CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
le 05 mai 2008




SETLIST

Inactive Messiah
N/A

Devian
Dressed In Blood
Heresy
Scarred
Suffer The Fools
The Remnant Song
Ninewinged Serpent

Septicflesh
Unbeliever
Virtues of the Beast
Communion
Lovecraft’s Death
Anubis
Persepolis
We, the Gods
Red Code Cult

Vader
N/A

AFFILIÉ

Septic Flesh
Paris - La Locomotive
(14 février 2016)
Toulouse - Le Metronum
(30 mars 2015)
Bruguieres - le Bascala (Toulouse)
(29 octobre 2011)
Madrid - Sala Caracol
(16 janvier 2018)

Vader
Clisson - Hellfest
(23 juin 2007)
Lyon - CCO
(04 octobre 2005)

01 mai 2008 - Paris - La Locomotive


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Brutale soirée ce soir là à la Locomotive. A l’occasion du XXVe anniversaire (25 !) du groupe polonais de death metal Vader, les voilà sillonnant le monde en entraînant avec eux trois groupes non moins brutaux : Devian, Inactive Messiah et Septicflesh. Deux groupes Grecs, un Suédois et le dernier Polonais, une affiche internationale qui allait ravager les oreilles des auditeurs présents ce soir là.

Et ce même si les dits auditeurs n’étaient pas extrêmement nombreux : la salle était légèrement clairsemée, ce qui a l’avantage de laisser aux gens la possibilité de se déplacer voire tout simplement de respirer. Une fois n’est pas coutume, c’est pile à l’heure que la Loco accueille les ouvreurs de la soirée, Inactive Messiah. C’est avec leur death/black que les Grecs tentent de dérider un public qui en énorme majorité n’est pas là pour eux. Plutôt avantagée par un son qui sera assez inégal dans la soirée, leur musique brutale est desservie par un chanteur plutôt apathique qui passera les trois premières chansons sur scène caché derrière ses cheveux, statique, et ayant presque l’air de s’ennuyer, s’activant (un peu) dès lors qu’il chante et redevenant une statue si il n’y a plus de ligne vocale. A part ça, la musique de Inactive Messiah, qui était sûrement une découverte pour la majorité des spectateurs, se laisse consommer sans grande passion. Heureusement, leur set ne s’éternise pas et Xristos (chant) se lâchera enfin sur la fin. La suite, vite.

Et la suite, c’est Devian. Comportant en son sein deux ex-membres de Marduk, c’est donc des vétérans de la scène extrême qui montent sur scène, et ce malgré le fait qu’ils ne soient l’auteur que d’un premier (excellent) album sous le nom de Devian. Legion (chant), semble manifestement ravi d’être là, avec ce groupe qu’il considère comme étant un groupe d’amis avant tout, et ça se sent voir l'interview ici)). Le set sera court mais très dynamique, Legion se comportant comme un damné, sautant comme une puce et enchaînant les slams dans le public avec le micro à la main, aussi à l’aise et heureux qu’un gosse dans une boutique de bonbons. Reste que le son de leur prestation fut particulièrement mauvais, ruinant une grosse partie des efforts des Suédois pour entraîner l’assistance. Mais le charisme de Legion aura finalement raison des défauts sonores de leur set, et malgré une durée assez courte il saura convaincre et achever de chauffer la majorité du public. Forcément tous tirés de l’album Ninewinged Serpent, les six titres du set auraient vraiment gagné en intensité avec une production plus claire, et malgré l’enthousiasme du chanteur c’est avec une pointe de déception que s’achève le set de Devian.

Au tour de Septicflesh de monter sur scène défendre les couleurs de leur dernier album, Communion. Première agréable surprise, le son est enfin de bonne qualité, malgré des samples parfois un peu envahissants. Mais le reste est carré, puissant et efficace, à l’image du chanteur Seth (Sotiris ne participant pas à la tournée), suintant de charisme, dans une approche classieuse un peu similaire à celle de Vorph (Samael). La puissance du groupe prend une toute autre ampleur sur scène et les titres du dernier album dont ils nous ont fait grâce ("Communion", "Persepolis"….) fonctionnent très bien. L’attention se focalise clairement sur Seth, qui martyrise sa basse et son micro avec son chant caverneux, tandis qu’une ambiance légèrement martiale s’installe sur la plupart de leurs titres, partagés entre grandiloquence et violence. Il y avait durant leur set comme une ambiance mythologique qui flottait dans l’air… La balance sonore mettra bien en évidence les subtilités de chacun des titres joués, par contre les lumières se révèleront assez vite fatigantes à trop user d’effets stroboscopiques. Un show placé sous le signe de l’efficacité et de l’expérience scénique, qui fut peut être bien la performance la plus mémorable de la soirée.

Et puis enfin, sous les vivats du public, Vader déboule sur la scène. Les Polonais fêtent leur 25e anniversaire de carrière cette année et sont donc logiquement la tête d’affiche de la soirée. Une chose est sure : c’est maintenant que commence le set le plus brutal de la soirée. En effet, la musique de Vader, pour violente qu’elle soit sur album, prend une ampleur encore plus dévastatrice sur scène. Blast-beat quasi incessant, tempo ultrarapide et riffs explosifs, c’est un death metal farouche, traditionnel et puissant que nous délivre le quatuor polonais. Le son sera compact et massif, trop peut-être : difficile en effet de distinguer un riff d’un autre par moment. Reste cette impression de violence et d’agression sonore tout à fait palpable, surmontée par le chant impressionnant de Peter. Pourtant, tout n’est pas non plus parfait : on fustigera les soli très répétitifs de ce même Peter (un coup de tapping et puis hop : on fait crier sa gratte à coup d’harmoniques et de vibrato) mais surtout sa froideur et son manque de communication. Quand le public entonne un « bon anniversaire » bon enfant, Peter s’en fout. Il ne semble même pas remarquer le drapeau polonais dans le public et à la fin du rappel ("This Is War"), ils se cassent tous sans dire un mot : un peu sec comme façon de fêter un anniversaire. La playlist a fait largement honneur à Impressions in Blood, leur dernier album en date ("Helleluyah!!! (God is Dead) "…) mais aussi des grands classiques comme "The Crucified Ones". Techniquement, les membres de Vader se posent là avec une mention spéciale pour le batteur, totalement monstrueux de brutalité et de violence.


On aura apprécié le charisme de Legion et celui de Seth, la violence de Vader et la majesté de Septicflesh : la soirée fut donc malgré tout une bonne soirée. Pour une fois, l’organisation de la Locomotive était très bonne : pas de retard, les changements de scène était raisonnablement rapides et le concert a même pu finir en avance sans (semble-t-il) rogner sur la durée des différents sets. Le son aurait globalement gagné à être perfectible, mais on a connu bien pire. C’est donc la tête un peu fracassée que le public s’échappe de la salle, un poil frustré par la sortie de scène abrupte et froide de Vader. Tempérament polonais ou grosse fatigue ?

Crédit Photo : njn


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