CHRONIQUE PAR ...

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Blackmore
le 20 janvier 2008




SETLIST

Soundscapes
The Power to Believe I
A Cappella
Level Five Prozac Blues
The ConstruKtion of Light
Facts of Life
Elektrik
The Power to Believe II
Dinosaur
Elephant Talk
Happy With What You Have to Be Happy With
Dangerous Curves
Coda (instrumental)

Rappels :

Red

AFFILIÉ

13 juillet 2003 - Montreux (Jazz Festival)


King_Crimson_Montreux_(Jazz_Festival)_20030713

C'était la première fois que King Crimson passait par Montreux. Un constat étonnant pour un groupe si mythique. En effet, ce festival a toujours tenté de balayé un large éventail de groupes et d'artistes de talents. Attendre si longtemps pour voir King Crimson est particulièrement surprenant, voir même décevant quelque part. Enfin, ce qui comptait pour les amateurs présents, c'était bel et bien d'assister à une performance dantesque dans un cadre aussi culte que Montreux. Force est de constater que personne n'a été déçu. King Crimson... une réputation de groupe live incroyable pour des albums studios incroyablement complexe et élaborés. Cette réputation n'est en rien usurpé, j'ai enfin pu m'en rendre compte.

Tout a commencé avec Robert Fripp. Seul. Il s'est assis de profil et n'a pas dis un mot. Il a commencé à tridouiller sa guitare pour jouer son fameux soundscape (grâce à quelques astuces électroniques, Fripp peut jouer de la guitare comme d'un clavier ), histoire de mettre en condition les auditeurs, ouvrant par la même les portes de son univers musical. Les minutes passèrent calmement et paisiblement aux sons des ces douces nappes... le calme avant la tempête ! Car une fois la mise en bouche de mister fripp terminé, c'est au tour du groupe dans son ensemble de s'installer pour jouer les premières notes du dernier disque en date du groupe : The Power To Believe. Et la c'est la surprise, l'album studio sonnait déjà relativement lourd, mais là ce que nous avons devant nous...c'est bien simple, c'est tellement puissant que les groupes de metal les plus endurcis rentre pleurer chez leur maman ! C'est un fait, la rythmique du groupe est sidérante, la frappe est lourde derrière les fûts, la basse fulgurante et les guitares tranchent dans le vif ! C'est bien simple, parfois on pense à Mudvayne ou Tool ! Incroyable de voir ces vieux de la vielle larguer pareille rythmique, pareille complexité harmonique avec une aisance et un son qui force le respect. King Crimson, un groupe de vieux ?

Et il en sera ainsi durant tout le concert entre la folle complexité hypnotique des passages les plus durs a l'onirisme des séquences d'un calme olympien...entre les parties ou la machine de guerre rythmique se remet en marche et celles des grands espaces musicaux. Andrian Bellew et Pat Mastelotto rigolent gentiment, prennent leur pied, Trey Gunn donne tout ce qu'il a tandis que Fripp, chef d'orchestre, maître a penser du groupe est assis... toujours de profil, sans émotion, jouant machinalement ses parties. Le décalage est assez flagrant. Fripp n'est pas un homme de scène, Fripp est tout acquis à son entité appelé King Crimson, il en est indissociable. Attitude surprenante, étrange mais finalement compréhensible. De toute manière c'est le rôle d'Andrian Bellew d'aguicher un public en semi-trance. Le concert sera en grande partie composé du dernier opus du groupe mais parsemé ici et la de solo, d'une magnifique impro de Trey Gunn et de reprises de grands classiques du groupe. Mais à ce stade la, il n'est plus question d'albums, de morceaux... mais d'un ensemble, d'un style unique... de l'entité King Crimson, hypnotisante, affolante, complexe et définitivement vouée aux amateurs qui prendront plaisir à se jeter corps et âme dans la musique du groupe.

Le rappel sera l'occasion pour le King de nous proposer l'une des ses pièces les plus apprécier avec le morceau "Red". Les fans apprécient, certains jeunes commencent a pogoter... mais pas bien longtemps car non... la musique du King n'est pas fun, King Crimson est un groupe noir... noir comme les profondeurs de l'âme humaine. Le groupe se retirera sous les applaudissements, devant la scène..sauf Fripp a l'écart encore et toujours. Si proche physiquement, mais si loin lorsqu'il joue !


La messe est dite, ce soir-là Montreux assista au coté sombre, à l'obscurité étouffante... une ambiance tout en contraste avec le soir suivant ou Yes nous invita pour sa grande fête fun et géniale.


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