CHRONIQUE PAR ...

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Fishbowlman
le 20 juillet 2008




SETLIST

La goutte d'or
Madame Louise, elle est exquise
Marie la rouquine
Pigalle
Dors, petit bled
Les lettres de l'autoroute
Betty
En bas, en haut
Sens comme le temps il est lourd
Eternel salaud
Rascal
Le chaland
L'amour forain
Les amants du vieux pont
Il boit café
Vendredi 13
Elle glisse
Rejouer juste une fois à la récré avec les potes
N’oublie pas
Sophie de Nantes
Le dézingueur
Brève rencontre
La patate
Les vieux à la poubelle
Dans la salle du bar-tabac de la rue des martyrs

AFFILIÉ

22 mai 2008 - Paris - Bataclan


Pigalle__Paris_-_Bataclan_20080522

Après plusieurs années passées en solo, François Hadji-Lazaro est de retour avec Pigalle cette fois. Cette reformation de Pigalle a lieu quasiment dix ans après leur séparation, une bonne nouvelle pour quiconque n’ayant jamais eu la chance de les voir en concert.

En première partie, un jeune artiste en solo, Bensé, seul avec sa guitare sèche et une fort belle voix… Bensé ne s’inscrit pas dans le registre des chanteurs « a texte » habituels qui parlent plus qu’ils ne chantent, c’est déjà un bon point. Malheureusement pour lui, et malgré un talent indéniable, le public ne sera pas trop réceptif à ce set acoustique, le chanteur étant même obligé d’interrompre un court instant une chanson à cause de sifflements insistants. La reprise de "Tostaky" (est-il nécessaire de préciser le nom du groupe ?) suffira à peine à réveiller la foule. Au final, cette première partie ne dépassera pas la demi-heure malgré les encouragements donnés à la fin. Pourtant, elle était tout à fait adaptée à l’esprit folk d’un concert de Pigalle. Mais une bonne partie du public, visiblement issue de la scène rock alternative des années 80, ne l’entendait pas de cette oreille. Bensé n’a pas à s’en faire, sa musique commence tout juste à être diffusé sur RTL2 donc il devrait se trouver des dates de concert en tête d’affiche sans problème dans les mois à venir.
 
Le public de Pigalle justement est plutôt diversifié, allant du fan des Garçons Bouchers (oui, ça existe), Manu Chao au bobo adepte de Calogero. D’emblée sur scène, on retrouve de multiples instruments traditionnels que François Hadji-Lazaro utilisera régulièrement (vielle à roue, cornemuse, banjo…). C’était déjà le cas lors de ses concerts en solo… le risque était justement que cette reformation de Pigalle fasse doublon avec sa formation qui le suivait pendant son escapade en solo. La dessus, le bilan est mitigé : la présence d’une guitar électrique avec Pigalle apporte des intonations rock, la différence se trouve surtout là. Le public se lance dans des pogos en tout genre à chaque fois que le rythme de chaque morceau s’accélère, là où le concert donné par François Hadji-Lazaro en solo quelques années plus tôt au Café de la Danse regroupait surtout un public très bobo-intello-Télérama. A part ça, il faut bien admettre que la présence de titres (ET de musiciens) en commun rend plus difficile la distinction entre les deux groups.
 
Beaucoup d’instruments sur scène, avec une vraie section basse-batterie… les mêmes musiciens que les Garcons Bouchers. Petit problème : le son est vraiment pourri et il le restera durant tout le concert. Insupportable ! Ca passe encore pendant les titres acoustiques… mais dès que la guitare électrique et la batterie s’en mêlent, bon courage pour réussir à comprendre les paroles, pour bien entendre chaque instrument (la basse est inaudible) et pour distinguer chaque morceau. D’autre part, un simple coup-d’oeil sur la tracklist du nouveau best-of qui vient de sortir, Neuf Et Occasion, suffira à donner un aperçu de la set-list du concert. Donc très peu de titres d’Alors… seront joués alors qu’il s’agit du meilleur album de Pigalle, à la fois rythmé, glauque, très riche… peut-être même trop riche pour être joué live ? La preuve, le seul titre d’Alors… qui sera joué ("Betty") sera simplifié à l’extrême, en perdant au passage toutes les subtilités des arrangements studio.
 
Un titre rigolo des Garçons Bouchers ("Les vieux à la poubelle"), évidemment interprétés avec moins de pêche que ces derniers, plus quelques inédits du best of ("Le dézingueur", "Dors, petit bled", "Rejouer juste une fois à la récré avec les potes") ont également été joués et rien de nouveau à signaler, cela reste dans la lignée folk-rock-musette franchouillarde habituelle de Pigalle… sauf qu’avec le son toujours aussi pourri, il sera difficile d’en retenir quelque chose.


Impossible d’entendre clairement ce que le batteur et le bassiste jouent, et même chose avec le son brouillon des instruments traditionnels, c’est le gros bordel. Et pour ne rien arranger, le groupe ne sera pas des plus carrés, on sent qu’ils se sont reformés tout récemment. Mais le public n’en a cure et cela n’empêchera pas les premiers rangs de se lancer dans quelques pogos sauvages à la moindre accéleration. Une reformation décevante, un concert dont l'intérêt m'échappe encore, surtout suite aux tournées de François Hadji-Lazaro en solo ces dernières années, qui elles au moins étaient réussies.


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