CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 24 août 2008




SETLIST

Armies of the Blind
Doomsday for the Prayers
Silverskull
Parody of Life
Too Late for a Change
Read My Lips
Born in the Woods
Force of Habit
Caught in a Spider's Web
Payback Time
Signs of Insanity

AFFILIÉ

01 août 2008 - Wacken


Headhunter_Wacken_20080801

Il y a des constats qui font mal. Par exemple, voir Headhunter jouer sur la petite scène et se faire massacrer par Ensiferum, la nouvelle sensation black folk finlandaise qui sévit dans le même temps sur la 2ème scène principale. Et ne parlons même pas de Sabaton, qui fera un véritable carton à la suite d'Headhunter. Pourtant, on parle quand même du side-project de Schmier, M. Wacken en personne, qui chaque année est le musicien le plus accessible de tout le festival…

En effet, lorsque votre serviteur arrive aux abords de la Party Stage 5 minutes avant le début du set, c'est pour s'installer directement… au 5ème rang ! L'affluence augmentera tout de même un peu au fil du show, mais ce ne fut pas la grande foule, loin de là… Et c'est bien dommage, parce que les absents vont manquer un bon concert de heavy metal gonflé aux hormones. Rien que le line-up fait saliver : imaginer, dans une formule trio à la Rage, une section rythmique formée du colossal Schmier et du Mike Tyson de la batterie, Jörg Michael (cette façon de marteler sa caisse claire !). Surtout que le 3ème larron est largement au niveau de ses camarades : avec ses faux airs de Hansi Kürsch, Schmuddel est aussi à l'aise pour sortir du gros riff que pour distiller des soli souvent plein de finesse, ce qui tranche avec ses 2 compères tout en force. Par contre, quel étrange choix de la part de Schmier et Schmuddel de porter le même (horrible) T-shirt…

D'emblée, Schmier l'annonce clairement : il s'agit du premier concert d'Headhunter depuis une éternité et il ne faudra pas leur tenir rigueur en cas d'approximation. C'est pourtant difficile à croire tant les 3 larrons semblent décontractés sur scène. Entre un Schmuddel qui vanne Schmier lorsque celui-ci commence à s'exprimer en allemand (il continuera d'ailleurs en anglais), un Jörg Michael qui s'amuse à lancer ses baguettes à un roadie en plein milieu d'un morceau… Tout se déroule dans une ambiance très relax, à l'image de Schmier qui trinque à la santé du public et qui finit par balancer sa bière dans le public (le type qui l'a attrapé en a d'ailleurs plus pris sur la tronche que dans le gosier). Maintenant, lorsqu'il s'agit de jouer, là ça ne rigole pas. Car au final, les seules approximations de ce set, c'est lorsque Jörg Michael retrouve sa fâcheuse habitude de perdre une baguette en cours de route.

Au cours de l'heure qui lui est allouée, Headhunter va revisiter l'ensemble de ses albums : le très récent Parasite Of Society est mis à l'honneur avec 4 titres sur les 11 interprétés, mais ses 3 autres réalisations parues au début des années 90 ne sont pas négligées. La setlist concoctée par le groupe est d'ailleurs remarquable : l'équilibre entre titres rapides et mid tempos est très judicieux. Pour emballer le show, Headhunter lance les hostilités avec "Armies of the Blind", un titre bien speed, avant d'enchaîner sur le très puissant "Doomsday for the Prayers". Bref, ça part fort, surtout avec "Silverskull" juste derrière, le titre le plus catchy de Parasite Of Society. Par contre, on est tout surpris d'entendre "Too Late for a Change". Ce titre issu de Rebirth est en effet très lent, presque une ballade. De quoi recharger les batteries avant la suite, notamment le monstrueux "Born in the Woods".

Comme sur la version studio (et durant tout le set), Schmuddel effectue un boulot monstrueux sur ce mid tempo très martial. Ce guitariste inconnu du grand public est vraiment la grosse révélation du show, avec un toucher de grande classe. Toujours au rayon surprise, Headhunter déterre 2 titres issus de son premier album Parody Of Life. Bizarre d'entendre "Force of Habit" ou "Caught in a Spider's Web" alors que "Ease My Pain" est laissée de côté. De même, le groupe enchaîne sur "Payback Time", le premier titre issu de leur réunion ayant mené à la sortie de Parasite Of Society. Il s'agit pourtant d'un des morceaux les plus faibles de l'album, au contraire du morceau titre qui ne sera pas joué. Comme quoi Headhunter a largement de quoi jouer un set complet, et on a hâte de voir ça se produire un jour ! La conclusion est parfaite avec "Signs of Insanity", un titre rapide dans la même veine que "Armies of the Blind" et qui vient en quelque sorte boucler la boucle.


Malgré une assistance assez faible et une météo tristounette, Headhunter nous a régalés avec son heavy varié et bien burné, le tout dans une atmosphère très sympa. Une vraie bonne surprise de la part de ce groupe pas très connu malgré la notoriété de Schmier et Jörg Michael. Je vais donc me permettre de réutiliser la conclusion de ma chronique de Parasite Of Society : ce concert fut largement assez bon pour espérer qu'Headhunter continue son chemin.


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