CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
le 04 avril 2008




SETLIST

N/A

AFFILIÉ

Chimaira
Paris - Trabendo
(06 décembre 2005)

02 avril 2008 - Paris - La Locomotive


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Ce soir à Paris les vieux sont allés voir Rage au Nouveau Casino et les jeunes sont allés voir Chimaira à la Loco. Refusant totalement ma trentaine approchante j'ai choisi la deuxième option, alléché à vrai dire autant par la présence de Maroon sur l'affiche suite à ma chronique de leur album The Cold Heart Of The Sun (chronique ici) que par le groupe de Cleveland. Car même si Chimaira se trimballe une réputation de tueurs en live, il faut quand même avouer que leur dernier album Resurrection (chronique ici) était une sacrée déception dans son genre. Les titres allaient-ils prendre une autre dimension sur scène ?

Avant de répondre à cette pressante interrogation, place à Maroon. Première constatation : je suis loin d'être le seul membre du public à les attendre, les fans du groupe se faisant bruyamment connaître. Deuxième constatation : à un concert de Maroon, il vaut mieux s'abriter. Le thrash-death agressif des Allemands déclenche en effet un moshpit très violent, et c'est très rapidement la guerre dans la fosse. Il faut dire qu'en plus d'avoir une coupe de cheveux culte et un growl de goret, le chanteur Andre Moraweck n'a pas son pareil pour haranguer la foule. Complètement à fond dedans il ira jusqu'à faire passer une bouteille d'eau à un mosher tombé durant le pogo, s'assurant qu'elle est arrivée à bon port. Il faut dire que le son est très bon et sert les compos de bûcheron du groupe : blast-beats, riffs supersoniques, chant écorché, breaks metalcore qui font sauter sur place, tout cogne... sauf peut-être les soli de guitare un peu approximatifs et surtout pas très originaux. En fait Maroon se révèle identique en live et sur album : l'efficacité frôle le monstrueux mais le tout a tendance à se ressembler un peu et manque de points de repère. Qu'à cela ne tienne, le groupe ravage l'assistance et c'est surtout ça qu'on lui demande.

Chimaira arrive sur scène avec cinq petites minutes de retard sur l'horaire, ce qui est exceptionnel tant la Loco a l'habitude de foirer son timing. Et il ne faut pas longtemps pour prendre la température du show tant le contraste avec Maroon saute aux yeux : on est face à un groupe US typique, un qui est là pour bien faire le boulot. Mark Hunter n'aura pratiquement aucune interaction avec le public si ce n'est quelques habituels compliments, et ne semblera jamais se lâcher complètement... par contre son chant hurlé si caractéristique est restitué à la perfection. Le son manque un poil de puissance au début du show mais le mix est nickel, la seule nuance venant du son de batterie : la double grosse caisse d'Andols Herrick est triggée et sonne extrêmement synthétique en plus d'être en arrière, et le batteur a beau être très rapide il ne dégagera à aucun moment une réelle impression de puissance. La palme du musicien le plus impressionnant techniquement reviendra à Rob Arnold : s'il n'est pas une bête de scène le guitariste enchante dès qu'il part en solo tant son toucher en shred est fluide et précis. En général Chimaira s'avèrera techniquement irréprochable, comme on pouvait s'y attendre.

Quant aux compos c'est un quasi sans-faute : les classiques "Nothing Remains" et "Severed" explosent la face des spectateurs qui sont aux anges. Chimaira possède cette fascinante capacité à lier tous les styles de métal dans un paquet moderne et aussi violent qu'accrocheur, ce qui fait d'eux un des groupes de scène les plus jouissifs qui soient. Des accélérations thrash aux grosses mosh-parts hardcore en passant par les réminiscences de heavy à la guitare, c'est le metalcore dans tout ce qu'il a de plus intéressant qui est présenté là. Et les compos du petit dernier ne dépareillent pas, bien au contraire : le côté simpliste qui rendait le très punk "Worthless" pénible sur disque est précisément ce qui rend le morceau mortel en live, "No Reason to Live" et "Black Heart" font bien mal... mais deux morceaux se détacheront franchement du lot, à savoir "Six" et "Resurrection". Le premier cité bluffe : qu'il s'agisse des samples de Chris Spicuzza (déterminant en ce sens durant tout le show), des interventions de Hunter au Theremin ou des plans eux-mêmes, tout concourt à transporter l'auditeur. Quand à "Resurrection" qui clôturera le show c'est LE titre explose-mâchoire par excellence, la présence de Fred Leclercq (ex-Heavenly, DragonForce) en special guest renforçant le tout.


Ce fut donc une très bonne soirée pour les amateurs de violence saturée. Chimaira a prouvé que son dernier album en date est méchant sur scène à défaut d'être passionnant sur disque, et leur tendance à enquiller les titres sans parler au public n'aura pas vraiment affecté un public surtout venu pour s'en prendre plein la gueule. Contrat rempli, à la prochaine !



Crédits photo :



Merci à Julien !


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