter. Et ce n'est rien à côté de la fosse principale, dont les images diffusées sur les écrans géants donnent l'impression d'assister à des scènes d'émeute nocturnes. Et que dire du traditionnel final, qui voit Petrozza demander au public de scander le mot « Hate » avant d'entamer le dyptique "Flag of Hate" / "Tormentor". Le frontman a beau en faire des tonnes, il faut entendre la réponse qu'il parvient à obtenir du public. Imaginez la puissance de 65 000 personnes hurlant de toutes leurs forces à l'unisson !


Kreator disposait d'une place de choix sur l'affiche de cette édition 2008 du Wacken Open Air, et les Allemands ont largement fait honneur à leur rang en donnant un show d'une puissance rare. Pas vraiment de surprises, mais une interaction avec le public d'une incroyable intensité. Incontestablement l'un des temps forts du festival, et une excellente façon de terminer le festival juste avant le feu d'artifice Lordi.


Crédit photo : Michael Wiesner


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