CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 03 juillet 2008




SETLIST

Dark Saga
Vengeance is Mine
Burning Times
Declaration Day
Violate
Pure Evil
Ten Thousand Strong
Melancholy (Holy Martyr)
My Own Savior
Iced Earth

AFFILIÉ

Iced Earth
Wacken
(03 août 2007)
Paris - Elysée Montmartre
(31 octobre 2007)
Strasbourg - Zenith
(12 octobre 2013)
Strasbourg - La Laiterie
(25 février 2009)
Paris - L'Alhambra
(08 novembre 2011)

21 juin 2008 - Hellfest


Iced_Earth_Hellfest_20080621

En même pas 1 an, c'est le troisième show de Iced Earth auquel assiste votre serviteur : s'il ne s'agissait pas d'un ses groupes favoris, il y aurait presque de quoi être blasé. Sauf que celui-ci fut un peu spécial… Car à moins que vous n'ayez pas du tout suivi la rocambolesque actualité de la bande à Schaffer, vous n'êtes pas sans ignorer que Matthew Barlow a réintégré le groupe au poste de chanteur. Il s'agit donc du premier concert en France de Iced Earth en version « classique ». Et ça, c'est forcément un événement…

Bien sûr, on pourra toujours discuter des circonstances de retour de Barlow : éviction complètement ingrate pour Ripper Owens qui avait réalisé du très bon boulot au cours de son intérim, incohérence totale si l'on confronte les propos de Schaffer dans des interviews réalisées à des périodes différentes… Mais dès que les premières notes retentissent, on ne peut s'empêcher de penser que le bouillant leader a fait le bon choix en réintégrant Barlow. En effet, dès que celui-ci pousse ses premières notes sur "Dark Saga", nous voilà replongés une dizaine d'années en arrière, lorsque le triple album Alive In Athens marquait au fer rouge toute une génération de fans de heavy. Surtout que le frontman nous prouve rapidement qu'hormis sa crinière rousse, il n'a rien perdu pendant sa période d'inactivité musicale. Sa voix plaintive et théâtrale, au timbre si particulier, fait toujours merveille comme sur "Vengeance is Mine". En revanche, une petite surprise en ce qui me concerne, moi qui n'avais jamais vu Iced Earth avec Barlow : on a très souvent reproché à Ripper Owens un jeu de scène déficient voire inexistant, mais je n'ai pas trouvé Barlow nettement supérieur sur ce point, lui qui reste également assez statique. Fin de la parenthèse.

Évidemment, vu leurs styles différents, on ne peut s'empêcher de procéder au jeu des comparaisons entre Barlow et Ripper. Pas grand chose à retirer de morceaux assez neutres qui conviennent autant à l'un qu'à l'autre, comme "Burning Times" ou "My Own Savior". Pour le reste, on retombe sur des conclusions connues de longue date : Barlow excelle dans un registre émotionnel. Son interprétation transcende littéralement "Melancholy (Holy Martyr)", là où Ripper n'en faisait simplement qu'un bon titre de heavy. Mais la grande question était la suivante : Barlow peut-il reprendre efficacement des titres de l'ère Ripper ? La réponse est… joker. On a pu assister à 2 tentatives au cours de ce show. La 1ère ne fut pas spécialement convaincante, sur "Declaration Day" : si Barlow a paradoxalement bien passé le dernier couplet suraigu, il fut loin d'être impérial sur le reste, notamment le refrain qui n'a pas donné grand chose. Ce fut un peu mieux sur "Ten Thousand Strong", avec le soutien de Schaffer sur le refrain. En dépit d'un premier couplet pris un peu haut, on a senti Barlow un peu plus à l'aise sur ce titre. Seul le dernier refrain fut un peu difficile, Barlow ne pouvant reproduire les ultrasons de Ripper. Bref, à moins d'un vrai travail de réadaptation de ces morceaux, pas sûr que l'on puisse apprécier de bonnes versions de titres issus de The Glorious Burden ou Framing Armageddon

Enfin, quelques mots sur le reste du groupe, car Schaffer serait sûrement furax de voir Iced Earth résumé à la seule personne de Matthew Barlow. Surtout que le groupe était au taquet ce samedi : Brent Smedley a martelé ses fûts avec une grande conviction, tandis que Schaffer fut égal à lui-même, donnant une impression de toute-puissance. Et pour une fois, on a même entendu le soliste Troy Seele ! Surtout qu'Iced Earth a pu se faire plaisir avec des titres qui avaient complètement disparu du temps de Ripper Owens. Quel plaisir de réentendre "Dark Saga" (quels débuts !) ou mieux encore, "Pure Evil" ! En revanche, petite déception concernant le public, visiblement écrasé par la chaleur étouffante de ce samedi après-midi. Certes, il y eut bien quelques « Barlow ! Barlow ! » histoire de célébrer le retour du fils prodigue, et qui ont visiblement plu à l'intéressé. Mais on ne peut pas dire que les gens étaient collés les uns aux autres, à part lorsque l'organisation a sorti les canons à eau pour rafraîchir les troupes. Bref, une audience un peu passive qui n'a pas permis de rendre honneur à Iced Earth pour sa prestation de très haut niveau, qui s'est bien évidemment achevé sur son hymne… "Iced Earth", évidemment !


Pour son grand retour dans son format classique, Iced Earth n'a pas déçu. Fort d'une prestation compacte qui a mis en valeur son heavy costaud, le groupe a donné l'image d'une entité davantage soudée, malgré la différence de statut entre le duo Schaffer/Barlow et les autres. Et malgré quelques points à corriger, c'est une nouvelle perspective qui s'ouvre à Iced Earth, qui va devoir reconquérir les fans égarés lors de la période Owens. Mais avec des prestations scéniques comme celle-là, on y croit très fort.


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