CHRONIQUE PAR ...

8
Alexis KV
le 20 janvier 2008




SETLIST

540 000° Farenheit
Transgression
Slave Labor
Drones
Demanufacture
Self Bias Resistor
Zero Signal
Shock
Edgecrusher
Descent
Martyr
Pisschrist
Contagion
Linchpin
Acres Of Skin
Cyberwaste
Archetype
Replica

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30 avril 2006 - Paris - La Locomotive


Fear_Factory_Paris_-_La_Locomotive_20060430

Comme pour tout concert de Fear Factory, la principale question qui se posait était : «est-ce que Burton sera en voix ce soir ?». Et la conférence de presse accordée aux webzines deux heures avant le show ne sera pas vraiment rassurante de ce point de vue : Burton y participe et se montre très loquace, alors que les chanteurs essayent habituellement de préserver leur voix à ce moment, constat aggravé par les toussotements du bonhomme. Avec, par-dessus le marché, un Christian Olde Wolbers qui avouera que son rituel d'avant-concert consiste à « fumer des pommes », avouez qu'il y avait de quoi être inquiet.

Le groupe, habituellement prêt à défendre ses albums jusqu'à la mort, était un peu moins enthousiaste ce coup-ci, et Burton avoue lui-même cet échec d'une manière à peine voilée : « Transgression a été fait très rapidement, il y avait beaucoup de restrictions temporelles, il a été fait un peu sous pression. Beaucoup de choses ont été... négligées, même en ce qui me concerne. C'était une autre expérimentation, du genre "ok, faisons le prochain album dans un an, et regardons ce qui va se passer". Maintenant nous savons ce qui se passe... ». Christian de son côté semble confirmer que le groupe ne va pas renouveler l'expérience de sitôt : « nous avons essayé de faire revivre Fear Factory, et on ne pouvait pas se permettre d'attendre deux ou trois ans sans sortir de nouvel album. Maintenant nous pouvons prendre le temps dont nous aurons besoin pour le prochain disque ». Prochain disque qui devrait voir le jour « peut-être en 2008 ».

Du côté des sorties de Fear Factory qui pourraient avoir lieu entre-temps, les membres du groupe ont mentionné « un DVD décent... quelque chose qui viendrait du groupe, et non pas de la maison de disques », ainsi qu'un hypothétique album de reprises : « Il y a énormément de chansons que nous aimerions jouer, et généralement, lors de l'enregistrement d'un album, tout album, pas seulement le dernier, nous enregistrons deux-trois reprises... Nous les gardons en stock, et quand il y en aura assez pour remplir un disque, je pense qu'il devrait sortir. Mais je nous imagine mal nous réunir pour enregistrer et nous concentrer exclusivement sur un album de reprises, tout simplement parce que nous sommes trop occupés. Donc la meilleure solution reste de les accumuler petit à petit... ».

Le morceau "Supernova" aura suscité beaucoup d'interrogations par la rupture qu'il apporte avec le style traditionnel de Fear Factory, mais Burton s'en défend, affirmant que « "Supernova" est une bonne chanson, plus "commerciale", plus accrocheuse... Mais quand on y repense, Fear Factory a toujours fait ce genre de chansons, dès le premier album. "Scapegoat" est un titre très accrocheur, "Scumgrief" aussi ; sur Demanufacture, "Replica" est une chanson tout aussi accrocheuse que "Supernova". Nous avons des chansons comme ça sur tous les albums, donc les gens ne devraient pas être aussi surpris... ». Chrisitan nous aide à résoudre un peu l'énigme que représente le titre en précisant que « c'est une chanson où Joy Division, tous ces groupes new wave, ou même The Smiths, The Cure et les premiers U2, qui ont toujours été des influences pour le groupe, se font le plus sentir ».

En attendant de voir si Fear Factory est vraiment « plus soudé que jamais », le public se décrassera les oreilles grâce à Zuul FX, dont le thrash/death aux relents industriels sera malheureusement gâché par un son pas vraiment optimal. Toutefois, l'origine française du groupe aide le public à surmonter ces difficultés, et une bonne ambiance s'instaurera dans la fosse. Quand viendra le tour de Misery Index de sortir sur les planches, la tension retombera d'un cran. Le public semble garder ses forces pour la tête d'affiche, et tente laborieusement de distinguer les riffs dans le chaos sonore du death teinté de grind des américains. La véritable attraction de ce set sera un fan en masque à gaz déboulant sur scène pour y passer la moitié d'une chanson, finalement réexpédié dans le public par le gratteux du groupe.

Lorsque "Number Of The Beast" finit de résonner dans les hauts-parleurs de la salle, Fear Factory entre enfin en scène, et le premier titre joué apaisera quelque peu les inquiétudes évoquées au début de ce report. Certes, la voix de Burton est rehaussée d'un grosse dose de réverb' et la justesse laisse parfois à désirer, mais on est quand même loin des désastres auxquels ont a pu assister lors de précédentes prestations. Quant aux autres membres, on ne se faisait pas trop de soucis, et leurs capacités ne sont plus vraiment à démonter : le trio rythmique Christian-Byron-Raymond délivre un set millimétré, comme à l'accoutumée. Seuls quelques couacs dans l'arpège de Descent et une attitude relativement statique seront à regretter de la part de Christian. Comme quoi les pommes, ça peut avoir des effets secondaires bizarres.

Les quatre derniers albums seront représentés par trois titres chacun, et il est agréable de constater que les morceaux du pourtant très décrié Digimortal s'intègrent parfaitement au set, avec une mention spéciale à "Linchpin", qui fera bouger la fosse tout autant que les classiques "Replica" et "Edgecrusher". Fear Factory se concentre sur ses morceaux les plus puissants et accrocheurs, et on regrettera seulement que "Martyr", qui ne s'intégrait pas très bien dans la set-list, ait été choisi pour représenter Soul of A New Machine. Aucun véritable problème à signaler des lumières et du son, même les nombreux samples lancés depuis la régie s'intégraient plutôt bien à l'ensemble. Lors de l'interview, Burton blaguait même à ce propos, expliquant qu'il n'y avait plus de claviériste dans le groupe parce que « Fear Factory a appris à ne plus avoir peur de la technologie ».


Clôturé par un traditionnel rappel où Burton interprète seul "Timelesness", le concert laissera une bonne impression, avec un groupe pas extrêmement communicatif, mais en forme. Maintenant, il faudrait juste que quelqu'un se dévoue pour expliquer à Burton que la moustache, ça ne lui va pas du tout.


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