CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
le 15 avril 2008




SETLIST

Ekat :
Mass Media
Insignifiance
Encore
Enough
Léthale
Autre détail
Murmure
Entre deux
Hais-moi

Brainwash :
L'oeuf du serpent
Partie 4
Les vieux
Tu devrais sourire
(Monsieur personne)
Partie 1

Psykup
Color Me Blood Red
Love Is Dead
Birdy
L'autruche (medley)
Rock 'n Roll Assistance
Libido
The Choice Of Modern Men
To be(tray)...
... Or Not To Be

Rappels

My Toy, My Satan
Sugar

AFFILIÉ

Psykup
Paris - Nouveau Casino
(07 juin 2008)
Lille - Splendid
(29 mai 2008)

12 avril 2008 - Chaville - MJC Salamandre


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Ah, un concert dans une MJC, comment ça rappelle des souvenirs ! En ce samedi soir une petite équipe d'Éternels a pris le train de banlieue histoire d'aller vérifier la réputation de tueurs scéniques de Psykup, qui à défaut de passer par Paris lors de cette tournée relative à We Love You All (chronique ici) investissent l'espace Salamandre de Chaville, à quelques kilomètres de Versailles. Et quelle bonne idée que d'y être...

Au début l'affluence fait un peu peur : le premier groupe Ekat se produit devant une assistance très clairsemée et logiquement assez statique : difficile de se lâcher quand on est peu dans le public ! Pourtant la formation ne démérite pas : leur néo-métal énergique et ponctué de moments plus ambiancés sonne pas mal du tout, et certains plans font mouche. Le groupe est porté par un genre de schtroumpfette (elle doit chausser du 16) survitaminée et qui semble avoir tout appris chez Eths : même chant clair diaphane et manquant de puissance, même growl inhumain qui effraie. Le groupe marseillais se retrouve dans les impressionnants hurlements de la donzelle comme dans les plans guitare/basse et le tout pourrait sérieusement cogner... si le batteur n'était pas aussi limite. Car qu'il s'agisse de ses plans bateaux comme de sa précision approximative, l'homme n'est clairement pas à la hauteur et gâche presque la musique de son groupe, ce constat étant unanime chez les quelques personnes interrogées ensuite. Espérons qu'il progressera...

Ensuite c'est Brainwash qui investit les lieux devant un public un peu plus fourni. Le chanteur guitariste a une dégaine de hippie et un chant braillé très pénible : il semble n'avoir volontairement aucune technique, la manière dont il hurle loin du micro renforçant cette impression. Le groupe se rapproche du postcore, et les morceaux basés sur le chant hurlé comme sur les riffs aux signatures rythmiques imprévues peinent à convaincre. Par contre le groupe finit son set sur deux morceaux impressionnants : partant complètement dans la face mélodique et hypnotique du genre (la face post-rock en somme) ils délivrent un enchaînement de plans mélodiques en son clair qui transporte littéralement le public. L'ambiance est à la transe collective, les boucles qui se répètent encore et encore font leur effet, et au final le groupe quitte la scène sous les ovations du public. Mais place au Messie...

Le groupe me l'avait dit avant le show : le son avait été nickel lors des balances. Et si pour les premières parties il était effectivement très bon, pour Psykup il sera carrément parfait... vu la taille de la salle c'est limite incroyable ! Autant dire que la folie furieuse propre à "Color Me Blood Red" fait son effet tout de suite, mais pas seulement à cause du son : dès le début on sent ce picotement caractéristique, celui qui avertit qu'on a affaire à un groupe anormal. Ça ne prend que quelques secondes pour réaliser ce qui se passe : les musiciens sont parfaits, l'ambiance est fantastique et la compo déchire la face. C'est énorme, et ça va le rester. Il y a d'autres groupes aussi violents que Psykup, d'autres groupes aussi techniques, ou aussi groovy... il y a des groupes avec des frontmen charismatiques, des groupes qui s'éclatent sur scène... mais tout en même temps ? Et à ce point ? Il n'y en a qu'un. C'est proprement ahurissant.

Le show sera ainsi tout du long : la baffe est continue et le plaisir de jouer des protagonistes n'a d'égal que leur niveau. Qu'il s'agisse du chant de MiLKa et Ju calé au micropoil, de la présence scénique incroyable des deux compères qui ne tiennent pas en place, de la virtuosité générale (Brice Sansonetto à la batterie, aïe aïe aïe !), tout est parfait. Aux antipodes des groupes où chacun bastonne dans son coin, voilà enfin des mecs qui jouent tous ensemble et qui viennent tripper les uns sur les autres durant les chansons. Les voir s'éclater à ce point et une source de bonheur en soi, et en plus il y a les compos... et là c'est l'extase. Beaucoup reprochent à Psykup leur côté fourre-tout / collage, mais en live les transitions semblent aller d'elles-mêmes. Le break parlé de "Love Is Dead" fait mouche, le medley sur "L'autruche" colle des frissons, et les titres du petit dernier explosent tout sur scène.

Combien de moments forts dans ce show ? Impossible de tous les compter... il y a "Libido" et son final où au lieu de balancer un sample du chant lyrique présent sur l'album, Ju reprend carrément les parties de soprano de sa sœur en screaming. Il y a ce sketch à crever de rire sur la Nouvelle Star avec MiLKa en Philippe Maneouvre et Ju en candidat formaté, chantant "Au clair de la lune" version comédie musicale à succès. Il y a la chair de poule collée par la montée de "To Be(Tray)" avant que "... Or Not To Be" vienne déchausser les molaires. Il y a surtout la bonne humeur constante suintant de chaque note jouée, l'impression de voir un groupe en osmose parfaite, et la claque de voir ce même groupe faire les imbéciles tout en assurant chaque partie à la note près, à la croche près. Et en plus on s'en prend plein la gueule, car quand ils font du néo/hardcore c'est violent de chez violent... On chante, on moshe, on saute, on décolle. On communie.


En bref, Psykup sur scène est un truc à ne rater sous aucun prétexte, que l'on maîtrise ou pas leur répertoire. Ces gens-là sont des Grands, des musiciens comme on en trouve une fois tous les paquets d'années. Rien ne peut vous préparer à ça, et surtout pas d'avoir vu leur DVD live ou d'avoir maté les extraits dispos sur YouTube. Psykup en live, ça se vit. On en sort changé. Allez-y...




Crédit photo : http://morka.free.fr


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