CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
le 20 janvier 2008




SETLIST

Holy Moses :
Master Of Disaster
In The Slaughterhouse
Lost In The Maze
Life's Destroyed
I Feel Sick
Def Con 2
End Of Time
Symbol Of Spirit
Finished With the Dogs
Nothing For My Mum
World Chaos
The Hand Of Death
SSP

Rappels :

Current Of Death
Too Drunk To Fuck

AFFILIÉ

Holy Moses
Paris - La Locomotive
(22 janvier 2008)

No Return
Paris - La Locomotive
(13 janvier 2008)

14 novembre 2006 - Paris - La Maroquinerie


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Pilier historique du thrash allemand avec Sodom, Kreator et Destruction, Holy Moses n'a pas connu le même succès international que les groupes en question malgré la présence derrière le micro de la première hurleuse métal référencée, Sabina Classen. Le groupe connaît en ce moment une seconde jeunesse : fraîchement signé chez Armageddon Records, il a délivré l'année dernière avec Strength, Power, Will, Passion un bon album dans lequel le nouveau guitariste et leader Michael Hankel prouve qu'il est bien l'homme par lequel le groupe pouvait renaître. Cette mini-tournée européenne promouvant la réédition du très riche back-catalogue du groupe tombe donc à point nommé pour observer le phénomène.

Eye Of Emptiness ayant déjà fini son set quand je débarque sur les lieux, ce sont les versaillais de The Chaos Theory qui ouvrent les hostilités. Le groupe est remonté comme une pendule et produit un métal ambitieux et complexe dans lequel des passages de black atmo s'enchaînent à de gros plans rocks, des accélérations thrash ou des rythmiques syncopées modernes qui font jumper à loisir. Les musiciens se donnent à fond et le growl aigu du chanteur passe bien ; la seule grosse faille dans la mécanique provient du batteur très approximatif (à sa décharge il ne joue pas sur son kit) qui peine autant à maintenir le tempo qu'à placer ses breaks. Quoiqu'il en soit The Chaos Theory reçoit un très bon accueil et remportera même un beau succès d'estime en avouant à la fin du set qu'il s'agissait de leur tout premier concert. Un groupe prometteur à revoir!

Ayant vu Zuul FX il y a quelques mois en première partie d'Ill Nino à l'Elysée-Montmartre je suis particulièrement curieux de voir le set de No Return, l'ancien groupe de Steeve « Zuul » Petit. Le nombre de T-shirts No Return dans la foule comme l'accueil de la foule dès que les membres du groupe foulent la scène ne trompent pas : une bonne partie du public s'est déplacée pour eux. Et c'est parti pour une heure de thrash/death de très haute volée! No Return est un groupe de brutes et leurs riffs comme leurs rythmiques déchaussent les molaires d'une assistance qui ne demande que ça. Leur musique déjà brutale du temps de Steeve est devenue encore plus extrême du fait du timbre très death-metal de son successeur dont le growl ultra-grave impressionne mais dont les gimmicks finissent par faire sourire : annoncer chaque titre en chant death ultra-théâtral avec pose à l'appui et haranguer de « come on! » une foule française quand on est français soi-même est assez amusant. Quoi qu'il en soit le groupe ne fait aucun faux-pas et repart sous les vivats du public. No Return est une valeur sûre de la scène extrême française, qu'on se le dise!

Holy Moses fait preuve d'humour en débarquant sur scène au son d'une chanson de reggae, et même si quelques-uns sont partis après No Return une très grosse majorité du public est encore là et se rassemble dans la fosse. Le groupe se produit ce soir avec un seul guitariste et le son de Hankel est malheureusement un peu brouillon alors que la basse se taille la part du lion. Toute de noir vêtue et très mystique dans sa gestuelle, Sabina beugle bien et sait varier son growl entre grave et aigu : bien qu'elle soit nettement derrière des références comme Angela Gossow d'Arch Enemy ou Candice d'Eths au niveau de la violence pure elle fait du bon boulot et on ne peut lui reprocher qu'un certain détachement... en effet la donzelle joue un personnage et ça se voit, et même quand elle se lâche on sent la mise en scène derrière ses mouvements et son attitude en général.

Qu'à cela ne tienne, les Allemands ont vingt ans de carrière dans lesquels piocher des hymnes thrash old-school et ils ne s'en privent pas. Tour à tour speed ou mid-tempo, les titres anciens et nouveaux s'enchaînent très bien et la qualité de l'exécution n'est jamais prise en défaut. Le titre "End Of Time" tiré du petit dernier confirme son statut de tube et "Finished With The Dogs" comme "Def-Con 2" font un effet certain. Si le concert est parfois un peu répétitif cela tient au genre pratiqué, et les thrashers de la fosse sont en tous cas totalement ravis.


Holy Moses quitte donc la scène après un long show carré et très pro, dépourvu du grain de folie qui fait les grands concerts mais on ne peut plus satisfaisant et répondant clairement aux attentes que l'on pouvait placer en eux. Pourvu que ça dure!


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