CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 08 septembre 2007




SETLIST

Blood on your Lips
Wanted Dead
City of God
Axis of Evil

avec Grave Violator :
Blasphemer

avec Franck Blackfire :
Proselytism Real
Christ Passion
Magic Dragon

avec Michael Hoffmann :
Tarred and Feathered

avec Andi Brings :
One Step Over the Line
impro Der Wachturm
Get What you Deserve
Abuse

avec Bernemann :
Frozen Screams
The Vice of Killing
Napalm in the Morning

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Sodomy and Lust
Ausgebombt
The Saw is the Law
Outbreak of Evil
Bombenhagel

AFFILIÉ

Sodom
Hellfest (Clisson)
(21 juin 2008)
Hellfest (Clisson)
(18 juin 2011)

03 août 2007 - Wacken


Sodom_Wacken_20070803

Il y a 25 ans naissait outre-Rhin un des précurseurs du thrash, un groupe dont l'inconstance n'aura eu d'égal que la ténacité : Sodom. Et à part peut-être son berceau de Gelsenkirchen, quoi de mieux que le Wacken et son innombrable public pour fêter un tel anniversaire ? D'autant que l'organisation lui a réservé des conditions avantageuses : un créneau d'1h45 le jeudi soir, sorte de tour de chauffe du festival, soit largement de quoi revisiter l'ensemble de sa carrière. Par ailleurs, les fans avaient la possibilité de voter pour déterminer la setlist, qui ne sera que partiellement respectée par le groupe (d'où les setlists erronées qui ont pu circuler sur le net). Un léger frémissement parcourt le public peu avant l'entrée en scène du groupe, les premiers rangs se resserrent, les premiers « SO-DOM !! SO-DOM !! » retentissent : tout semble indiquer l'arrivée imminente du premier temps fort du festival, impression confirmée par l'énorme ovation reçue par Tom Angelripper lors de son apparition sur scène.

Sodom entame son set par 4 titres issus de son dernier album Sodom, pour un début assez poussif. A l'instar d'un "City of God" qui perd pas mal d'impact en live, les nouveaux titres n'enflamment pas vraiment la foule, hormis peut-être "Axis of Evil" qui se révèle assez efficace, appuyé par une bonne dose de pyrotechnie. C'est alors qu'Angelripper annonce officiellement un show anniversaire très spécial, qui va permettre à Sodom de se replonger dans toute sa discographie, y compris (courageusement) dans ses années de disette. Même le maxi Aber bitte mit Sahne est représenté, et des 11 albums du groupe, seul Masquerade in Blood sera ignoré. Mais encore plus intéressant, ce sont les anciens membres du groupe qui viennent interpréter en personne les morceaux auxquels ils ont pris part à l'origine. Pour une raison qui m'est inconnue, le batteur Chris Witchhunter n'était pas là, et c'est donc le batteur actuel Bobby Schottkowski qui a assuré la quasi intégralité du concert, hormis les 2 morceaux de la période plus orientée punk joués par Atomic Steif ("Get What you Deserve" et "Abuse"). Cette valse des musiciens permet d'ailleurs de se rendre compte qu'Angelripper a essoré un sacré paquet de guitaristes au cours de ces 25 années !

C'est donc le délicatement nommé Grave Violator qui entame la ronde des guitaristes sur "Blasphemer", issu de l'EP de 1985 In the Sign of Evil. A noter qu'une nouvelle version de cet EP doit sortir fin septembre sous la forme d'un album complet enregistré par le line-up d'origine et comprenant les 5 titres originaux et 7 autres morceaux de la même époque et qui n'avaient jamais fait l'objet d'un enregistrement officiel. Ca fait probablement un sacré bout de temps que Grave Violator n'est pas monté sur scène, ce qui explique sûrement qu'il reste statique et hyper concentré sur le côté de la scène. Juste après, au moment d'entamer "Proselytism Real", c'est l'occasion pour Angelripper de saluer la mémoire de Destructor, qui jouait sur le premier album de Sodom intitulé Obsessed by Cruelty et qui est décédé en 1993. C'est donc Franck Blackfire qui fait son entrée en scène et qui se charge d'interpréter ce morceau, ainsi que les 2 suivants. Celui-ci se montre nettement plus à l'aise et n'hésite pas à assurer le spectacle, fort d'une complicité plus évidente avec Angelripper. C'est aussi à ce moment-là que le show commence à décoller, car on rentre dans la période faste de Sodom, celle où le groupe avait su aligner 2 albums de grande classe (Persecution Mania puis Agent Orange). Ainsi, la version incendiaire de "Christ Passion" déclenche une grosse vague de slams, et on pourrait presque regretter que la décision de jouer des titres de tous les albums nous prive du coup de classiques comme "Nuclear Winter" ou "Agent Orange". Dommage.

C'est ensuite à Michael Hoffmann de fouler les planches pour un extrait du mésestimé Better Off Dead, en l'occurrence "Tarred and Feathered". Ce guitariste fait un peu figure du vilain petit canard pour les fans de Sodom : premier membre à briser la tradition du pseudonyme, son arrivée dans le groupe a coïncidé avec un virage à peine plus mélodique (ça restait du bon vieux thrash des familles tout de même !) qui succédait aux 2 monuments évoqués plus haut. Une fois de plus, sur scène, il semble quelque peu isolé dans son coin, mais démontre à l'aide d'un superbe solo qu'il n'a rien perdu de sa formidable patte. Un petit tour et puis s'en va, et c'est maintenant Andi Brings et son look improbable à la Motley Crüe qui lui succède. On commence alors à se dire que ces changements incessants nuisent quelque peu à l'ambiance du show. En effet, Angelripper glisse un petit mot d'accueil et un autre de remerciements à chaque fois qu'un musicien entre ou quitte la scène. Du coup, impossible d'insuffler une dynamique à ce concert, qui se retrouve inévitablement haché du fait des pauses relativement longues entre les morceaux. Résultat, quand Angelripper s'arrête pour entendre le public crier « SO-DOM !! », il ne récolte qu'une réponse faiblarde et limite gênante.

Si certains de ses prédécesseurs ont pu se montrer timorés, c'est loin d'être le cas pour l'extraverti Andi Brings. Celui-ci n'hésite pas à se servir des micros disposés sur les côtés pour prendre la parole et communiquer avec le public. Alors qu'un léger flottement s'installe au moment de préparer le kit d'Atomic Steif, il prend même une heureuse initiative qui étonnera même Angelripper. Il propose en effet au public d'interpréter un titre non-prévu initialement, "Der Wachturm", à condition que les fans battent la mesure. Et voilà comment Brings se retrouve à chanter un morceau en configuration guitare/basse devant le public du Wacken ! Forcément, au bout d'une minute, tout cela devient trop bancal et finit par se casser la gueule, mais ce moment de pure spontanéité restera un grand souvenir. Avec le retour sur scène de Bernemann à partir de "Frozen Screams", on revient au line-up actuel en place depuis 1997. L'occasion de s'apercevoir que cette formation a permis à Sodom d'écrire certaines de ses plus belles pages, comme ce "Napalm in the Morning" appuyé par d'importants effets pyrotechniques. Là encore, un ou deux extraits de plus issus de l'album M-16 n'auraient pas été de trop. Et c'est le moment que choisit Sodom pour quitter la scène avant les inévitables rappels, puisque plusieurs classiques sont encore aux abonnés absents.

La dernière salve contient les morceaux les plus efficaces et présente l'originalité de voir Sodom se produire avec 2 guitaristes. On monte même à 3 sur "Ausgebombt" et "Outbreak of Evil", pour des morceaux qui se rapprochent pourtant bien plus de Mötorhead que de Lynyrd Skynyrd. Cela permet également de revoir des guitaristes n'ayant fait qu'un premier passage express, comme Grave Violator ou Hoffmann, qui joue sur l'excellente "The Saw is the Law", extraite elle aussi de l'unique album auquel il ait participé. Brings en profite pour faire le zouave et grimper sur les amplis qui n'ont pas l'air d'être très stables. Le final "Bombenhagel" est assez particulier : après chaque refrain, Sodom marque une courte pause qui signale l'entrée d'un nouveau gratteux, ce qui fait que tout le monde se retrouve sur scène à la fin. Là encore, le tout se révèle chaotique et assez peu digeste, avec ce final bruitiste et interminable, qui laisse le public plus circonspect que satisfait.


Du coup, malgré le caractère exceptionnel de la prestation, Sodom quitte la scène sans liesse particulière, laissant un arrière-goût amer. Au final, un concert de bonne facture mais dont on sent qu'il aurait pu être encore bien meilleur : un parfait résumé de la carrière de Sodom en somme.


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