CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 08 septembre 2007




SETLIST

Close to the Edge
Fragments of Faith
Swamped
In Visible Light
Fragile
Closer
Senzafine
What I See
Enjoy the Silence
Heaven's a Lie
Our Truth

AFFILIÉ

31 octobre 2007 - Wacken


Lacuna_Coil_Wacken_20071031

De toute son histoire, Lacuna Coil n'avait joué qu'une seule fois à Wacken : c'était en 2001, et le groupe, alors en début de carrière, avait joué à 13 heures et n'avait disposé que de 45 minutes. Autant dire que le retour des Italiens se fait par la grande porte, avec cette position avantageuse sur l'affiche.

Non pas que le temps de jeu soit fondamentalement différent (15 minutes en plus), mais en jouant à 20 heures, le groupe se voit offrir une place dans la hiérarchie conforme à son succès commercial actuel. Devant un backdrop aux couleurs du dernier album, le controversé Karmacode, Lacuna Coil compte bien frapper un grand coup. Tous habillés en rouge et noir (preuve que le Stade Rennais compte des fans jusqu'en Italie), les membres du groupe proposent un show réglé comme un coucou suisse, jusqu'aux séances de headbanging collectif (on s'aligne, au 1er top on headbangue tous en même temps penché en avant, au 2ème top tout le monde s'arrête) qui dénotent une absence totale de spontanéité dans le jeu de scène. Niveau interprétation, ça rigole pas non plus : si le groupe est (trop) souvent réduit à l'envoûtante Cristina Scabbia, il faut bien reconnaître que les Italiens assurent derrière avec une rigueur toute… allemande. Mention spéciale au batteur Cristiano Mozzati, dont la frappe sèche et lourde donne une impression de puissance phénoménale. De même, bien que souvent décrié, Andrea Ferro livre une prestation tout à fait honnête. Certes, sa voix trop neutre, sans être mauvaise, manque singulièrement de caractère, mais son interprétation est correcte et surtout, c'est lui qui assure le lien avec le public, aspect négligé par les autres membres.

Par contre, une chose est sûre : ce n'est pas avec ce concert que Lacuna Coil va atténuer la polémique, bien au contraire. Je ne vise pas l'orientation musicale choisie par les Italiens : les artistes ont heureusement encore le droit de choisir ce qu'ils veulent jouer. Certes, le style très nu metal pratiqué sur Karmacode semble en partie motivé par des raisons commerciales, mais des morceaux antérieurs comme "Swamped" (placé en ouverture de Comalies, pas planqué en fin d'album), parfaitement intégré dans la présente setlist, démontrent que le groupe avait déjà des velléités dans le genre et que l'orientation du dernier album n'est pas une subite révélation venue de nulle part. Certains morceaux sont même vraiment bons dans leur genre, comme "What I See" ou "Close to the Edge" par exemple. Il est vrai que certains gimmicks de composition (passages jumpy et surtout cet horrible solo de basse sur "Our Truth") tombent parfois comme un cheveu sur la soupe, mais on ne reproche pas à des groupes de true metal de balancer de "oh oh oh" sur des versions studio. Non, le principal problème de ce set, c'est le choix des 11 morceaux : 8 de Karmacode, 2 de Comalies ("Swamped" et "Heaven's a Lie", soit comme par hasard les 2 morceaux sortis en single aux USA) et "Senzafine", seul survivant de la période gothique du groupe. Rarement on aura vu un groupe autant renier son passé : Lacuna Coil préfère jouer de mauvais morceaux issus de son dernier album ("Fragile", "In Visible Light" ou "Closer") plutôt que certains de ses joyaux, vestiges d'un passé plus lointain (citons en vrac "To Live is to Hide", "Distant Sun" ou "To Myself I Turned"). C'est presque à se demander si un changement de nom n'aurait pas été plus opportun. Espérons pour les Italiens que leur décision soit la bonne et qu'à ce petit jeu, ils gagneront plus de fans qu'ils n'en perdront…


Au final, s'il faut émettre un avis sur ce concert (car c'est bien de cela qu'il s'agit), disons qu'on aura assisté à un show carré et assez efficace, mais dénué de toute notion de passion et de spontanéité, aspect pourtant non négligeable pour un moment live.


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