CHRONIQUE PAR ...

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Beren
le 20 janvier 2008




SETLIST

The Big Sleep
Red Is A Slow Colour
Marooned
Sleepy Buildings
Saturnine
Amity
Souvenirs
Travel
Like Fountains
Eleanor
Even The Spirits Are Afraid
Broken Glass
In Motion II
Stonegarden
Jelena

Rappels :

These Good People
Black Light District

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The Gathering
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26 mars 2004 - Lille - Splendid


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The Gathering à Lille... Un cadeau inespéré pour les fans français (ainsi que les fans belges et néerlandais, grâce à la situation géographique de Lille) en cette fin de tournée Sleepy Buildings. Eh oui, Lille est leur dernière date! Ce qui, sur le papier, pouvait promettre de belles choses... Bon, le Splendid de Lille n'est pas une très grande salle, mais l'acoustique y est d'ordinaire excellente. Bref, tout était théoriquement réuni, pour que ce 26 Mars 2004 soit une belle et grande démonstration de l'immense talent de ce groupe.

20H15: la salle est aux trois-quarts remplie. Os'moz (un groupe originaire d'Amiens) a la lourde et difficile tâche d'assurer la première partie du concert. Avec leur "rock expressif", ils lâchent une setlist de six titres plus ou moins réussis. Le groupe, sur le premier titre fut assez frileux, certainement stressé (et on les comprend aisément) mais sincère et honnête. La musique qu'ils jouent n'est pas transcendante (sauf sur le dernier titre, gonflé et entraînant), mais la réaction globale du public lillois est plutôt chaleureuse. Encouragés et chauffés à bloc, ils ont décliné leur musique en toute franchise, même si la chanteuse (dont la voix est assez écorchée) et surtout le bassiste (qui se prend tellement au jeu qu'il devient, en l'espace de quelques minutes, le clone de Robert Trujillo!) ont font parfois des tonnes. Leur prestation, au final, fut somme toute agréable mais assez oubliable; mais leur plus grand mérite fut certainement d'avoir assuré cette première partie... Car il est vrai que tout le monde attend The Gathering!

Un petit temps mort nous permet d'apprécier l'ensemble de la salle, qui finit par être quasiment comble. Le groupe hollandais attire les foules et cela se voit! Foule assez hétérogène par ailleurs, qui permet de confirmer rapidement le fait que The Gathering possède un panel de fans assez large: jeunes, moins jeunes, tous sont là pour le groupe, dont, on l'a déjà dit, c'est l'ultime date de cette tournée semi-acoustique. On espère tous, votre serviteur en premier, que ce gig sera phénoménal.

Puis les lumières s'éteignent, un voile de fumée emplit la scène... Les musiciens se postent à leurs instruments respectifs... Et arrive en dernier Anneke, vêtue d'une splendide robe noire, le sourire charmeur. Il faut dire qu'elle est véritablement...charismatique. Le public est déjà entier conquis à sa cause et applaudit à tout rompre... Alors même que les premières notes de "The Big Sleep" n'ont pas encore été jouées! Visiblement, l'ambiance va être électrique, ce soir. Tout le monde retient son souffle dès lors que la mélodie, hypnotique et lancinante, de ce premier morceau sort des enceintes. Le son, bien équilibré, est très bon. Et surtout, que dire de la voix ainsi que de la présence d'Anneke? Elle décline son répertoire vocal avec une aisance hallucinante de vérité. C'est LA plus belle voix de la scène rock et on le vérifie sans crainte ce soir, avec des morceaux tels que "Red Is A Slow Colour", "Marooned", et un "Travel" plus que magnifque...

Quant à Marjolein, la nouvelle bassiste, la question était entière: s'est-elle bien intégrée au groupe? Apparemment oui. Elle apparut en totale osmose avec le reste du groupe, même si sa prestation scénique fut assez effacée. L'attention n'est plus totalement focalisée sur Anneke maintenant. Le charisme du groupe auprès du public n'en sera qu'accentué... Le reste du groupe est fidèle à son image: Frank Boeijen, aux claviers, est plus que timide et invisible; Hans Rutten à la batterie n'en fait pas des tonnes, même si les quelques improvisations de ce soir le feront sortir de ses rails d'une bien belle manière par la suite; finalement, René Rutten et sa guitare seront les stars du concert, avec Anneke... A l'aise, expressif et détendu, il ose et sublime le chant d'Anneke.

Ahhhhh...Anneke. Elle enchante le public. De plus, la setlist de ce concert est phénoménale, digne d'un best-of, alors ne boudons pas notre plaisir. Autant les morceaux plus calmes, tels que "Sleepy Buildings" (un duo piano/voix enchanteur), "The Big Sleep", "Amity" (superbe...) et "Broken Glass" sont magnifiques, sublimés, transcendés par la voix à la fois fragile et puissante de la chanteuse, et suivis religieusement par un public hypnotisé et respecteux, autant les morceaux fédérateurs, inoubliables, sont légion: "Eleanor", le temps fort de ce concert avec "Red Is A Slow Colour" et son final plus énergique que jamais, témoin de l'envolée majestueuse de la chanteuse, comme sur "Travel", qui reste sans aucun doute le meilleur morceau joué lors de ce concert. L'impact sur le public est incroyable, avec ce morceau. L'osmose est to-tale. De plus, quelques morceaux de "Souvenirs" (un disque apprécié par le groupe) parsèment une setlist décidément inattaquable. "Even The Spirits Are Afraid", "Souvenirs"et surtout "Jelena", témoin d'un final dantesque et émouvant. "Personne ne veut partir, n'est-ce pas?", lance une Anneke visiblement enchantée de l'accueil inéspéré du public lillois... Non, personne ne veut partir, encore moins moi. On veut des rappels!!

Et comme sur la setlist moyenne de la tournée, "These Good People" (un autre morceau de "Souvenirs") et "Black Light District" sont de la partie. Ce dernier, au choix, horripilera ou contituera le zénith de ce concert. Rutten partira en vrille pour un solo instrumental avec les autres musiciens, Anneke y compris, qui prend la guitare pour l'occasion (elle l'aura plusieurs fois durant le concert),q ui dure et assomme nos tympans. Non pas parce qu'il est mauvais, bien au contraire, mais parce que la montée sonore va crescendo jusqu'à saturation des haut-parleurs! Preuve supplémentaire que ce soir, le concert n'est pas vraiment acoustique. D'ailleurs, ce live est bien plus énergique que l'on pouvait supposer. Il fait la part belle aux guitares, à la basse (d'ailleurs, Marjolein remplace avantageusement - à tous les niveaux - Geerligs) et à la batterie tantôt feutrée, tantôt épileptique de Hans Rutten. Le timbre majestueux d'Anneke fait corps avec sa présence scénique. Elle vit ses chansons et prend son rôle à coeur. Charmeuse, souriante, séduisante, elle est le reflet de l'union du groupe et de l'ambiance qui y règne.


The Gathering, ce soir, nous aura de nouveau prouvé qu'il constituait un groupe intègre, qui vit pour son public. L'ambiance, ce soir, était fantastique et hypnotisante. Elle était magique. Pour ma part, je me souviendrai longtemps de ce concert qui fut une franche réussite à tous les niveaux. Le public ne leur dira jamais assez merci...


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