CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 20 janvier 2008




SETLIST

Sleepwalker
Take No Prisoners
Wake Up Dead
Washington’s Next
She-Wolf
Hangar 18
Gears of War
Tornado of Souls
A tout le Monde
Never Walk Alone
Symphony of Destruction
Peace Sells

Rappels:

Holy Wars

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Alors qu’Edguy n’a pas encore terminé son show de haut vol sur la petite scène, une part importante du public déserte les rangs de ce spectacle pourtant excellent et prend le chemin de la scène principale. La raison de cet exode massif ? Tout simplement l’un des événements les plus attendus du festival : le retour en France de Megadeth.

Il faut dire aussi que depuis la reformation, qui date quand même de 2004, Mustaine a plus ou moins pris la décision de boycotter nos contrées pour de sombres histoires de gros sous, si l’on excepte le show donné en 2005 à l’occasion du Fury Fest, l’ancêtre du Hellfest qui se déroulait alors au Mans. Du coup, vrais fans du groupe ou simples curieux, peu nombreux sont ceux qui ont déjà assisté à une performance live de Megadeth, ce qui donne une idée de l’attente suscitée par l’une des dernières légendes vivantes du heavy metal. Et bienheureux les 12 000 spectateurs de ce dimanche, car Mustaine est dans un grand jour, et il a visiblement décidé de leur en donner pour leur argent. Oui madame. Et pas qu’un peu !

Certes, Dave Mustaine ne sera jamais un grand communicant vis-à-vis de son public. Même sur un “Take No Prisoners” enfin ressorti des placards, il ne saisit pas l’occasion que tous les fans attendent : pouvoir gueuler « Take no shit » en chœur ! Mais alors qu’on l’a souvent connu froid et statique, Mustaine semble avoir rajeuni de 10 ans et retrouvé une partie de son enthousiasme qu’on croyait définitivement perdu. Arborant la scène de long en large, agitant sa tignasse rousse comme à la grande époque, le leader multiplie les soli et nous fait admirer son légendaire toucher. Mais surtout, ce soir, Megadeth est presque redevenu un groupe. Si MegaDave reste incontestablement le général en chef, avec un projecteur en permanence braqué sur lui (même quand c’est Glen Drover qui tape le difficile solo de “Tornado of Souls”), quelle surprise que de le voir – enfin - jammer avec ses nouveaux lieutenants ! D’autant que lui qui déteste ces figures imposées qui plaisent tant aux fans, on pourrait presque affirmer qu’il y a éprouvé un certain plaisir !

Cette tournée de Megadeth vise avant tout à promouvoir le nouvel album United Abominations, et il est donc logique d’en retrouver 5 extraits au cours du set. Et là encore, nouvelle surprise : alors que l’album est plutôt mitigé, la plupart des nouveaux morceaux tiennent parfaitement la route. “Sleepwalker” se révèle être un opener de génie, le maidenien “Washington’s Next” est restitué à la quasi perfection et l’inattendue “Never Walk Alone” est bien plus efficace que dans sa version studio. Seul “Gears of War”, compo faiblarde dont même Judas Priest n’aurait pas voulu, fait un peu tâche. Et à l’occasion de cette halte en France, comment ne pas évoquer cette version reliftée de “À tout le Monde” ? Certes, elle ne possède pas le charme légèrement mélancolique de la version initiale, et Mustaine se crashe sur le passage le plus aigu. Mais au moment où implore un « Sing for me », la magie est toujours là. C’est le moment où tout le public se lâche, et rien que pour ce moment-là, Mustaine ne regrettera sûrement pas cette étape française, lui qui remerciera longuement le public à la fin du show, avec de sincères « You were great ! ». Pour le reste, la plupart des classiques ont été interprétés, la seule petite surprise étant la disparition de “Trust”. L’album Cryptic Writings n’est donc plus représenté que par “She-Wolf”, et c’est le monumental Rust in Peace qui se taille la part du lion avec pas moins de 4 extraits, tous indispensables.

Pilier de la section rythmique qu’il forme avec l’impeccable Shawn Drover, un des meilleurs cogneurs jamais passés dans les rangs de Megadeth, le discret bassiste James Lo’Menzo vit son heure de gloire avec l’intro mythique de “Peace Sells”, à l’issue duquel les musiciens quittent la scène. La petite heure allouée à Megadeth étant écoulée, et Blind Guardian entamant déjà son set sur la petite scène, certains spectateurs quittent les abords de la grande scène. Mon voisin (fan de Megadeth) et son pote (fan surtout de “Holy Wars”) se lamentent déjà de n’avoir pas eu droit à ce morceau d’anthologie. Je les rassure immédiatement : grâce à tous ces inconscients, nous allons même avoir la chance de nous rapprocher un peu plus de la légende (surtout que je leur avais garanti ce morceau en clôture du show, alors j’aimerais vraiment que Dave revienne avant que je me fasse péter la tronche !). Et tel le Messie, Mustaine réapparaît en invoquant un morceau qui devrait plaire au public. Effet garanti, d’autant que visiblement personne ne sait qu’il utilise une intro similaire à chaque fois, et délire général à l’entame du riff de “Holy Wars”. Mustaine a dû être touché par la grâce divine le jour où il a composé ce morceau légendaire, tant tout sonne à merveille : riff atomique, break surpuissant, solo endiablé et final apocalyptique, tous les ingrédients sont réunis pour un grand moment live restitué à la perfection. Rien qu’à voir les sourires béats des fans à l’issue de ce set de folie, une chose est sure : Megadeth n’a pas déçu, loin de là, et s’impose comme l’un des grands vainqueurs de ce fest pour tous les amateurs de heavy/thrash.


Un seul regret à l’issue de set mémorable : une heure, c’est beaucoup trop court ! Les contraintes de temps nous ont privé de certains classiques comme “Devil’s Island” ou “In My Darkest Hour”, et il ne reste plus qu’à souhaiter une seule chose : que Mustaine et les promoteurs trouvent enfin un compromis financier qui nous permettrait de pouvoir à nouveau nous délecter des prouesses live de Megadeth en France. Il n’est pas interdit de rêver…


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