CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
le 20 janvier 2008




SETLIST

N/A

AFFILIÉ

10 septembre 2005 - Paris - Fête de l'Huma


Offspring_Paris_-_Fete_de_l'Huma_20050910

«Depuis que je suis gamine, j'entends Offspring. J'ai l'impression qu'ils ont toujours été là!» dit une jeune fille à ma gauche juste avant le début du concert. Et il est vrai que même pour votre serviteur (qui avait quatorze ans quand Smash a débarqué), Offspring fait figure de pierre angulaire de la scène rock. Même si le groupe s'est fait cracher dessus à d'innombrables reprises par les «vrais», les «purs» et autres golios, le fait est que sans Offspring (et Nirvana) je n'aurais peut-être jamais écouté de musique violente. Combien de black-métalleux d'aujourd'hui ont commencé par beugler les chœurs de "Self-Esteem" dans leur période boutonneuse? Enfin, revenons au concert.

Ayant vu trente mille personnes headbanguer en chœur au Wacken, je peux sans problème me rendre compte que la foule présente ce soir est au moins une fois et demie plus nombreuse. Très impressionnant! Le batteur lance le premier titre seul sur scène... et pour cause: il s'agit d'"Americana"! Choix conscient du groupe de commencer par un de ses rares titres engagés pour coller à l'ambiance du festival? Je ne sais pas, mais il est sûr que cette chanson est parfaite pour lancer un show. Les rumeurs concernant la voix déplorable de Dexter Holland en live ayant été confirmées par les rares bootlegs que j'ai pu entendre, j'attends le chanteur au tournant... Et surprise! Il assure comme un chef! Holland ira même en s'améliorant durant le show, les quelques fausses notes des débuts disparaissant complètement après le premier tiers du concert. Ses montées dans les aigus (son grand point faible en live) sont parfaitement maîtrisées et on croirait entendre les albums.

"All I Want" -le titre le plus hargneux du décrié Ixnay On The Hombre- fait un excellent deuxième titre, lancé par son "Ya ya ya ya ya! " repris par la foule toute entière. Et c'est là un phénomène qui se reproduira toute la soirée: Offspring ce sont des chœurs à déchaîner les masses et elles ne s'en privent pas. Rares sont les groupes capables d'assurer plus d'une heure et demie de concert en enchaînant tire d'anthologie sur titre d'anthologie... Tout le monde beugle donc les parties assurées sur scène par Noodles le guitariste vieux, et un titre comme "The Kids Aren't Alright" est transcendé par chaque "wo-ho!" chanté par plusieurs dizaines de milliers de personnes (et par moi, aussi).

La setlist s'oriente surtout autour des deux bombes intemporelles du groupe, j'ai nommé Americana et bien sûr Smash. Splinter n'est pas délaissé: le single bizarroïde "Hit That" introduit d'ailleurs un des plus gros mouvement de foule du show. "Why Don't You Get A Job" déclenche l'attaque collective de chant «yaourt» la plus puissante que j'ai jamais entendue («My friend shwawa girlfriend shawee hata BITCH!», etc) et les titres de Smash collent le frisson: bon sang, ce sont les chansons que je beuglais dans les rues avec les potes du lycée quand on rentrait bourrés les nuits de week-end! Le final sur "Self-Esteem" (évidemment!) bouclé, je sors joyeux d'un concert qui m'a collé un sourire benêt d'un bout à l'autre, entouré d'une foule dans le même état que moi. Et ça c'est bon...


D'autant plus que le son était à la limite du parfait, l'équilibre basse/guitares/batterie/chant étant parfaitement respecté. La seule critique à émettre est l'attitude d'Holland: c'est beau d'assurer ses parties de chant mais ça n'excuse pas de dégager autant d'enthousiasme qu'un prêtre intégriste à la Gay Pride. L'homme a semblé expédier un boulot, ne headbanguant jamais et ne bougeant que peu, tout à l'inverse de Noodles qui était bien dedans et du batteur carrément déchaîné. Le bassiste ayant expliqué à plusieurs reprises en interview qu'il n'arrive pas à se concentrer sur son manche en sautant partout et qu'il préfère donc assurer ses parties en concert on lui pardonnera... Mais Holland est un frontman, le show repose sur lui et son attitude était donc gênante.

Cela n'aura en tout cas rien enlevé au côté purement musical d'un concert extrêmement bien joué et débordant d'énergie, voire limite émouvant par moments (histoire de génération...). Quand ils reviennent, j'y retourne!


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