CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
le 20 janvier 2008




SETLIST

Aqualung (intro)
My Sunday Feeling
Cross-Eyed Mary
Eurology
Beggar's Farm
Farm On The Freeway
Pavane
Weathercock
Medley :
-Songs From The Wood
-Too Old To Rock 'n' Roll, Too Young To Die!
-Heavy Horses
-Songs From The Wood
Bourée
Mother Goose
A New Day Yesterday
Budapest
Locomotive Breath

Rappels :

Aqualung
Protect And Survive
Cheerio

AFFILIÉ

08 août 2004 - Colmar - La Foire Aux Vins


Jethro_Tull_Colmar_-_La_Foire_Aux_Vins_20040808

Il fera très chaud lors de cette soirée consacrée à des oldies des années 70. Le public, majoritairement composé de quinquagénaires, semble vouloir retrouver ses vingt ans. On peut dire que les trois quarts du public ne sont pas de purs fans de Jethro Tull, juste de simples touristes profitant de leurs vacances et venus apprécier tranquillement «le groupe avec le mec et sa flûte». En espérant que le show ne soit pas simplement un best of axé principalement sur le sempiternel Aqualung.

Une partie du public s'est déplacé rien que pour Canned Heat et leur blues-rock efficace sur fond de rythme boogie réussira à convaincre toute l'assistance. Le célèbre On The Road Again enflammera toute la salle, qui peut contenir jusqu'à 20 000 personnes au moins, si ce n'est plus. La prestation enthousiaste du groupe, l'alternance entre plusieurs chanteurs (un mec à la voix bluesy de graisseux, un autre à la voix fluette... aisément reconnaissable sur "On The Road Again", etc) en ont fait un set hautement sympathique, bien que je ne sois à l'origine pas du tout fan de ce style de musique.

La prestation de Manfred Mann n'excitera pas autant la foule car leur musique est quand même plus complexe. Leur style est assez original, comme si Supertramp rencontrait Pink Floyd. Et bien que certains passages aux claviers (c'est le même claviériste qui joue sur July Morning d'Uriah Heep!) soient vraiment concluants et que le niveau technique du guitariste et du batteur soit époustouflant, je n'ai pas totalement accroché à toutes les chansons. Ce sont surtout les quelques gros hits qui remporteront les faveurs du public. Ne me demandez pas le nom des chansons, je n'en sais rien! Mais à en juger par les réactions sur ces chansons, ce sont des hits à n'en point douter puisque la foule les reprenait en choeur.

Place à Jethro Tull qui, contrairement à ce qu'on pouvait croire, ne se contentera pas de faire un concert best of. C'est un Ian Anderson très volubile qui assurera l'essentiel du spectacle aux côtés de son acolyte de toujours, Martin Barre. Des bruits courent, il parait que le grand Christian Décamps est dans la salle, mais bon, on s'en fout un peu en fait, tant qu'il vient pas nous casser les oreilles avec son apprenti-sorcier, tout baigne! Jethro Tull joue sur un répertoire assez large et n'hésite pas à piocher parmi les albums moins connus, quitte même à reprendre quelques titres pas franchement indispensables ("Heavy Horses" et "Weathercock" de l'album Heavy Horses, "Beggar's Farm" du premier album This Was et même deux extraits de son dernier album solo, Rupi's Dance, qui, aussi sympathiques soient-ils, ne m'ont pas convaincu d'aller l'acheter).

Le groupe a donc réussi à condenser une setlist risquée tout en casant ses classiques avec pas moins de quatre titres d'Aqualung. Même si le groupe est en bonne forme, ce qui frappe le plus est la faiblesse du chant de Ian Anderson. Sa voix s'est tarie au fil des années et on peine à l'entendre sur les passages les plus électriques. Les titres d'Aqualung ("Cross-Eyed Mary", "Locomotive Breath", "Aqualung") sont repris dans des versions très puissantes, bien plus en tout cas que sur les versions studio. Mais le chant ne suit pas ce qui gâche pas mal le plaisir. Pour les moments plus calmes encore, ce problème de chant passe mieux notamment sur un superbe "Mother Goose" où le claviériste joue de la flûte avec le nez... hum hum, ou les inattendus "Farm On The Freeway" et "Budapest", tirés de l'album Crest Of A Knave que Ian Anderson présentera ironiquement comme un des plus grands albums de heavy metal au monde!!! Pas de "Thick As A Brick", "Passion Play" ou de "Dark Ages" dans le set, il faudra se contenter de "Budapest", un morceau qui gagnerait à être plus court car il n'est pas très riche en rebondissements.


On ressort donc satisfait de ce concert, mais pas totalement convaincu par l'état de santé de Ian Anderson. De même que la setlist ne contient pas mes morceaux favoris, à quelques exceptions près ("Songs From The Wood" auquel il manquera les choeurs grandioses, le bluesy "A New Day Yesterday" mais dont je préfère la version studio, elle sonne trop propre en live). Mais bon, on ne va pas chipoter. Une bien belle soirée en tout cas, prouvant que le rock 'n' roll des années 70 n'est pas encore mort et que l'engouement qu'il suscite n'est pas prêt de s'éteindre.


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